Enseigner au XXI siècle

Il faut faire cesser ce scandale!

Il est dommage que Jean-François Copé ait détourné l’attention de l’opinion publique du vrai scandale de l’étude de certains textes dans l’Education nationale en mettant en avant le livre « Tous à poil », car au fond, cet ouvrage rassurera les enfants, en faisant apparaitre clairement les différences biologiques entre les hommes et les femmes qui se verront donc à l’œil…nu ! Ce n’est pas ce genre (oh, pardon !) de livres qu’il faut stigmatiser, mais bien d’autres , ou du moins certains extraits que l’on fait étudier en classe dès l’école primaire. Nous citerons ensuite quelques activités non moins scandaleuses qui effacent les différences entre garçons et filles et vont déstabiliser nos pauvres élèves à qui on veut bourrer le crâne.
Par exemple :

hercule« [Hercule]va, pour complaire à sa trop séduisante épouse, jusqu’à revêtir des vêtements féminins, jusqu’à parer son cou musclé de colliers et de perles rares, jusqu’à encercler de bracelets d’or ses bras et ses poignets vigoureux…. » (Contes et légendes mythologiques, Pocket junior, page 139)

Et puis, ce passage de la légende d’Achillle où il se déguise en fille pour échapper à l’enrôlement pour la guerre, franchement, faut-il en parler?

et plus tard, ce passage de Aucassin et Nicolette (Contes et légendes du Moyen Age, Pocket junior, page 22, qui commence ainsi : « soudain, Nicolette déguisée en jongleur paraît devant le perron. Elle joue de la viole et chante.. » (elle va par son chant séduire Aucassin « qui ne se tient plus de joie »)Nuit_des_Rois_Viola_le_capitaine_AV2010

William Shakespeare est un grand auteur, mais vraiment La nuit des Rois, quand on lit par exemple cette phrase d’un résumé : « Si tout se termine bien dans La nuit des rois, c’est parce qu’un personnage féminin se faisant passer pour un personnage masculin a brouillé les reflets et a permis à chacun(e) de sortir de soi – de son sang comme de son sexe. » ! Et il existe des versions pour la jeunesse en plus… Evitons en tout cas de dire que dans le théâtre élisabéthain d’alors, les rôles féminins (et masculins) étaient joués par des hommes.certains-l-aiment-chaud-05-g

J’ai entendu dire que dans le cadre d’une initiation au cinéma d’auteurs, on passait divers films. L’un d’eux est  à proscrire absolument : Certains l’aiment chaud !

Mais il n’y a pas que la lecture, certaines activités sont inadmissibles car elles conduisent à la confusion des sexes.
Tout parent devrait refuser des sujets de rédaction où on demande à une élève fille d’adopter le point de vue d’un personnage masculin de roman ou l’inverse . Par exemple en quatrième : « vous êtes Eugénie Grandet : vous écrivez une lettre à votre fiancé parti sans donner de ses nouvelles » ou en sixième : « vous êtes un spectateur de théâtre antique, vous racontez votre journée à Athènes ». Demandons des sujets  différents, puisqu’on nous parle de pédagogie différenciée, mettons-la en pratique.

Et puis il y a des pratiques insidieuses, y compris dans l’étude de la langue. Quand il faut trouver qui est Dominique, fille ou garçon, dans cet exemple

«  Dominique a changé son bébé, qui maintenant gazouille paisiblement. Bientôt il va s’endormir, ce qui va lui permettre de se reposer, car ce bébé l’a bien occupé aujourd’hui »

La grammaire ne doit pas être détournée ainsi pour confondre les genres qui sont pourtant bien clairs en français, même si on peut déplorer les incohérences qui font mettre au féminin ou au masculin indifféremment des objets (pourquoi « la » chaise et « le »siège ?)

Bref, dénichons partout les traces de la théorie du genre, et s’il faut changer des textes, des films n’hésitons pas, c’est pour le bien des enfants ! Proscrivons des livres d’Histoire ces homme en robe à des époques diverses, refusons que des élèves travaillent en Histoire des Arts sur des tableaux comme le tableau d’Auguste Reno6-Claude-Playing-Pierre-Auguste-Renoirir Claude jouant où l’enfant est habillé comme une fille . Enfin, est-il vraiment pertinent de parler de la sexualité des escargots en SVT ? et comme l’a dit très justement cette fine analyste qu’est Nadine Morano (à l’émission « Mots croisés ») : est-il vraiment utile de faire des matchs mixtes en éducation physique, et puis le rugby pour les filles, vraiment, vous trouvez ça beau ?

Retrouvons l’esprit du noble abbé Béthléem, auteur trop méconnu, mais qu’on redécouvre de Romans à lire et à romans à proscrire (1905). Il aurait bien du travail aujourd’hui !louis_bethleem_001

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Commentaires (5)

  1. Claire

    Ah ! Cher Monsieur, vous oubliez notre chaperon rouge… brouilleur de piste, la langue s’en mêle et s’emmêle, on en sait plus de qui on parle. Et s’il n’y avait que le chaperon, mais le loup s’y met et se travestit et se pare d’atouts trompeurs pour attirer à lui ce petit être dont on ne sait pas vraiment ce qu’il en fera, quoi qu’on s’en doute grâce à notre bon Perrault et à son sens moral. Ce conte est hautement immoral et subversif qui sème partout le doute, le trouble et l’inversion. Une enquête sur les adaptations et les détournements contemporains aurait fait apparaitre un pur scandale : un album entièrement consacré à un passage omis par Perrault et par les frères Grimm où le loup essaie de se vêtir de la culotte de la mère-grand sans y parvenir (eh oui, on voit le loup à poil)… ou cet autre album dans lequel le Chaperon propose un bonbon au loup… Un Chaperon dépravé, voilà ce qu’est ce petit !

  2. Pierre Dubois

    Bravo et merci. Votre humour rend encore la chronique plus percutante !

    Lire aussi : http://blog.educpros.fr/pierredubois/2014/02/07/censure-du-mot-genre/

  3. Pingback: Histoires de genre à l'école : il...

  4. Thierry

    Sans parler des Lettres persanes. Si on pouvait effectivement continuer à enseigner ces oeuvres à l’école, ce serait pas mal. Vous montrez simplement qu’il n’est nul besoin de programmes spécifiques, avec une idéologie foireuse, pour enseigner l’égalité. Les classiques bien compris suffiraient effectivement.

    Quant à Nadine Morano, elle a mis le doigt de façon très fine à mon avis sur le problème. Qu’on fasse jouer filles et garçons ensemble, oui, bien sûr. Mais qu’on les fasse jouer ensemble au prétexte qu’ils sont égaux (même en sport) comme le prétendait NVB, c’est nier l’évidence de la différence (en l’occurrence musculaire) de façon grotesque, c’est forcer ceux qui vont noter cette différence à se taire et donc nuire à leur capacité critique au nom de l’idéologie. Pas besoin d’être égal en force pour être égal en capacité ou en droit.

  5. JC LEON

    Et Chérubin, dans le Nozze de Figaro de Mozart (un pervers, assurément !), personnage travesti ! Tamino, dans la flûte enchantée, entre sur scène en criant (hurlant !) « Au secours ! », sans son épée, le fourreau vide (la symbolique me choque profondément). Il est ensuite sauvée par trois femmes !!! Quels modèles pour notre jeunesse.

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