Pourquoi si pessimistes ?

Une enquête de grande ampleur vient de le confirmer : les jeunes Français sont parmi les plus pessimistes du monde. 53 % d’entre eux pensent que le monde se dégrade et 6 % à peine qu’il s’améliore.

pessimismeL’école est le facteur le plus cité par les jeunes Français parmi toutes les sources d’angoisse possibles dans leur vie. Plus de la moitié d’entre eux (51 %) l’ont placée parmi leurs trois premières sources d’angoisse.

Ce pessimisme français n’est pas l’apanage des jeunes, mais il est plus troublant, surtout si on  compare avec les réponses d’autres pays, où pourtant les difficultés sont bien plus grandes qu’en France (la Chine, l’Inde ont un taux d’optimisme fort) Continue reading

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Présidentielles : défendre une certaine idée de l’école

Alors que l’élection présidentielle s’avère plus ouverte que prévue et que les candidats commencent à dévoiler leur programme, avec toutes les incertitudes possibles pour l’un d’entre eux qui a plus de mal à donner ses leçons de morale aux « pédagogistes arrogants » même s’il continue de parler de l’école actuelle comme « caveau de la République »…, je voudrais poursuivre pour ma part ma réflexion sur les perspectives souhaitables lors du prochain quinquennat pour notre système éducatif. En récapitulant de manière synthétique quelques points forts qu’il faudrait  défendre ou promouvoir si on veut que l’école de demain soit au contraire le « caveau » des idées nauséabondes, des inégalités, des discriminations. Quelques points forts auquel j’aimerais que les candidats se réclamant du progressisme adhèrent. Il n’est pas sûr que ce soit bien le cas pour certains tandis qu’il y a de l’ambigüité pour d’autres. Je reviendrai sur les propositions concrètes qui sont émises, comme je l’ai fait à propos de la réduction des effectifs en REP et du soutien scolaire ultérieurement.

Quelques points clé  à mon avis incontournables Continue reading

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Le « soutien » une autre solution magique ?

J’ai développé précédemment l’idée que réduire de façon importante les effectifs des classes, notamment en éducation prioritaire, n’est pas forcément « la » solution pour réduire l’échec scolaire, voire même la première piste à suivre. Seuls ceux qui  n’arrivent pas à se défaire de la pensée binaire interprètent cet avis en me prêtant l’idée que ça  n’avait aucune importance. Le tout est de peser le rapport entre coût et efficacité, et se poser encore et toujours la question de la pédagogie : baisser les effectifs, pour quoi faire ?

Une autre solution envisagée est de multiplier les moments de « soutien » sous toutes ses formes. Xavier Darcos avait créé l’accompagnement éducatif, en employant au départ l’horrible expression de « orphelins de 16H » comme si ne pas avoir ses parents pour vous aider à la fin de la classe devait être compensé par l’école (les mères auraient dû être au foyer ?). Pour la mise en place de cet accompagnement, il faut bien voir qu’on a dû puiser quelque part puisqu’en même temps on supprimait massivement des postes, et l’essentiel a été pris sur ce qui permettait de mener à accompagnementbien des projets, notamment culturels, des marges de manœuvre dans les établissements permettant de faine de la co-animation ou de se concerter. Au départ, la distribution des heures s’est faite de manière massive, des responsables parlaient de « open bar » et on encourageait les enseignants à prendre ces heures pour arrondir leurs fins de mois. Or, après plusieurs années de fonctionnement, aucune évaluation n’a été mise en place, sinon pour aligner des chiffres de participation qui ne signifient pas grand-chose. Un rapport de la Cour des Comptes notait seulement que dans bien des établissements, où l’accompagnement se faisait sur la  base du volontariat, les élèves les plus en difficulté n’étaient pas forcément touchés.  J’ai essayé de pointer dans un livre basé aussi sur des expériences concrètes les conditions à réunir pour que cet accompagnement soit efficace.

Récemment, Benoit Hamon, candidat aux présidentielles, prônait un service public national de soutien scolaire et un déploiement de moyens en conséquence. Les candidats de droite, dans l’ensemble, avec plus de « timidité » quant aux moyens, mettent en avant la nécessité de revenir à un accompagnement type Darcos ou sous d’autres formes afin d’aider les élèves les plus en difficulté.

Reste un débat sur la place du soutien hors école. Je l’ai déjà évoqué ici-même. On sait qu’il prend la forme privée et payante des cours particuliers, qu’on appelle en Asie « l’école de l’ombre », mais aussi celle, plus sympathique, d’un accompagnement proposé par des collectivités ou des associations.

Contre une approche dogmatique, je ne sous-estime pas l’intérêt de Le gall-aiderce « soutien » (je préfère le mot « accompagnement »), y compris extérieur à l’école, car il prouve aussi la mobilisation de divers acteurs autour de la réussite scolaire. Le travail dans le cadre scolaire avec de petits groupes, sous la forme d’un dédoublement de classe, de PPRE, d’heures spécifiques, tout cela peut, quand c’est bien fait, quand il y a de la formation derrière, avoir un rôle positif.

Mais cela pose de nombreuses questions :

-encore une fois, les moyens qui sont mis là ne sont pas mis ailleurs. A l’école, privilégie-t-on ces temps-là au détriment de l’accompagnement de projets, d’une souplesse d’emploi du temps permettant de travailler à deux par exemple ? En dehors de l’école, la place prise par le soutien scolaire empiète-t-elle sur le financement de projets, d’activités culturelles ou sportives ?

– il faudrait se défaire de l’idée qu’il est si simple d’encadrer le travail des élèves, surtout si on met dans un même paquet études surveillées, dirigées, aide individualisée et remédiations diverses. Soutien pour tous, y compris ceux qui n’en ont pas vraiment besoin ? Volontaire, pour « ceux qui en veulent » alors que la mission de l’école est de faire travailler et apprendre ceux qui, pour diverses raisons, « n’en veulent pas » et chez qui il faut trouver de la motivation, « aller la chercher » ! Le risque est de confier cet accompagnement à des personnels peu formés, peu préparés, on l’a vu avec la mise en place de l’accompagnement pédagogique où le meilleur côtoyait le pire.

– un gros risque me parait être la tentation de renvoyer au « soutien » tout ce qui n’a pas été compris en classe, tout ce qui n’a pas été assimilé. Quelquefois, je déplore que des professeurs, face à des parents un peu désemparés devant les difficultés de leur enfant, vinnyn’aient comme conseil à donner que « d’aller à l’accompagnement », alors que c’est d’abord en classe que les problèmes doivent se résoudre. Je le répète : je récuse l’idée inverse que tout ce qui serait extérieur à la classe serait mauvais, inefficace. Des études, comme celles de Glasman ou Rayou mettent en doute la plus-value d’heures d’aide déconnectées du cours et surtout encadrées « hors sol ». Mais il existe certainement des endroits où « ça marche » et il faut travailler sur les conditions de la réussite : formation des intervenants, idée centrale que aider c’est aider à se passer d’aide, liens avec l’établissement scolaire ou avec les professeurs de la classe, articulation avec d’autres types d’activités (culturelles, d’expression…) Le danger, signalé au moment de la mise en place des heures d’accompagnement en primaire, c’est cette autre tentation, d’aller plus vite en classe, car après tout, il y aura des heures de reprise pour ceux qui ne suivent pas.

En réalité, il faudrait sans doute concevoir des heures d’accompagnement, aide ou soutien comme des compléments du cours, et même, dirais-je, comme des indicateurs permettant de mieux faire la classe. Car c’est là que se révèlent les difficultés, qu’il est important ensuite d’anticiper, pour au fond, bâtir un cours à partir des obstacles. Ces heures peuvent être des leviers, elles peuvent déciller les yeux d’enseignants qui pensent que les élèves ont compris parce que cinq ou six ont bien participé et parce que la consignes edenclasse a semblé attentive. L’incompréhension de certaines consignes par des élèves en difficulté conduit alors à un vrai travail de fond sur les consignes (pas forcément pour les simplifier d’ailleurs, comme je l’expose dans un récent ouvrage).

Ce qui me paraitrait utile d’ailleurs, ce serait de rendre peut-être obligatoire le fait d’assurer soutien et accompagnement quand on se prépare à être enseignant ou au moins de valoriser cela dans un cursus pour le concours. Quoi de plus formateur que d’entrer en contact avec des élèves au moment où ils font leurs devoirs et apprennent leurs leçons, quoi de plus important pour assimiler la différence entre l’éclat et le brillant possible de l’enseignement et la « trivialité » besogneuse de l’ « apprendre » ! Mais là encore, des allers-retours sont nécessaires avec les professeurs des classes et conseillers pédagogiques ou formateurs pour ensemble analyser certaines situations et étudier des solutions.

On le voit, on est loin de la panacée de la généralisation des études et du soutien, qui peut se révéler inutile, voire nuisible. Ce qui importe, c’est bien de penser l’accompagnement dans le quotidien du cours, d’où l’intérêt de l’accompagnement personnalisé au collège, qui ouvre sur la différenciation, le travail sur les méthodes, le développement d’activités métacognitives avec les élèves. C’est aussi de réfléchir sur ce qu’il faudrait cesser d’appeler « les devoirs » au profit de l’expression « travail personnel de l’élève », ce qui permet au passage de dépasser les querelles quasi théologiques sur pour ou contre les devoirs à la maison. Qu’en fait-on en classe, en amont et en aval ? Quelle fonction a ce travail personnel : recherche préalable, entrainement, premier jet ou consolidation ? Qu’est-ce qui doit être fait en classe et qu’est-ce qui peut être fait à l’extérieur ? Quel rôle fait-on jouer aux parents et se donne-t-on les moyens d’aider ceux-ci à jouer ce rôle ? (j’ai toujours trouvé essentiel de donner aux parents des conseils techniques pour aider leur enfant au lieu de renvoyer à de pieuses injonctions du type : « il faut qu’il travaille davantage »)

Eh oui, là encore, désolé si je me répète, les choses ne sont pas simples et les formules standard qui peuvent impressionner l’électeur en quête de solutions rapides sont la plupart du temps inadéquates. Et il faut à la fois s’appuyer sur des recherches et des travaux (non fictifs, eux !) et sur des témoignages de pratiques, sans prendre au comptant telle anecdote, tel cas particulier. Là encore, foin de solutions paresseuses…

 

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Le quantitatif a besoin du qualitatif!

Dans les débats actuels autour de la présidentielle, si parfois on aborde le fond (l’organisation de l’enseignement, la pédagogie, la formation des professeurs), trop souvent ce qui est mis au premier plan est le quantitatif, comme solution magique, coupé du qualitatif.
Je voudrais, en évoquant des propositions de candidats, aborder trois points:

  • les effectifs de classe
  • la rémunération des enseignants
  • le « plus » du soutien et de l’aide aux devoirs

Je réserve le troisième point pour un futur billet. Continue reading

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Post -vérité et école

On débat en ce moment autour de la notion de « post-vérité », à l’heure où celle de « post-factuel » fait son entrée dans wikipedia et où se déchainent les mensonges les plus grossiers et autres manipulations dans les réseaux sociaux. Cela peut donner lieu d’ailleurs à des discussions passionnantes, comme vendredi 6 janvier dans l’excellente émission de Hervé Gardette (un bijou de post-truthFrance culture), que je cite car c’est une sorte de modèle de ce que peut être un débat intelligent avec un animateur haut de gamme.

Bien entendu, le domaine éducatif n’est pas épargné par les trumperies et autres pédagexits, on peut même dire que le sujet est en première ligne de la désinformation, de la calomnie et du mensonge éhonté. Continue reading

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Des souhaits, deux ans après

Faire des vœux, émettre des souhaits, doit-on échapper à cet exercice de style alors que va s’ouvrir bientôt l’année 2017, celle du centenaire des « dix jours qui ébranlèrent le monde », celle des élections dans les deux grands de l’Europe, celle des menaces bien sûr, entre résistible ascension d’un nouveau tsar, risques que fait courir un sinistre et cynique incompétent à la tête d’une puissance nucléaire, et des probables nouvelles attaques terroristes que le triomphe d’Assad ne fera que renforcer. ?

les-trois-souhaitsIl est peut-être plus intéressant pour moi de revenir sur des souhaits précédents, et avec un recul de deux ans, pour voir s’ils ont eu ou non un début de réalisation, concernant l’école avant tout.
Aussi je vais reprendre mon billet de début janvier 2015, quelques jours avant la tragédie de Charlie Hebdo. IL s’agissait bien sûr de vœux, chacun pourra dire s’ils étaient ou  pas « pieux », pas de prédictions ou prévisions. Au passage, il serait bon que la presse reprenne régulièrement toutes celles qui s’avèrent fausses et qui devraient inciter leurs auteurs à être moins péremptoire. On peut ne pas se contenter de citer Trump, Fillon  ou le Brexit car chacun peut prendre pour son grade (je me souviens d’un Alexandre Adler énonçant que la guerre en Irak n’aurait pas lieu, de spécialistes des États-Unis proclamant que « jamais un noir ne pourrait être élu président », et plus récemment d’un Mélenchon sûr que le gouvernement Valls serait censuré à l’Assemblée ou pour rester dans le domaine éducatif d’un Julien Dray assuré que de grandes manifestations de rue balaieraient la réforme du collège ou d’analystes annonçant le départ de la ministre ou en tout cas son recul sur cette même réforme du collège. Continue reading

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Macron et l’éducation : quel sens de la marche ?

Emmanuel Macron fait beaucoup parler de lui et parait être un candidat sérieux à l’élection présidentielle. Malgré la publication de son ouvrage Révolution, son programme reste encore flou et incomplet. Je ne m’intéressai ici bien entendu qu’à l’aspect éducation, en espérant que les éclaircissements à venir iront dans le bon sens… de la marche.

Comme la plupart des analystes de notre système éducatif, Emmanuel Macron ne peut que constater le caractère inégalitaire de notre système éducatif, malgré la massification réussie des dernières décennies. Cela n’est guère original, puisque fortement étayé et partagé. Mais on sait combien divergent les politiques quant aux causes de ce creusement des inégalités et donc aux remèdes et réponses à ce phénomène. Continue reading

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Instruction et démocratie

L’élection de Donald Trump met au grand jour plus que jamais la question du rapport entre le degré d’instruction des citoyens et leur vote. En effet, les différentes enquêtes d’opinion montrent l’extraordinaire différence de résultats selon le niveau de diplôme des électeurs. Certes, des gens peu instruits ont voté Clinton (et il y a supercherie à dire que Trump a représenté les masses populaires, en oubliant la forte abstention et la perte de sept millions de voix par rapport à Obama des démocrates, voir cette très juste tribune de Sylvie Laurent), certes, des personnes ayant fait des études universitaires ont voté Trump, mais si l’on prend les grandes masses, il est indiscutable que le nouveau président a dû son élection à ceux qui ont le moins suivi d’études.
En un sens, il y a quelque chose de rassurant : l’instruction sert quand même à ne pas voter pour les candidats extrêmistes et dangereux. Et on retrouve le même phénomène en France pour le vote Front national. Ou pour les partisans du Brexit. Le cas italien est différent, mais Cinq étoiles est un mouvement composite et difficile à classer : il semble attirer beaucoup d’étudiants. Pourtant, on a vu cette incroyable déclaration en fin de campagne référendaire de Pepe Grillo : « je vous demande de voter avec vos tripes, car le cerveau est faible et les tripes ne mentent pas » qui révèle ce qu’est ce sinistre personnage ! Continue reading

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Après PISA, de l’avenir ne faisons surtout pas table rase !

Les commentaires suite à la publication des résultats de l’enquête Pisa, c’est un peu comme ces soirées électorales d’autrefois où chacun trouvait des raisons de se réjouir et  de dire qu’il avait gagné. Comme c’est pour la France moins catastrophique qu’on aurait pu le craindre, les uns vont dire que c’est grâce aux réformes mises en œuvre après 2008 qui portent leurs fruits (légère amélioration en maitrise de la langue, stabilisation dans les matières scientifiques) tandis que les autres verront dans le constat cruel d’un maintien fort des inégalités  la nécessité d’approfondir les réformes actuelles dont on ne pourra vraiment voir les effets que dans quelques années. On voit bien au passage la distorsion entre le temps des politiques et le temps de l’éducation. En egalité chancesregardant les titres des journaux (catastrophe ou simplement stagnation, selon qu’on lit le Figaro ou le Monde, on peut aussi imaginer une bonne séquence d’EMI (éducation aux médias et à l’information) avec des élèves…

De même sur le plan international, les remarquables résultats des pays asiatiques, interprétés souvent de manière caricaturale et stéréotypée, iront, selon certains, dans le sens d’une école « centrée sur les savoirs », autoritaire et prônant l’effort et l’exigence, alors que d’autres constateront une fois de plus que les systèmes peu sélectifs et mettant en avant le bien-être des élèves et la confiance ont de bons résultats, même s’ils sont un peu en dessous des pays d’Asie (Finlande, Canada, Norvège, et pour ce qui est de la moindre sélection la Pologne, avant les retours en arrière possibles du gouvernement actuel). Sur ce sujet, lire la passionnante interview de Jean-Marie de Ketele et notamment sa réponse à la dernière question ou sur la Pologne le chapitre de l’excellent Changer le collège. Continue reading

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Laïcité chrétienne ?

La croix ostensiblement arborée par la porte-parole de François Fillon le soir de sa victoire à la primaire de la droite fait parler d’elle. Celle-ci s’est défendue en déclarant qu’elle la portait toujours (on peut le faire de manière moins ostensible, non ?) et qu’elle ne la considérait pas comme un signe d’oppression.  (ajout: voir cet article : http://www.huffingtonpost.fr/2016/11/28/critiquee-sur-twitter-la-croix-de-valerie-boyer-disparait-quelq/?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001) On le sait, la croix boyera été porteuse de valeurs bien contradictoires, elle a pu être signe d’oppression, brandie par les Conquistadores, les divers protagonistes des guerres de religion ou plus récemment par les Phalangistes libanais ou les prêtres couvrant les massacres du Rwanda, comme elle a pu être un symbole de liberté et d’humanisme, lorsque ceux qui s’en réclamaient s’appelaient à un moment de l’histoire Las Casas, Desmond Tutu ou Walesa. Davantage sympathique lorsque ceux qui la revendiquent ne sont pas au pouvoir ou en tout cas ne disposent pas d’un pouvoir absolu. Et puisque notre futur candidat à la présidence semble déplorer (bien à tort sur le plan factuel) que Voltaire ne soit plus enseigné ou plus au programme, comment ne guerre religionpas rappeler ce passage du Dictionnaire philosophique (article « Guerre ») : « Le merveilleux de cette entreprise infernale, c’est que chaque chef des meurtriers fait bénir ses drapeaux et invoque Dieu solennellement avant d’aller exterminer son prochain. Si un chef n’a eu que le bonheur de faire égorger deux ou trois mille hommes, il n’en remercie point Dieu; mais lorsqu’il y en a eu environ dix mille d’exterminés par le feu et par le fer, et que, pour comble de grâce, quelque ville a été détruite de fond en comble, alors on chante à quatre parties une chanson assez longue, composée dans une langue inconnue à tous ceux qui ont combattu, et de plus toute farcie de barbarismes. » Mais il est vrai qu’il ne faut pas tomber dans la « repentance » , nous dit-on et  ne pas évoquer les pages sombres d’une religion dont l’esprit originel a connu pourtant bien des trahisons et des déformations. Rappelons la célèbre phrase de Loisy : « Ils attendaient le Royaume et c’est l’Église qui est venue » Continue reading

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