Enseigner au XXI siècle

ABCD des rythmes

  • animateurs : forcément incompétents, ou introuvables (si on veut qu’ils soient compétents), incapables de faire faire autre chose que de la garderie ou de l’enfilage de perles. Un mépris durement ressenti par certains
  • bobos : l’argument ultime pour discréditer toute réforme : ce sont les « bobos » qui vont en profiter et c’est le malheureux peuple qui va trinquer ; « bobo », un empêcheur de pensée !
  • ecole ferméecadenas : un nouvel emblème de la « révolte des maires » contre une « réforme inique, inapplicable, inacceptable », celui qu’on appose à l’entrée des locaux scolaires. C’est vraiment l’école fermée sur elle-même, mais avec personne dedans…
  • conséquent : c’est vrai qu’il faut l’être, et on peut à bon droit reprocher à ceux qui critiquent aujourd’hui la désobéissance à une mesure qui ne plait pas d’avoir fait de même en d’autres circonstances (devoirs des communes en cas de grève, etc.)
  • décret : peut n’être pas appliqué, contrairement à la loi (jusque là on pensait qu’une loi se traduisait par des décrets d’application)
  • démagogie : un verre ça va, deux et plus, bonjour les dégâts…
  • Essonne : le département de la « résistance », de la République debout contre les malfaisants de la rue de Grenelle, mais concurrencé par Marseille, tous ces endroits que désertent les apprentis animateurs.
  • fatigue : la fatigue des enfants, brandie comme un argument décisif contre les « nouveaux rythmes ». D’habitude, les anti-« enfant-roi » n’avaient pas tant de sollicitude pour le pauvre enfant accablé par les horaires de l’école
  • genre : et qui sait si, dans le péri-scolaire, on ne va pas aussi diffuser la « théorie du genre ». Notre ministre ayatollah en serait bien capable, n’est-ce pas ?
  • hystérie : on a envie de placer ce mot devant le comportement de certains opposants lors de réunions préparatoires !
  • inique : ou inacceptable ou insupportable, etc. (voir « cadenas »)
  • jouer : un établissement scolaire n’est pas fait pour ça ; si les enfants jouent dans les bâtiments de l’école, quelle confusion ! Quoi, vous dites que le jeu peut être une forme de pédagogie très efficace, n’importe quoi !
  • loi : voir décret. Une loi qui ne plait pas est toujours votée par des politiciens fous coupés des réalités
  • maires : on les plaint s’ils protestent contre cette folle réforme, on les accable si, suppôts du pouvoir, ils imposent « sans concertation » les nouveaux rythmes aux écoles.
  • logo tapnocif : décrétons que tout ça est nocif pour les enseignants, les enfants, les parents, les élus, brandissons les études qui vont dans ce sens (tandis que d’autres brandissent des études contraires). Mais s’interroge-t-on sur ce qu’on fait en classe et en périscolaire, comme si on pouvait séparer le quoi du quand
  • obligation : tout est un peu confondu. Les enfants sont obligés d’aller à l’école (s’il n’y a pas de cadenas), les communes ne sont pas obligés de mettre en place le périscolaire (on est tranquilles, les élections sont passées), les débats publics n’ont pas obligation à être argumentés et respectueux des opinions de chacun
  • priorité : au nom de la priorité et de la non-priorité, on peut tout justifier. Chacun a sa priorité : refaire les rues, bâtir un musée pharaonique (Yerres) ou investir dans l’éducation…
  • quatre : un chiffre magique, le chiffre du bien s’il n’est pas accompagné de la décimale : ,5. On a l’impression que la semaine de quatre jours existe de toute éternité, alors qu’elle est si récente et si peu répandue en Europe.
  • revenir : il faudra revenir sur cette réforme, si certains reviennent au pouvoir, non ? mais cette réforme ne revenait-elle pas déjà sur ce qui existait avant ?
  • socle commun : mais aussi programmes, formation des enseignants, évaluation, on ne va pas s’intéresser à ça, c’est tellement peu de choses à côté de ce damné mercredi matin où les enfants ne peuvent plus faire la grasse matinée ou regarder leur émission préférée.
  • cahiers rythmestempo : ce n’est jamais le bon. La concertation aurait dû durer plus longtemps, reproche-t-on à une institution qui à d’autres moments ne sait pas prendre des décisions, est trop lente. Jamais le bon rythme…
  • urgence : une mesure annoncée dix huit mois avant peut quand même être « imposée dans l’urgence » : il faut vite corriger le sens du mot sur Wikipedia…
  • vraie : bien sûr, on se réclame de la « vraie » réforme, à laquelle chacun aspire, et qui n’est curieusement jamais celle qui est votée
  • Xavier Darcos : il a bien fichu la pagaille en 2008, mais il semble bien que ça lui a été imposé par le président !
  • Zut : oui, zut, il est temps de s’intéresser au socle commun, aux programmes, à l’évaluation… Mais beaucoup de ce qui précède va pouvoir resservir, malheureusement…

Tout complément à cet abécédaire bienvenu (y compris pour les lettres manquantes)

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