Enseigner au XXI siècle

Ironie, consternation, colère : les sénateurs ratent le train…

La Commission d’enquête « service public de l’éducation, repères républicains et difficultés des enseignants » du Sénat a rendu son rapport intitulé « Faire revenir la République à l’école », rapport adopté par une courte majorité, mais soutenu par la présidente radicale de gauche, Françoise Laborde.
En lisant à la fois ce rapport (très long et souvent fastidieux) et surtout les 20 propositions finales, on est partagé entre l’ironie, la consternation et la colère.

levée du drapeau à montfermeil
commissionIronie devant l’incohérence de cet « inventaire à la Prévert » (je reprends une expression stéréotypée bien adaptée à cette pitoyable liste) que constituent les propositions finales. On y trouve mis sur le même plan l’envoi de SMS aux parents d’élèves absents (y a-t-il beaucoup d’établissements qui ne le font pas d’ailleurs ? mais il faut noter que cela se fera dans un contexte de brouillage de téléphones portables dans l’établissement…) et un barrage, si on comprend bien, à l’entrée de la sixième pour ceux qui n’auront pas le niveau en français. Le rapporteur, Jacques Grosperrin (sur qui nous reviendrons plus loin) dit lors d’une séance finale de la commission ne pas vouloir remettre en cause la loi de la refondation de 2013, mais réinstitue la coupure entre cm2 et sixième, au mépris de l’existence du cycle 3. Et que penser de la contradiction qu’il y a, à quelques lignes de distance, d’une part à vanter le « quoi de neuf » de la pédagogie Freinet (le dernier chic, utiliser Freinet pour justifier des positions réactionnaires !) ou à citer de manière positive Meirieu (nom mal orthographié d’ailleurs dans le rapport) et d’autre part de faireecole-montfermeil-discipline-3061718-jpg_2678092l’éloge de l’école Alexandre Dumas à Montfermeil, hors contrat donc hors contrôle de l’État, qui n’applique pas les programmes de l’Education nationale et est vantée par les intégristes catholiques et les organes de presse les plus réactionnaires (il y a eu des reportages souvent dithyrambiques, on aimerait voir de plus près sur cette école qui reçoit beaucoup d’argent public de la Mairie de Montfermeil) ou de citer Finkielkraut comme s’il disait la même chose que Meirieu (voir page 76). On peut aussi ironiser sur ce fameux « début de semaine » ou pour dissiper les brumes d’un week-end peu consacré aux valeurs de la République, celles-ci seraient rappelées par le « chef » ou par un enseignant. Certes, on échappe à la levée du drapeau, car il ne faut pas aller trop loin, n’est-ce pas ? mais on imagine le discours : « Chers élèves, dans la semaine passée, on a volé des explosifs dans une base militaire à Miramas, c’est très mal et ça fait peur à tout le monde. ça montre bien qu’il faut renforcer les forces de sécurité, car celles-ci sont une composante de notre Nation qu’il faut aimer et défendre » ou encore : « Vous avez tous entendu parler des problèmes de la Grèce. C’est bien compliqué, mais nous rappelons que nous avons construit l’Europe et celle-ci est un bien précieux qui nous a évité la guerre. En même temps, la situation de la Grèce montre qu’il faut faire attention aux dettes que l’on peut avoir dans un pays et qu’on ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens, etc. » Je caricature, mais la proposition n’est-elle pas caricaturale ? Dans les auditions, certains avaient proposé des débats d’actualité, organisés, dans un cadre précis, avec un objectif d’échange mais aussi de recherche (avant ou après) de documentation, etc. Rien à voir ici. On est bien dans ce transmissif illusoire, dans les leçons de morale dont l’inefficacité a fait ses preuves.

Mais passons à la consternation. Celle-ci est grande, à voir par exemple la faiblesse des propositions qui sont faites pour faire face aux problèmes de défiance vis-à-vis de la République et de reprise de théories du complot. Ainsi propose-t-on de regrouper les élèves qui posent problème. Outre qu’on ne part pas de ce qui existe (structures pour décrocheurs notamment, mais aussi centres fermés dont il faudrait faire le bilan), on imagine ces nouvelles « maisons de correction » censées débarrasser les établissements des gêneurs. Gageons qu’on retrouvera d’autres « gêneurs » pour prendre leur place. Eric Debarbieux est cité dans le rapport, comme s’il allait dans ce sens alors qu’il ne cesse de montrer l’importance des réponses fondées sur la pédagogie, le développement du vivre ensemble et la lutte contre les discriminations. Les coups de menton de M. Grosperrin ne mènent à rien, mais en plus on fait comme s’il y avait correspondance entre échec scolaire, comportements délictueux et détachement des valeurs de la République. Comme si par exemple tous les élèves tentés par l’intégrisme religieux étaient forcément irrespectueux du maître, comme si on n’avait pas de témoignages de cas de très bons élèves soudainement tentés par le voyage en Syrie ou la fréquentation assidue des mosquées (ce qui n’est pas la même chose). Comme si tout était question de maîtrise du langage, comme si une instruction sans éducation suffisait à faire adhérer à la « République ». D’ailleurs, on comprend mal parfois la logique du rapport, car d’un côté l’Instruction est mise en avant comme pilier de l’école et de l’autre on insiste beaucoup sur l’éducation justement, avec les rituels, la nécessité du respect de l’Autorité, etc.). Mais comme il s’agit d’une mosaïque ou auberge espagnole, on trouve le meilleur et le pire, sauf dans les 20 propositions où c’est davantage l’insignifiant, le déjà-existant ou le pire….

Consternation encore dans le simplisme de la proposition sur le « recentrage de l’enseignement de l’Histoire » autour du « récit national ». Cette expression devient insupportable et fait partie de cloviscette novlangue dénoncée pourtant sur d’autres sujets par les mêmes qui l’utilisent constamment. Un sénateur d’ailleurs, lors d’une séance, reproche à notre imaginaire historique scolaire d’être trop obsédé par la Révolution française au détriment de l’histoire longue et les fameuses « racines chrétiennes » je suppose. Le récit national devrait être ce continuum depuis les Gaulois jusqu’à De Gaulle qui ressuscite la III° République, en oubliant les parts d’ombre sous prétexte de refuser l’histoire « repentance ». Rien n’est dit sur la manière d’enseigner cette histoire nationale, rien n’est dit sur la nécessité de construire l’Europe, de s’intéresser à la mondialisation et à ce qu’elle implique aujourd’hui (problèmes du réchauffement climatique, etc.).

Consternation encore à lire les propositions d’interdire les tablettes à l’école primaire et au-delà de fermer celle-ci à l’informatique. Tant pis pour toutes les enthousiasmantes expériences de l’utilisation du numérique aujourd’hui, tant pis également pour la nécessité de réduire la fracture numérique. Éloigner l’école du numérique , c’est à la fois empêcher l’école française de résister au tsunami numérique, à contre-courant de tout ce qui se fait ailleurs, mais c’est aussi laisser les enfants au seul numérique de divertissement et d’évasion hors de l’école au lieu de découvrir en quoi il peut être un formidable outil de culture et de création, et encore plus grave les laisser à la merci des utilisateurs complotistes d’internet à de la désinformation de nombreux sites, pas seulement religieux d’ailleurs. Que des sénateurs, en plein XXI° siècle en viennent à reprendre ce discours technophobe et archaïque en dit long sur la coupure entre un certain monde politique et la réalité socio-culturelle d’aujourd’hui !

Et puis surtout la colère, même si on pourrait faire plus long pour la consternation… Colère quand on survole l’ensemble des contributions reprises dans le rapport. Beaucoup de phrases d’un Loys Bonod qui ne représente que lui-même et dont les déclarations sont d’un niveau café du commerce, en tout cas très subjectives. Un exemple « la réaction de son chef d’établissement lorsqu’il lui a indiqué avoir reçu des coups lors d’une émeute : « La principale du collège m’a interpellé en me disant que je prétendais avoir reçu des coups, mais que je n’avais pas fait de rapport. Ainsi, tant que ce rapport n’était pas fait, c’est comme si les coups n’avaient pas existé ! On attend d’un chef d’établissement qu’il nous fasse confiance et non qu’il nous demande de faire un rapport pour nous croire ! On attend d’un chef d’établissement qu’il ne nous dise pas que la voix de l’élève est l’égale de celle du maître, comme j’ai pu l’entendre à de nombreuses reprises. » Donc, il faut croire sur parole la version de ce monsieur et a priori lui accorder crédit parce qu’il est « professeur » ? Donc, il ne faut pas passer par l’écrit ? La commission aurait peut-être pu demander l’avis du chef d’établissement mis en cause (et ce n’est qu’un exemple). La sénatrice écologiste Marie Blandin, membre de la commission, a déclaré d’ailleurs indignes certains propos tenus lors d’auditions, heureusement pas repris dans le rapport et qui auraient presque pu relever de la justice, sans que le rapporteur ne réagisse. Il faut lire ce qu’elle écrit sur son blog, je partage son indignation.

Colère aussi par la manière dont sont traitées à contrario certaines auditions. Laurence de Cock est ainsi intervenue de manière posée, étayée, rigoureuse, lors d’une audition pour contester la vision sombre et orientée du rapporteur et inviter à la complexité des solutions contre le simplisme des réponses toutes faites. Rien ne transparait de cette intervention sauf la phrase : « l’enseignement d’histoire ne doit pas se limiter à l’apprentissage encyclopédique de savoirs, mais doit être pensé pour permettre aux élèves de puiser dans le passé les connaissances nécessaires à l’analyse et à la compréhension du présent. » (service minimum vraiment, pour dire qu’on a aussi cité un peu tout le monde ; voir son commentaire récent). Quant à mon ami Philippe Watrelot, littéralement agressé par des sénateurs mettant en doute son expérience de professeur de lycée parce que son témoignage ne coïncidait pas avec la vision catastrophiste de membres de la Commission, il a juste droit page 24 de la version PDF du rapport à ceci : « il ne fait allusion quasiment aucun incident : tout juste quelques tags et des objections dans les discussions » alors que le témoignage de Iannis Roder (pourtant modéré finalement) qui insiste sur les incidents a droit au caractère gras. On peut lire sur le blog de P.W. son témoignage là aussi empreint de colère. Certes, il est cité plus loin dans le rapport lorsqu’est évoquée la corrélation en France entre réussite scolaire et origines socio-culturelles, mais le rapport ne fait rien de ce constat, puisqu’on ne trouve aucune mesure autour de la carte scolaire ou de la lutte contre les ghettos à l’intérieur des établissements. Ni non plus la moindre réflexion sur les manières d’établir des passerelles entre le monde de la culture et celui dans lequel baignent la majorité des élèves.

Certes, les attaques contre les prétendus « pédagogistes » sont absentes du rapport, peut-être par souci qu’il soit adopté par la présidente de la commission, mais la tentation affleure plusieurs fois de rejeter la responsabilité des maux de l’école sur ceux qui auraient soi-disant renoncé à l’Autorité du Maître et qui prôneraient le « constructivisme » largement caricaturée avec des citations attribuées à tel ou tel formateur sans aucune référence précise. Voir l’intervention de M.Bellamy : -« Le constructivisme repose sur l’idée que l’enfant doit apprendre à apprendre seul et que le professeur n’est plus qu’un guide, un accompagnateur, un médiateur. On a fixé comme objectif le refus du cours magistral, du principe même de la classe – je vous invite à consulter des revendications de fédérations de parents d’élèves -, de l’effort, au fond. L’idée de plaisir revient à de nombreuses reprises dans les programmes du collège depuis les années quatre-vingt-dix. On a accusé l’école d’élitisme ; on a voulu la rendre ludique. Évidemment, on a abandonné l’idée d’autorité». La notation constitue le meilleur exemple de cette tendance prétendument bienveillante. M. François-Xavier Bellamy a ainsi rappelé qu’au cours de sa formation en IUFM, la notation était présentée aux futurs enseignants comme une brutalité faite à l’élève. À l’inverse, il leur était demandé de privilégier une «évaluation bienveillante». Il a ainsi rappelé que l’un de ses formateurs présentait les enseignants comme « les tenants d’un système militaro-hospitalo-carcéral » et qu’en notant les élèves ils devenaient « les kapos d’un système ultralibéral pour préparer les masses laborieuses»

tri scolaireLà encore, comment ne pas être en colère devant cette présentation pas du tout étayée par des faits, qui déforme totalement aussi bien les principes du travail se réclamant du constructivisme (dans lequel la part du maître est essentielle, bien entendu) et que l’idée de « bienveillance » qui est présentée comme antinomique de l’autorité alors qu’on peut au contraire considérer que les deux vont de pair. Il faut noter d’ailleurs de façon paradoxale que la mise en avant de la « bienveillance » est de mise au fameux cours A. Dumas cité plus haut !

Remarquons aussi l’absence totale de mesure concernant la lutte contre le sexisme, alors même que le rapport parle des discriminations envers les jeunes filles. Tout un pan d’une action en faveur des « valeurs de la République » est oublié. Mais si cette République est davantage celle du XIX° siècle ou des « Hussards noirs » (et les hussardes ?), est-ce une question essentielle puisqu’on pouvait être républicain et refuser le droit de vote, l’autonomie financière et la libre disposition de son corps aux femmes….

Colère enfin devant l’attitude du rapporteur. J’estimais Jacques Grosperrin, j’ai correspondu avec lui au temps du socle commun et j’appréciais ses positions, souvent en opposition à la politique de Darcos notamment. Il a pu s’exprimer sur le site des Cahiers pédagogiques et il a présidé un rapport pour l’Assemblée nationale sur la mise en œuvre du socle commun en 2010 où il présentait 17 propositions souvent aux antipodes des 20 d’aujourd’hui. Citons-en quelques-unes :

n° 3 : Fonder l’évaluation sur la confiance.

n° 4 : Élaborer les programmes à partir des thèmes de convergence entre les disciplines.

n° 5 : Assurer la continuité des apprentissages entre le primaire et le collège en :

– refondant les cycles d’apprentissage ;

– formant davantage les enseignants à « faire classe », à l’interdisciplinarité et au travail en équipe ;

– développant la bivalence des professeurs et permettant des échanges de service entre ceux qui enseignent en CM2 et en Sixième.

n° 6 : Différencier la pédagogie au sein même de la classe, cahiers péda 500 dessin 01 (3)notamment par le recours à des groupes de compétences.

n° 8 : Élaborer un « mode d’emploi » du socle commun, conçu par niveau et non par discipline, pour la formation initiale et continue des enseignants.

Comme quoi, passer de député à sénateur n’est pas toujours heureux. Ou s’agit-il de se placer pour 2017 ? En tout cas, m. Grosperrin, devenu adversaire du pédagogisme laxiste (il déclare qu’il ne faut pas se préoccuper « de se faire aimer » des élèves, comme si c’était forcément antinomique de la transmission des valeurs de la République !) ? Rappelons aussi qu’il a démissionné du Conseil supérieur des programmes en ayant été à une seule séance sur neuf…

Triste rapport donc, suffisamment touffu pour qu’on y retrouve ça et là quelques bonnes idées, bien sûr, quelques bonnes analyses, mais noyées et surtout utilisées comme caution à des mesures qui vont à l’encontre d’elles. Prenons par exemple le code de déontologie demandé aux enseignements et l’idée du serment de Socrate inspirée de la Belgique et qui n’est pas forcément une idée saugrenue. Ou celle de rituels à l’école (et surtout dans le secondaire, où ils sont trop absents). On peut y réfléchir, mais dans quel contexte cela se situera-t-il ? De quelle déontologie va-t-il s’agir ? Va-t-on inclure par exemple le respect inconditionnel des élèves et des familles comme un des points forts ? Va-t-on en faire un cérémonial républicain qui ne soit pas dénué de convivialité ou au contraire une marque forte de soumission à une autorité dans l’établissement (le rapport est plein de contradictions là encore à ce sujet) ? Et les rituels, se situent-ils dans une perspective d’école inclusive, avec des moments de partage « horizontaux » alors même qu’on prône la verticalité ? Dans des pays où ces rituels sont forts, il y a souvent ce partage, ce rapprochement enseignants-élèves par exemple, qui est bien au contraire rejeté dans l’esprit de ce rapport ? Notons que dans les propositions, il n’est fait nulle mention par exemple de la pédagogie de projets, de « fêtes des savoirs » qui pourraient objet d’incitations fortes, de valorisation de réalisations d’élèves, de « cafés de parents » et si on parle dans le rapport de développer les instances de participation dans les établissements, rien ne transparait dans ces propositions qui sont quand même l’essentiel. On préfère le gros bâton, le « travaille et tais-toi » et la chasse aux signes religieux (en allant plus loin que la loi de 2004, dont il est dit pourtant qu’elle est appliquée de manière satisfaisante)

Faut-il donc pleurer ou faut-il en rire ? Hélas, le sujet est trop grave et la démagogie simpliste trop menaçante pour qu’on se contente d’un haussement d’épaules. On espère simplement que ceux qui d’un certain bord passent leur temps à taper sur la ministre et sur les projets de réforme regarderont aussi de ce côté-là … L’Ecole de la République, elle, ne trouvera guère de solutions à ses défaillances dans ces idées dont la confusion pourrait presque apparaitre comme un moindre mal par rapport à l’inquiétude que l’on éprouve à voir ce à quoi aboutissent plusieurs mois de « réflexion » et sur le mauvais temps qui peut s’annoncer à l’avenir…

 

PS: je suis conscient que dans le titre, il y a une certaine incohérence logico-syntaxique. En toute rigueur, il faudrait écrire « invitation à l’ironie, consternation… » puisque l’ironie n’est pas le sentiment qu’on éprouve ou la réaction qu’on peut avoir. J’ai laissé pour l’équilibre rythmique. Je m’étonne que certains de ceux qui me veulent voir aller aux poubelles de l’Histoire (voir commentaire ci-dessous) ne l’aient pas relevé…

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Commentaires (6)

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  2. LE GUEVEL

    @Ricercar, au sujet de L. Bonod: quand on se sent obligé de préciser qu’on est ni de droite, ni de gauche, on sait où on est… (au dessus sûrement?).

  3. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    à Ricecar
    je vous remercie de lire si attentivement mes billets que vous en releviez les erreurs d’orthographe. Je viens de corriger mais je laisse à priori et à contrario, car pour moi et pour beaucoup, c’est ainsi qu’il faut écrire en « françisant » ces expressions. Et voir Wikipedia: La locution possède aujourd’hui deux orthographes : « a priori » et « à priori » (également pour « a posteriori » et « à posteriori »)3.

    « La forme francisée « à priori » est utilisée notamment par Voltaire4 et Laplace5, et reconnue par Littré6 et est encore largement discutée. En fait, l’absence d’accent est un usage moderne. La préposition latine ab, élidée ici en « a », n’a rien à voir avec la préposition française « à », mais la langue française actuelle réserve le « a » sans accent au verbe avoir.

    Cette forme francisée est supprimée du dictionnaire de l’Académie française dans sa neuvième édition, en 1992.

    Le statut actuel, à la suite de la réforme de l’orthographe française de 1990, est qu’aucune des deux graphies n’est fautive, mais la forme avec accent est recommandée. Il est par ailleurs considéré comme plus cohérent d’utiliser l’italique pour la graphie sans accent, et uniquement pour celle-là ».
    Mais, j’y songe, vous n’appréciez peut-être pas une référence à Wikipedia?
    Mais pourquoi donc trouvez-vous moyen de mettre de l’agrégation dans cela?
    Je vous laisse votre opinion sur Loys Bonod, je conserve la mienne quant à sa « représentativité » et sur le sérieux de son argumentation. Mais je ne l’attaque pas sur le plan personnel, seulement sur ses idées et la façon de les exposer, et je pense que ses idées sont irrémédiablement « de droite » au-delà des clivages politiques…

  4. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    à Thot
    j’ai hésité à laisser ce commentaire à cause du dernier paragraphe injurieux, mais je laisse finalement ces insultes qui disqualifient leur auteur.

  5. thôt

    Extrême mauvaise foi de votre article qui joue sur les outrances de Grosperrin pour disqualifier tout ce qui ne rentre pas dans votre confortable moule idéologique (on notera à ce propos et comme le fait le commentaire précédent la mesquine attaque ad hominem sur Loys Bonod ou le passage « inventé » sur les IUFM – on peut néanmoins lire des centaines de témoignages semblables sur internet de la part de nouveaux professeurs, mais tout mentent, forcément…)

    Pour ma part c’est avec un plaisir très vif que j’attends de vous voir disparaître dans les poubelles de l’Histoire – le retour de bâton risque fort d’être à la mesure du désastre que vous avez suscité.

  6. Ricercar

    On comprend que la colère vous étrangle, mais vous devriez tout de même vous relire avec plus de soin : il sied mal à un agrégé, surtout reçu avec un si bon rang que le vôtre, de faire des fautes d’orthographe. « (…) celle-ci est un bien précieux qui nous a évités la guerre » (=> évité) ; « à priori »/ « à contrario » (=> a priori, a contrario, en italiques et sans accent – vous voyez qu’il est utile d’apprendre un peu de latin) ; « les deux vont de paire » (=> de pair).

    Pour le reste, ne jouez pas les faux naïfs en disant que Loys Bonod « ne représente que lui-même » et qu’il n’a été invité qu’en sa qualité de professeur : vous savez parfaitement qu’il tient un blog extrêmement documenté sur l’éducation, que beaucoup de collègues consultent avec le plus grand intérêt. Il est évidemment plus commode d’assimiler ce qu’il dit à des « propos de café du commerce » en montant en épingle une anecdote que de réfuter sérieusement ses arguments, ses démonstrations, ses tableaux statistiques. C’est sur ce terrain qu’on vous attend. Loys Bonod a bien précisé lors de son audition que son témoignage n’était ni de droite ni de gauche, il a renvoyé dos à dos les gouvernements successifs qui ont organisé le massacre du système éducatif français : ne faites pas de lui l’instigateur de ce rapport, je suis sûr qu’il en dénonce comme vous les ridicules.

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