Enseigner au XXI siècle

A propos du soutien de l’OCDE à la ministre de l’éducation nationale

Il y a quelques années, une des icônes d’une partie de la gauche dite dessin compétences«anti-libérale », Nico Hirtt, qui fit l’éloge dans un texte public de la politique nord-coréenne (peut-on lui pardonner un jour ?), prononçait une diatribe contre les conceptions de l’OCDE en proposant non de citer exactement les productions écrites de cette dernière, mais en les « traduisant » pour que le bon peuple puisse comprendre les sombres desseins cachés derrière les belles paroles.

Un exemple : voici comment notre chercheur belge interprète une phrase sortie de son contexte : « Les programmes scolaires ne peuvent pas être conçus comme si tous [les élèves] devaient aller loin. » Hirtt reformule cette dernière phrase à sa façon : « Les programmes scolaires doivent être conçus de sorte que certains au moins n’aillent pas trop loin. » La phrase signifiait en fait que les programmes ne devaient pas être conçus en fonction de l’excellence, mais par rapport à une exigence commune pouvant être atteinte par tous, l’alignement par le haut étant une hypocrisie. Derrière le fumeux « élitaire pour tous » se cache souvent la vraie exclusion scolaire du plus grand nombre. Mais non, pour Hirtt, cela veut dire un enseignement à deux vitesses, une volonté d’empêcher ceux d’en bas de monter le plus haut possible, belles paroles qui séduisent à coup sûr ceux qui en croient que défendre le latin, le grec, les « cours de haut niveau » sont le comble du combat républicain et démocratique. Ce qui n’a rien à voir avec une volonté louable, et que je partage, de promouvoir, entre autres, l’apport des langues et cultures de l’Antiquité, ce qui est au passage un des objectifs des EPI, mais là n’est pas l’objet principal de ce billet.

2.2.2 Anne Valentin  Bouleverser notre façon de penser la classeNico Hirtt et ses partisans n’ont de cesse de pourfendre l’approche par compétences, opposée aux savoirs, même s’ils sont obligés de se démarquer des élitistes réactionnaires qui reprennent au fond des arguments similaires dans leurs réquisitoires. Et de dénoncer tout ce qui ressemble à une « adaptation » au marché du travail, tout ce qui évoque une efficacité de l’enseignement, y compris, mais pas exclusivement pour une plus grande compétitivité, etc. On comprend alors l’éloge de Cuba et de la Corée du Nord, pas sûr que les « travailleurs » partageront vraiment ces conceptions, eux qui demandent très majoritairement que l’école puisse former aux emplois d’aujourd’hui et demain. J’ai du mal à comprendre au fond ces oppositions manichéennes entre la formation de la personne et celle du producteur.

De plus, Nico Hirtt loin d’analyser ce que disent vraiment les textes, affirme ce qui va dans le sens de son idéologie. Quand il parle des huit compétences-clé du Parlement européen, il écrit :

« . La commission européenne a élaboré une liste de 8 compétences-clés qui définissent un socle commun minimum d’enseignement pour la scolarité obligatoire. Or, en les passant en revue on voit qu’elles correspondent à la description de micro-compétences que l’on pourrait faire des emplois non qualifiés dans le secteur des services : Il faut pouvoir lire, écrire, calculer, parler quelques mots dans une langue étrangère… » . Or, d’une part, il s’agit d’un texte du Parlement (élu par les citoyens des pays d’Europe), d’autre part, il n’évoque nullement par exemple la compétence émancipatrice d’ « apprendre à apprendre » ni la huitième : « la sensibilité et l’expression culturelles qui implique la conscience de l’importance de l’expression créatrice d’idées, d’expériences et d’émotions sous diverses formes (musique, arts du spectacle, littérature et arts visuels). »

Célestin Freinet, peu suspect d’être un « valet du capitalisme », dans un texte que j’ai déjà cité, se demandait si l’école préparait vraiment « ces hommes intelligents qui vont entrer dans la production » ? et répondait : « non, elle ne les a pas préparés à cultiver une certaine intelligence qui se cultive simplement par des études intellectuelles (langues, sciences), toujours désintéressées, sans se poser la question de savoir à quoi cela va servir, c’est-à-dire qu’on développe l’intelligence située en dehors de la vie, en dehors de la société. A tel point que dans une classe, quand on enseigne cela, l’enfant ne se rend même pas compte que ça fait partie de la vie. Ils ne pensent pas que cela puisse leur servir un jour pour leur culture ou même pour leur futur métier. Ceci est la négation complète de la culture, et en tout cas la négation d’une culture intégrée à la vie. ». Et le grand pédagogue de vanter les mérites d’une annotation sur des petits livrets personnels d’attitudes positives d’élèves (coopération, entraide par exemple) qui seraient utiles pour trouver un travail et convaincre des employeurs. Quelle volée de bois vert prendrait-il aujourd’hui ? Il est vrai que Freinet eut aussi bien des ennuis avec la gauche anti-capitaliste orthodoxe…. (voir aussi ce compte-rendu ici)

ocdeCe long préambule était destiné à évoquer le soutien fort que vient de donner l’OCDE à la réforme du collège et aux autres aspects de la « refondation » entreprise par le ministère. Je renvoie au compte-rendu que j’ai fait de la réunion où ce soutien s’est exprimé publiquement. Je citerai seulement quelques points du document « France, vers un système d’éducation plus inclusif en France » (juillet 2015) en demandant au lecteur de bonne foi si les phrases suivantes dénotent vraiment un encouragement à constituer une école à deux vitesses, qui laisserait sur le bord du chemin une grande partie de la population, qui renforcerait les discriminations et qui livrerait les futurs travailleurs, détournés des vrais savoirs au profit de compétences d’adaptabilité dans les griffes du patronat et dans l’aliénation de la société de marché.

Voici quelques recommandations qui sont faites :

  • «  mettre les enseignants très expérimentés et bien formés dans les établissements difficiles » (ce qui est fait aussi bien en Finlande qu’à Shanghai-contrairement aux idées reçues-
  • continuer la politique visant à scolariser dès l’âge de deux ans les enfants issus de milieux défavorisés et recentrer les programmes sur la définition et l’acquisition du socle commun des compétences
  • les mécanismes de financement des établissements devraient prendre en compte le fait que certains d’entre eux ont besoin de ressources pour mener à bien leur mission éducative (en pondérant les moyens en fonction du nombre d’élèves défavorisés accueillis)
  • renforcer la capacité des enseignants à adopter une approche holistique des compétences et à développer également les compétences sociales et émotionnelles, y compris la communication non-violente
  • renforcer la qualité et la valorisation des filières professionnelles au lycée »

Une des idées-force développées lors de la conférence est que des réformes visant à améliorer les performances des plus faibles, qu’un système éducatif partant davantage des besoins des plus défavorisés n’entrainent pas un « nivellement par le bas », mais au contraire permettent aussi de rehausser la qualité d’ensemble. J’avais développé dans un billet la métaphore du « geyser » opposé à celle, très droitière, du « ruissellement ». On retrouve ici la même idée.

savoirs et compétences Elisabeth Schrader et Klaus Stöber

Savoirs et compétences Elisabeth Schrader et Klaus Stöber (exposition en 2014 à Belfort)

Est-ce à dire que tout est parfait dans cette conception du développement souhaitée de l’éducation ? Est-ce à dire que par exemple l’idée de l’accroissement du rôle du chef d’établissement, de la participation accrue des entrepreneurs à l’élaboration de programmes professionnels (mais l’OCDE cite aussi les syndicats, à égalité), ou encore du renforcement de l’apprentissage soient forcément de bonnes choses ? On sait bien par exemple à quoi peut conduire l’autonomie des établissements scolaires, si elle ne s’accompagne pas de garde –fous et d’une extension de la démocratie pour tous les acteurs ? L’utilitarisme étroit peut aussi poindre son nez et faire qu’on écarte par exemple la formation culturelle indispensable pour le plus grand nombre (et il est vrai qu’elle est ici peu présente). Insister sur les apprentissages fondamentaux précoces peut conduire à une école maternelle trop primarisée. Et l’octroi d’enseignants dits de qualité dans les établissements défavorisés n’est pas si simple. Il n’est pas certain que la qualité se mesure ici aux connaissances académiques acquises, ce que reconnait le rapport de l’OCDE d’ailleurs. Pas sûr non plus que les incitations financières soient le meilleur moyen d’attirer les enseignants vers ces zones défavorisés (on peut imaginer plutôt, comme c’est un peu le cas pour la nouvelle politique d’éducation prioritaire) de donner plus de temps pour se former et se concerter, et moins de présence devant les élèves.

Moins que jamais, les choses ne sont simples. Aujourd’hui, un pays comme la Finlande peut être très avancé sur le plan pédagogique et être gouverné par des libéraux purs et durs, comme on a pu le constater récemment dans les négociations avec la Grèce (reste à savoir s’il y aura remise en cause de la politique précédente sous la pression des « Vrais Finlandais » ). De nombreux pays nous montrent que l’évolution du système éducatif peut être relativement autonome de la politique générale. Ce n’est malheureusement pas le cas en France. Les déchainements contre la réforme du collège ont bien mis à jour le traitement purement politico-idéologique de questions qui devraient être abordées autrement, comme le montrent par exemple la position modérée et rationnelle d’un think tank libéral comme l’Institut Montaigne ou celle de l’enseignement catholique. Former aux compétences, permettre un élargissement de l’élite, faire accéder à un niveau de qualification accrue davantage de jeunes, tout cela est dans l’intérêt bien compris du capitalisme moderne, sans doute, mais aussi dans l’intérêt général. Les compétences, comme d’ailleurs les connaissances, en mathématiques peuvent servir indirectement à inventer des technologies qui guériront de maladies graves et permettront de limiter la consommation d’énergie, tout comme à fabriquer des armements toujours plus efficaces ou à spéculer en Bourse. Les compétences langagières servent tout autant à tromper, manipuler, falsifier la réalité qu’à former des esprits libres. Le développement du jugement critique peut conduire à douter de tout et de sombrer dans le scepticisme, voire le cynisme, comme au contraire favorise la citoyenneté et arme contre les mensonges et les escroqueries de la pensée. Un haut savoir n’a pas protégé de grands biologistes contre l’éloge du lyssenkisme soviétique, la grandeur littéraire n’a pas empêché Eluard d’écrire de honteux hymnes à la gloire de Staline et l’étude minutieuse et érudite de textes sacrés de servir des causes criminelles, comme c’est le cas dans une partie du monde islamique aujourd’hui. Ce sont des banalités, mais je m’étonne toujours qu’on les oublie, quand par exemple on accable les « compétences » ou qu’on loue comme un absolu le « savoir » en confondant le bon, le beau et le vrai…

Au fond, ce billet dont je ne doute pas qu’il puisse provoquer l’ire de ceux pour qui le Diable c’est le « monde néo-libéral », est une fois de plus un plaidoyer pour une pensée nuancée, « possibiliste », loin des envolées lyriques ou des discours apocalyptiques sur le déclin de la Culture et du Savoir. Faut-il préciser que je ne veux surtout pas d’une école qui suive l’air du temps, qui soit celle de l’adaptation au monde tel qu’il est, c’est bien d’ailleurs pour cela que je voudrais qu’elle soit réformée, pour que non seulement les élèves, tous les élèves, réussissent mieux, , mais aussi pour faire un peu, modestement, reculer l’engouement pour la téléréalité ou pour la chanson disco bas de gamme, ou pour augmenter l’envie de lire, d’écouter un peu d’autres musiques, de s’intéresser un peu plus à une autre actualité que celle des crimes horribles ou des accidents de proximité, ou pour donner envie de faire des sciences ou de voyager en dehors des clubs de vacances, etc.. Je me suis toujours battu pour ça, sans jamais me décourager.Je ne sais pas dans quelle mesure ce sont aussi des objectifs de l’OCDE, mais je ne crois pas que les mesures prônées par celle-ci et encore plus les réformes engagées à travers les EPI ou les nouveaux programmes, aillent dans un sens opposé, bien au contraire.
Puis-je citer ce que j’ai déjà écrit dans un billet des Cahiers pédagogiques intitulé « l’école comme elle va » qui au fond résume mon mélange de réformisme réaliste et d’utopie ambitieuse :

« Le monde comme il va est un petit conte trop mal connu, écrit par Voltaire en 1748. Le Scythe Babouc reçoit mission de la part de Ituriel pour mener une enquête à Persépolis afin de déterminer si la ville mérite ou non d’être détruite. Babouc se rend dans la cité perse. Il est d’abord outré par la corruption qui y règne, les flatteries, les tromperies des marchands, et a envie alors d’approuver l’extermination de la ville. Mais peu à peu, il est séduit par son charme : « Il s’affectionnait à la ville, dont le peuple était poli, doux et bienfaisant, quoique léger, médisant et plein de vanité. » Au final, en guise de rapport, il fait fabriquer une statue constituée à la fois de métaux vils et de pierres précieuses et déclare à Iturel : « Casserez-vous cette jolie statue parce que tout n’y est pas or et diamants ? »

 

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Commentaires (6)

  1. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    Je reconnais que, à ne pouvoir retrouver le livre en question, mon argumentation souffre de ne pouvoir citer précisément la référence, mais je l’ai dit dans le billet. SI vous avez évolué dans votre jugement sur la Corée du Nord, ou si cela ne concernait pas la période récente (mais alors il aurait fallu le préciser, ça me semble évident), dont acte. Mais il me semble quand même que vous citez en exemple des régimes qui ont été ou sont criminels de façon élogieuse. Je ne vois pas très bien le lien RDA- FInlande par ailleurs. Les cahiers pédagogiques ont autrefois fait l’éloge de l’école en Chine et je pense que c’est une tache dans la série des dossiers, car la plupart de ce qui est décrit est mensonger (de fait, malgré les bonnes intentions des rédacteurs, disons fallacieux, comme l’ont été les livres de Macciochi, Bettelheim, Alain Bouc ou Michèle Loi- j’ai cru à l’époque à ce qui était écrit et je m’en mords les doigts aujourd’hui). Je ne sais si aujourd’hui vous vous indignez de ce qui se passe au Vénezuela, si vous continuez à admirer le régime castriste, etc. Mais je pense que vos critiques souvent tendancieuses de textes de l’OCDE en déformant ce qui est dit, à propos de compétences, discréditent ce que vous pouvez dire d’intéressant par ailleurs sur les inégalités. Je suis convaincu aujourd’hui qu’on ne doit avoir aucune complaisance pour le soi-disant socialisme qui a régné au XX¨siècle, ce qui ne signifie pas qu’on adhère au système capitaliste ou qu’on est « pro-américain ». Mais jamais l’école ne peut prendre pour modèle ce qui s’est fait dans ces pays à partir des années 30 en URSS et le Grand Bond en avant restera dans l’histoire une tragédie effroyable au même titre que le Goulag, et bien sûr le sinistre régime nord-coréen actuel. et je pense que vos critiques du système actuel sont attachés par cette, disons complaisance-là.
    Mais merci d’échanger sur un ton courtois qui n’est pas toujours celui des de l’extrême-gauche française.

  2. Hirtt

    Bonjour Michel Zakhartchouk,
    Je tombe un peu par hasard sur cet article et les échanges y relatifs, vieux déjà de deux ans. Je vais en profiter pour préciser ce qu’il en est de ce fameux « éloge de la Corée du Nord » dont vous ne trouvez plus la référence. Entre 1990 et 1995, j’ai travaillé à la rédaction de mon premier livre, « L’école sacrifiée ». A la fin des 250 pages où je tentais une analyse matérialiste-historique des réformes de l’enseignement en Belgique, j’ai consacré 6 pages du dernier chapitre à montrer les réalisations des pays socialistes en matière d’éducation. J’y parlais surtout de la Chine, de Cuba, de l’URSS et de la RDA (qui fut, rappelons le, le modèle des réformes appliquées en Finlande). Aujourd’hui encore, je ne retirerais pas une ligne de ce que j’écrivis sur ces pays-là. Je commis aussi une trentaine de lignes sur le développement de l’enseignement en Corée du Nord, depuis la guerre de libération contre le Japon (1945) jusqu’à la fin des années… cinquante ! En affirmant, sans autre précision, que je fais « l’éloge de la Corée », vous donnez l’impression mensongère que mon texte serait un soutien au régime actuel. C’est une façon habile mais assez malhonnête de dénigrer celui dont vous vous apprêtez à attaquer péniblement les thèses relatives à l’OCDE et à la dérive des compétences. Vous dites ne plus retrouver « le document » où je faisais « l’éloge de la Corée ». Permettez moi de vous rafraichir la mémoire. En 1995, une fois mon manuscrit achevé, je l’ai fait lire avant publication par quelques personnes dont j’appréciais le jugement. Parmi eux, Bernard Charlot, qui me renvoya un bel éloge (de mon livre, pas de la Corée du Nord) et me communiqua aussi, à ma demande, les noms de personnalités françaises du monde de l’éducation auxquelles il me conseillait d’envoyer l’ouvrage pour en assurer la promotion. C’est ainsi que vous avez reçu, en 1995, un exemplaire (imprimé ou polycopié, je ne sais plus) de « L’école sacrifiée ». Je ne me souviens pas que vous m’ayez fait l’honneur d’en accuser réception. Sans doute le hasard a-t-il voulu qu’en le commençait par la fin vous soyez tombé tout de suite sur l’horreur nord-coréenne…

    Autre chose : pourriez vous développer en quoi consiste le « scandale intellectuel » du texte relatif à la Chine ? (que l’on ferait bien de lire en entier).

  3. Laurent L

    Tous n’embrasseront pas une carrière dans le dynamique secteur de la « nouvelle économie » – en fait, la plupart ne le feront pas – de sorte que les programmes scolaires ne peuvent être conçus comme si tous devaient aller loin. Le savoir que beaucoup utiliseront au travail, en société ou dans leurs loisirs est loin d’être « approfondi »
    C’est la citation exacte du rapport de l’OCDE. Votre lecture de la phrase est injustifiable. Il n’est pas question de faire des programmes basée sur une exigence commune pouvant être atteinte par tous. Il s’agit de les limiter aux besoins de l’entreprise. Nicco Hirtt ne déforme pas le propos. Il s’agit bien d’une conception cynique des programmes scolaires: Limiter le savoir des élèves en fonction des besoins du marché du travail.

  4. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    hélas, je ne retrouve pas la référence qui était dans un document que je n’arrive pas à retrouver. Je sais que ce n’est pas l’idéal et qu’il faut donc me croire sur parole. Mais il y a ce texte sur la Chine qui est un vrai scandale intellectuel: »Quoi que l’on pense des institutions chinoises, l’honnêteté intellectuelle nous force à reconnaître que chacun des citoyens de ce pays, fut-il tibétain, a bien davantage de pouvoir démocratique pour peser sur son gouvernement que n’en ont les populations du monde pour peser sur les multinationales industrielles ou financières occidentales. Quoi que l’on pense des tours et détours de la politique du Parti Communiste chinois, force est de reconnaître qu’ il a su faire passer un milliard d’hommes de la misère totale et de l’analphabétisme à l’accès généralisé aux soins de santé, à une alimentation stable et à un niveau d’enseignement sans comparaison avec celui d’autres pays du tiers-monde (excepté Cuba sans doute). Et il l’a fait sans se soumettre aux ordres des puissances occidentales et de leurs institutions. Voilà sans doute ce que les ennemis de la Chine ne peuvent lui pardonner. »http://www.collectif-communiste-polex.org/chine/intelllp_chine.htm

  5. Gauthier

    Bonjour,
    J’aimerai obtenir une information en rapport avec ce billet. Vous dîtes que Nico Hirtt a fait l’éloge « dans texte public de la politique nord-coréenne ». J’aimerai me faire une idée par moi-même. Pouvez-vous indiquer les références de ce texte ?
    Cordialement.

  6. PHILIPPE L.

    Un grand merci pour cet éloge inverse de Nico Hirtt. J’invite tous vos lecteurs à entendre vraiment les propos de ce chercheur et à constater par eux-mêmes l’inanité de vos critiques (par exemple en consultant le site de Sud éducation). Au passage, on pourra trouver curieuse cette hostilité permanente envers une autre gauche qui précisément ne se laisse pas duper: s’il faut des Créon, il faut aussi des Antigone!

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