Enseigner au XXI siècle

Fouchet, Haby, Fontanet, au secours, ils sont devenus fous !

Le parti « les Républicains » vient de publier un document d’orientation suite à une journée de travail le 6 avril. Rarement on aura vu un écrit programmatique sur l’école aussi  déconnecté des exigences de l’école du XXIème siècle, rarement ou aura vu des propositions issues d’un grand parti se voulant démocratique et républicain aussi marquées à droite, et en l’occurrence aussi proches des propositions du Front national. On est loin, très loin, des avancées du gaullisme dans les années 60 à 80, au temps où on construisait le collège unique, où on limitait les barrières entre les différents secteurs de l’école obligatoire, et où on ne considérait pas l’école comme un champ de bataille idéologique contre les idées progressistes. Certes, on pouvait faire bien des critiques aux habyministres réformateurs de la Vème République qui d’ailleurs pouvaient subir les pressions des secteurs les plus conservateurs (sous la pression de la Société des Agrégés, les Cahiers pédagogiques furent brutalement privés de subventions) ; on pouvait aussi trouver que des réformes de structure intéressantes ne s’accompagnaient pas vraiment d’une mise en place d’un tronc commun ou que les travaux de recherche (INRP) restaient marginaux et n’influençaient guère la politique en vigueur. Mais un certain virage avait été pris par le gaullisme comme l’a si souvent rappelé Claude Lelièvre, le pragmatique De Gaulle sous une apparence archaïque s’opposant d’ailleurs à l’agrégé de Lettres Pompidou, beaucoup moins chaud pour l’enseignement de masse. Puis sous Giscard, la nécessité de démocratiser l’enseignement secondaire allait être encore plus forte, suscitant d’ailleurs l’ire des conservateurs (voir aussi les travaux d’Antoine Prost).

Les ministres de droite qui se sont succédé de 2002 à 2012 ont déjà bien mis à mal les acquis progressistes de la période précédente. Mais la mise en place du socle commun sous le ministère Fillion, tout aussi imparfaite qu’elle ait été, et malgré le peu de conviction de son instigateur théorique, demeure un point très positif. Certaines commissions indépendantes ont pu fonctionner  (Thélot par exemple) et le Haut Conseil de l’éducation par exemple était loin d’être une institution rétrograde. Des parlementaires comme Grosperrin (à l’époque, mais il a bien changé, hélas !) ou Périssol dialoguaient avec des forces réformistes prônant une pédagogie active et démocratisante.

Or, si on examine les propositions des Républicains, qui sont très loin aussi de celles de Alain Juppé (que j’ai analysées pour les Cahiers pédagogiques), on est partagé entre colère et consternation, par moments amusé par le ridicule de certaines d’entre elles, mais le plus souvent indigné, révolté.

Passons sur les rodomontades et les lapalissades (autour du rétablissement de l’autorité, où par moment on enfonce des portes ouvertes : instituer le rite, de fait très fréquent, de se lever quand le maître entre en classe, ou un régime de sanctions qui dans l’ensemble existe déjà). Là n’est pas l’essentiel. Analysons seulement quelques points particuliers pour en montrer soit l’inanité soit leur côté incroyablement régressif. Remarquons au passage aussi les références citées dans le texte : Philippe Némo, philosophe ultra libéral (mais pour une citation qui nous dit qu’il est important de commencer par bien former des enseignants, qui ne pourrait être d’accord ?), Marcel Gauchet (mais pour évoquer un cahier des charges pour les enseignants, comme si celui-ci n’existait pas déjà) et surtout le cours Alexandre Dumas de Montfermeil, paré de toutes les vertus alors qu’il est un établissement hors contrat qui repose sur un soutien municipal et celui de grandes entreprises et qu’il est lié à des partisans de la « Manif pour tous ». Mais il est vrai qu’on exècre les sociologues et autres pédagogues, ces pelés, ces galeux d’où vient tout le mal et on ne va quand même pas citer leurs travaux!

Prenons donc cinq points précis :

  • “À l’école, il faut rescolariser l’école primaire. À l’entrée en 6e un élève doit « savoir lire » et non « maîtriser des compétences langagières ». L’école primaire est avant tout le lieu de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, de la grammaire, de l’orthographe, et du calcul. […] Aucun enfant ne peut quitter le CP s’il ne sait pas lire. Les causes de l’échec sont connues et imputables à la réduction constantes des heures consacrées à l’apprentissage systématique de la langue, à la généralisation de méthodes nocives, et à l’absence de prise en charge pédagogique précoce de la difficulté scolaire, (c’est-à-dire dès le début du CP, au profit d’une approche médicale).

Donc, faisons redoubler les enfants qui ne savent pas lire (même si toutes les études ont montré que ce n’était pas efficace), ne nous préoccupons surtout pas de l’oral (qui est bien une compétence langagière, mais la démagogie populiste préfère aussi faire rire avec un soi-disant jargon), ni de l’écriture de textes (pas cité). Rien n’est dit (tout le long du document d’ailleurs) sur les activités culturelles, passé barrigueréatives. Et curieusement, on ajoute à « lire, écrire, compter » un « calculer » qui fait régresser l’école primaire non pas à celle de Jules Ferry, mais celle-là même que celui-ci fustigeait et qui méprisait la nécessaire activité de l’élève et les « accessoires » essentiels que pouvaient être des activités sortant des « fondamentaux ».  Rien n’est dit sur la formation à l’image, à l’esprit critique, à la vérification de l’information, ni d’ailleurs à la formation scientifique. Sombre école primaire que celle qui nous est préparée là, avec son CP+ et l’obligation pour les enfants de suivre des stages de remise à niveau pendant les vacances pendant que les parents étrangers devront travailler leur français!

  • Les professeurs  doivent  être  formés  aux  méthodes  qui  marchent :  sortir  des  querelles  idéologiques, et privilégier par exemple pour l’apprentissage de la lecture les méthodes éprouvées, fondées  sur  l’apprentissage  systématique  du  code  alphabétique  ou  syllabique   Les  avancées  récentes de la science (neurosciences cognitives) démontrent de façon désormais incontestable que les méthodes dites traditionnelles (pédagogie explicite, groupe d’élèves homogène) donnent les  meilleurs  résultats.  Les   méthodes  structurées,  explicites  et   répétitives  avec  des  mesures  régulières des progrès dans le temps associées à un dépistage précoce, sont les plus à même de vaincre les difficultés des élèves. Pour être un bon lecteur, il faut décoder et comprendre.

 Le texte manifestement bâclé invente un nouvel objet « les neurosciences cognitives » , invente aussi « le code syllabique » (qu’est-ce donc ?) et introduit juste à la fin le mot « comprendre »  quand tout ce qui précède mettait l’accent uniquement sur le décodage. Alors même que tous les neuroscientifiques qui se respectent affirment que leur discipline ne peut pas édicter ce qu’il faut faire, on est en plein scientisme. Et par ailleurs, on pratique l’amalgame :

  • entre pédagogie explicite (un objet complexe qui est une sorte d’ auberge espagnole, voir étude récente de l’IFE) et homogénéité d’un groupe d’apprentissage (tant pis pour les travaux qui montrent au contraire l’efficience de l’hétérogénéité, tant pis pour les études internationales qui mettent souvent au premier plan les systèmes qui ne sélectionnent pas précocement) ou entre « structuré » et « répétitif »

Bien sûr, on ignore superbement le travail d’ampleur de l’équipe de Roland Goigoux qui montre l’importance d’apprendre aux élèves à « comprendre », d’enseigner la compréhension en même temps que le décodage (dont plus personne, ou presque, ne conteste la nécessité)

 

  • Au collège,  il  faut  là  aussi  sortir  des  débats  sans  fin  sur  le  collège  unique  ou   

Le  collège  doit  évidemment avoir un socle commun chaque établissement doit pouvoir offrir des filières diversifiées avec des classes bilangues, des sections européennes, des ou encore des options de langues anciennes. Il faut rendre attractifs tous les collèges non en les stigmatisant par des labels qui font fuir les parents mais en y développant des formations différenciées et attractives.

Dans cette dynamique, la  réforme du collège devra être abrogée . Car, comment imaginer que les  Enseignements  Pratiques  Interdisciplinaires  puissent  être  conservés  ?

  Ce  n’est  pas  sérieux  et  les   professeurs n’en veulent pas. Écoutons-les.

 

Quel culot que d’affirmer en même temps qu’on est bien sûr pour un socle commun (remarquons l’absence de virgule dans le texte qui dénote aussi une confusion de pensée indigne de ceux qui prônent le « retour de la grammaire ») et de tout faire pour filiariser ou refiliariser ! On nous parle ici de « classes bilangues » et non de « groupes ». plus loin, on évoque le préapprentissage dès la quatrième dont les dispositions antérieures à 2012 ne donnaient sans doute qu’un pâle avant-goût. Quant aux EPI, tant pis si en ce toulousemoment mille projets fleurissent, si une partie des professeurs est intéressée et parfois enthousiasmée, comme j’ai pu le voir à Toulouse il y a peu pour une journée où venaient des volontaires, où on a dû changer l’endroit car l’amphi était trop petit et où on présentait,  à côté de mon intervention, des projets passionnants, modernes et créatifs, et où en même temps le développement des compétences des élèves était au centre des préoccupations. Puisque LR a décrété que les EPI « n’étaient pas sérieux ». Quelle riche argumentation, qui donne toute sa noblesse au débat politique !

 

  • Affirmons nos valeurs : l’autorité, l’excellence, le mérite, la laïcité.

Voilà donc les valeurs de la République ! Ont disparu la liberté, l’égalité, la fraternité. Coopérer, vous n’y pensez pas ! Apprendre à bonnet d'anevivre ensemble : mais on vivra si peu ensemble, puisque les gêneurs seront peu à peu éjectés du système, jusqu’à in fine aller à l’Armée  s’ils sont trop en échec ! La réussite de tous, la lutte contre l’échec, l’inclusion de tous, il n’en est plus question ; au secours, Jacques Chirac, où est passée l’école inclusive ?

L’autorité devient une « valeur » en soi, sans bien entendu qu’on distingue l’autorité éducative et l’autoritarisme. Je renvoie aux clarifiantes distinctions de Bruno Robbes, mais n’est-ce pas un horrible idéologue pédagogiste ? Le mérite, qui ne tient même plus compte des inégalités de départ et des conditions sociales, puisque les bourses seront de plus en plus accordées sur la base des résultats scolaires, sans tenir compte de l’origine (là ça dépasse tout, c’est le mérite au sens du XVIIème siècle !). Et cette fameuse excellence qu’on oppose finalement à la  démocratisation, comme si celle-ci n’était pas la meilleure façon de dégager aussi les élites sans sélection précoce, mais aussi par la diversification des formes d’excellence ;  remarquons que voici un document qui ne parle jamais d’internet, de la révolution numérique, il faut le faire ! (alors même que les libéraux économiques vantent la créativité des start- up françaises qui prennent en compte les nouveaux talents). Et  par ailleurs, répétons-le, à aucun endroit on ne trouve un plaidoyer pour des enseignements artistiques pour tous. Les sorties ne sont évoquées que pour en interdire l’accompagnement par des mères voilées.

Enfin, la laîcité est invoquée comme une valeur, mais une valeur répressive et non comme la possibilité du vivre ensemble, comme une liberté. C’est une laîcité aux couleurs bleue marine qui se profile là, loin de celle de Jaurès ou Clémenceau.

 

A propos de l’autonomie des établissements : Son organisation dans le temps scolaire  [syntaxe peu claire, on ne voit pas bien à quoi se rapporte « son », mais peu importe] est laissée à l’appréciation de l’établissement en fonction de ses projets, des difficultés rencontrées par les élèves. De même il doit être possible de laisser les établissements constituer des classes et des groupes de niveaux, d’organiser le repérage précoce des difficultés et les moyens d’y remédier : études surveillées obligatoires, contrat d’étude comportant des obligations renforcées pour certains élèves trop «justes », stages obligatoires de remise à niveau conditionnant le passage dans l’année supérieure. »

En fait, on ne garde de l’autonomie que ce qui peut aller dans le sens des dérogations à des règles communes qui devraient fonder l’école républicaine, et en particulier le respect du droit. C’est la porte ouverte, on le voit bien, à la sélection, mais surtout le renoncement à travailler sur les pratiques pédagogiques pour éviter justement le retour à ces fausses solutions miracles que sont les groupes homogènes, les études surveillées, le redoublement. Bien sûr qu’il n’est pas inintéressant d’accorder de l’autonomie dans la gestion de moyens par les établissements, mais si ceux-ci veulent mettre en place des EPI, cela leur sera sans doute interdit, non ? Mettez plutôt en classe des classes de latinistes et des sixième-cinquième en trois ans. Aucun bilan n’est fait au passage de ce qui ne marche pas, n’a pas marché, et explique en partie l’augmentation du nombre d’élèves en difficulté pendant les dix années de règne de la Droite.

La nécessité de ne pas rallonger un billet de blog m’oblige à m’arrêter, alors qu’il y aurait encore beaucoup à dire, mais j’écoute aussi les conseils de ceux qui me disent « tu te fais du mal ! ». Devant un programme aussi lamentable, aussi indigne de toute hauteur intellectuelle, ramassis de vieilles recettes inopérantes, de contre-vérités et de déclarations ronflantes, où on n’en finirait pas de pointer les absences de toute référence aux exigences d’une école efficiente, adaptée à notre époque en pleine mutation, comment ne pas se dire qu’il y a quand même bien des différences entre la gauche et la droite ? On peut espérer que les inquisiteurs de la politique ministérielle actuelle et des réformes et qui se prétendent très à gauche réagiront à ce programme ! On peut espérer cependant qu’il existe une Droite plus subtile, moins tentée par les sirènes du populisme et de la régression généralisée. Hier (il y a quelques semaines) j’étais invité à une réunion programmatique des Jeunes UDI au moins à l’écoute des pédagogues comme moi qui exposais d’autres manières d’évaluer. Hier, Juppé tenait au salon de l’éducation des propos bien plus mesurés et bien plus constructifs.  Espérons que nous échapperons au bulldozer destructeur qui s’attaquerait à tous nos espoirs, nos innovations en faveur d’une école de la bienveillance exigeante et de l’ouverture sur le monde, en faveur d’une vraie école de la République…

 

NB1:  Je me suis amusé à lancer des recherches lexicales dans le document. « arts », « culture », « démocratie » : aucun résultat. « Projet » : quelques occurrences, mais il ne s’agit jamais de projets de classe ou encore moins d’élèves… « autorité » : 15 occurrences.  Aucun résultat pour « numérique » ou « informatique », ni pour « esprit critique ». Edifiant…

NB: Qu’on me pardonne l’erreur commis dans une première version du billet, donnant au ministre gaulliste qui mit en place une réforme allant dans le sens du futur collège « unique » le nom d’un autre ministre qui traversa les régimes avec opportunisme et habileté. J’ai mis ces trois noms, évitant Peyrefitte, qui avant mai 68 eut des discours audacieux sur l’école que la droite actuelle qualifierait de « pédagogistes » ou « bisounours », mais j’aurais du mal à appeler au secours celui qui fut quand même un réactionnaire avéré. Je n’ai pas mentionné Edgar Faure, totalement atypique, qui serait aujourd’hui vilipendié pour sa contestation des notes et sa relativisation du latin (abandonné en sixième)!

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Commentaires (13)

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  3. Mathieu Kessler

    J’ai bien aimé : « L’autorité n’existe pas sans sanction. » C’est le cœur du programme LR, le reste en découle tant sur le plan pédagogique que politique avec des implications très générales dans le cadre d’une « société de défiance ». L’autorité est incarnée par les plus forts qui sanctionnent les faibles considérés comme une menace. Elle se réduit au pouvoir de sanctionner, la confiance n’est pas une option envisageable, c’est le « pouvoir vache » qui fait l’autorité et non la qualité du service rendu qui pourrait inspirer le respect et l’envie de travailler ensemble en bonne intelligence.

  4. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    merci pour ces précisions. Je veux bien reconnaitre mon erreur d’avoir trouvé curieuse la dénomination « neurosciences cognitives ». Je maintiens que l’expression me parait redondante, car que seraient des neurosciences « non-cognitives » et ça me faisait penser à « cadeau gratuit », etc. Mais puisque c’est labellisé par le CNRS, je m’incline. Ceci dit, je pense que les neurosciences sont ici instrumentalisées par la direction des LR qui a pondu ce texte invraisemblable. Et il s’agissait sur ce point d’un détail bien entendu. Mais le souci de précision doit être partout présent et je remercie Pierre Levieux pour cela.

  5. Pierre LEVIEUX

    Pour comprendre un peu plus certains échanges j’ai effectué quelques recherches sur les soit disant, pseudo ou réelles neurosciences cognitives.
    Il y a beaucoup de littérature sur le sujet et un laboratoire CNRS dédié :
    Le Centre de Neuroscience Cognitive
    Le Centre de Neuroscience Cognitive (CNC) étudie les mécanismes cérébraux de la cognition et ses dysfonctionnements. De nombreux thèmes sont abordés au sein des équipes de recherche qui le composent, dont la perception, la plasticité motrice, les processus attentionnels, la prise de décision, la motivation et la cognition sociale. Les compétences multidisciplinaires réunies dans le laboratoire incluent la physiologie et la psychologie, mais aussi les mathématiques, l’économie et les disciplines médicales telles que la neurologie et la psychiatrie. Les recherches menées au CNC s’appuient sur des modèles expérimentaux, sur l’analyse comportementale et sur les différentes techniques d’imagerie fonctionnelle cérébrale, et c’est aussi un lieu d’interactions entre recherche fondamentale et clinique où des chercheurs oeuvrent pour faire avancer la connaissance sur la physiopathologie de maladies telles que la maladie de Parkinson, la schizophrénie ou l’autisme, et aider au développement d’approches thérapeutiques innovantes dans le domaine des handicaps sensorimoteurs et cognitifs.
    Le CNC est hébergé par le Centre National de la Recherche Scientifique et est également sous contrat avec l’Université Claude-Bernard. Il est dirigé par Jean-René Duhamel.
    Centre de Neuroscience Cognitive – 67 Boulevard Pinel – 69675 Bron Cedex

  6. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    Vous dites n’importe quoi. J’ai quand même quelque légitimité à parler de l’école et du terrain, ayant enseigné plus de trente ans en éducation prioritaire. Je suis en contact avec des centaines d’enseignants, qui ne sont sûrement pas un microcosme. Je produis des ouvrages qui sont au coeur des préoccupations des enseignants (apprendre à apprendre et bientôt une nouvelle édition de « comprendre les consignes ». JE rencontre des anciens élèves qui me témoignent d’apports de ma part, et c’est surtout de cela dont je suis fier. ALors vos remontrances et les propositions pitoyables des « Républicains », franchement…
    Je signale que ce n’est pas au nom du coût que je remets en cause le redoublement abandonné dans la plupart des pays développés, mais de l’efficacité (voir les liens que j’ai mis)
    mais il n’est pire sourd…

  7. Le Floch

    Quelques lignes écrites suite à une journée de travail d’un groupe politique dont je ne suis ni adhérent ni partisan et les procureurs du sérail parisien se congratulent ou se défoulent contre ces intrus qui osent suggérer car ils ont le monopole de la vérité voire de la prospective.
    Comme à l’heureuse époque de la Terreur ces vertueux défenseurs des lumières coupent les têtes et les idées qui ne sont pas les leurs.
    L’investissement de notre pays pour l’éducation ne peut être contesté mais quelle en est l’efficacité ? Ne faut-il imaginer de remettre en cause des expériences pédagogiques utopiques ? Pour manager il faut des indicateurs simples et objectifs, que nous propose-t-on ?
    Le pourcentage de réussite au baccalauréat ne trompe personne cet examen est désormais une pantalonnade ruineuse et inutile. Demain ce sera le pourcentage de réussite d’une tranche d’âge en licence… Reste à préciser la pertinence du contenu (quand il y en a!) de cet examen ou ce grade pour l’entrée dans la vie active du jeune adulte ! Pour rompre le cercle vicieux qui conduit tant d’élèves à l’échec et au chômage que proposez-vous dans votre réquisitoire caricatural ?
    Décréter que le redoublement est une tare parce que cela coûte cher est dans votre langage un postulat est pour le pauvre imbécile que je suis un devoir quand le niveau de base n’est pas acquis mais je ne suis sans doute pas le seul imbécile à penser que si tant d’étudiants sortent écœurés et illettrés d’un système scolaire géré par des penseurs déconnectés de la réalité de vie de celui qui en fin de scolarité sera incapable de lire un livre ou un journal, incapable de calculer s’il est préférable d’acheter un lot de deux boîtes de conserves ou une promotion bidon de trois articles… Idéologues irresponsables ces nombreuses victimes du « pas redoubler » sans doute estimez-vous que notre enseignant n’est fait que pour produire des doctorants et qu’il est normal que la grande majorité serve de « chair à canon ». Je persiste à penser qu’il n’est pas rétrograde que de définir des fondamentaux à acquérir impérativement par cycle faute de quoi l’élève qui n’a pas le niveau est comme un inuit assistant à une de vos brillantes conférences = il ne comprend, il souffre puis légitiment se révolte, perturbe la noble assistance et termine en garde à vue avec la rage au ventre d’avoir été humilié de cette manière…combien dans la foule qui peuple nos salles de cours ou nos amphithéâtre peuvent se payer le luxe de se torturer les méninges sur les « neurosciences cognitives » ! JE N’AI PAS LA SOLUTION mais ceux qui ont le pouvoir gagneraient à écouter plus souvent un bouffon qui saura tirer le pan de leur toge quand ils perdront de vue la réalité terrain!
    Autrement dit je formule un rêve : que cette élite intellectuelle fasse preuve d’humilité au point de réapprendre à écouter les autres et à penser que l’objectif n’est pas seulement de former la relève de son microcosme brillantissime mais surtout de donner à tous les enfants qui lui sont confiés les meilleurs outils pour espérer dignité et travail quand ils seront adultes. Écouter puis réfléchir mais surtout agir sous le sceau du bon sens.

  8. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    J’ai rectifié une erreur initiale tout simplement. L’opportunisme du parti LR les rapproche plus de Fouché que de Fouchet, qui fut, je crois, un ministre honorable (je me souviens, bien jeune, d’un débat télévisé où il affrontait un leader du PSU, alors mon parti, Serge Mallet, un débat de haute tenue …

  9. Sirius

    L’annonce de votre article sur le site d’Educpro a transformé votre « Fouchet » en « Fouché ». Est-ce une invite subliminale à mieux respecter la « valeur » d’autorité ?

  10. étienne

    Je vous remercie pour l’éclairage apporté par cet article bien argumenté. Voici, le complément que cela m’a inspiré.
    En primaire, il est très urgent de s’interroger sur l’apport scientifique (mathématiques, physique chimie, sciences et vie de la Terre) ; il devrait être enseigné par des professeurs ayant réellement un profil scientifique et non avec un pseudo-bagage optionnel ingurgité sans envie voire avec dégout.
    Il faut aimer les sciences pour les enseigner avec enthousiasme et donner de l’appétence pour les sciences. VIVE LA CULTURE qui est aussi scientifique et qui doit être faite aussi par des scientifiques.

  11. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    J’aimerais trouver une référence à l’expression « neurosciences cognitives » de la part du Collège de France. Mais c’est possible, je maintiens que cette expression est curieuse et je pense qu’il vaut mieux parler soit de neurosciences (qui ont forcément à voir avec la cognition), soit de psychologie cognitive. Je ne suis certes pas un spécialiste, mais j’ai lu pas mal de choses là-dessus et ai coordonné avec mon amie Nicole Bouin (bien plus compétente que moi sur le sujet) un dossier des cahiers pédagogiques qui rencontre un certain écho. Mais bon, vous pouvez contester ce point de détail de mon argumentaire sans prendre ce ton de commissaire politique et de m’insulter, fût-ce poliment! L’essentiel n’est pas là dans mon texte et en tout cas, on ne peut affirmer que les neurosciences, cognitives ou pas, doivent dicter une pédagogie… Ah ces petits procureurs toujours à l’affût et prêts à bondir sur l’espace « commentaires » pour dénigrer au lieu de faire avancer les débats!

  12. Stéphane Fontaine

    Bravo pour ce texte que j’ai lu hier et qui m’a laissé pantois ! être rétrograde ne suffit pas apparemment, il faut cliver la société et faire de l’élitisme à outrance. Encore merci pour votre réaction bien argumenté. Partageons cette colère !!

  13. Alban Moreau

    Au cas où, une institution (probablement illégitime) parle des neurosciences cognitives que vous semblez ne pas connaître, le Collège de France. Ce n’est donc pas ce texte « manifestement bâclé » qui invente « un nouvel objet », juste votre méconnaissance du sujet qui vous laisse imaginer que ce que vous ne connaissez pas … n’existe pas. Il vous serait opportun de quitter votre posture passéiste et de faire preuve a minima de curiosité avant que de dénigrer ce que vous est inconnu, et à défaut de faire preuve d’ouverture d’esprit – et ce, sans que j’apporte un quelconque soutien au « programme » du parti politique considéré.

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