Enseigner au XXI siècle

Le quantitatif a besoin du qualitatif!

Dans les débats actuels autour de la présidentielle, si parfois on aborde le fond (l’organisation de l’enseignement, la pédagogie, la formation des professeurs), trop souvent ce qui est mis au premier plan est le quantitatif, comme solution magique, coupé du qualitatif.
Je voudrais, en évoquant des propositions de candidats, aborder trois points:

  • les effectifs de classe
  • la rémunération des enseignants
  • le « plus » du soutien et de l’aide aux devoirs

Je réserve le troisième point pour un futur billet.

Voyons d’abord la question des effectifs. Certains veulent carrément une baisse du nombre d’élèves généralisé, ce qui occasionnerait un coût énorme bien sûr. Benoit Hamon ne sous-estime-t-il pas le nombre de postes à créer pour tenir son engagement « pas plus de 24 élèves par classe pour les apprentissages fondamentaux » en même temps qu’il veut  faiblesscolariser massivement à deux ans en éducation prioritaire où les effectifs tombent à 20 par classe ? Continue-t-il d’ailleurs à distinguer REP et REP+ (là où sont les plus grandes difficultés). Emmanuel Macron va plus loin en éducation prioritaire puisqu’il veut diviser par deux le nombre d’élèves en CP (Rep ou Rep+ ? cela change en termes de moyens !). Les leaders de la « France insoumise » de Mélenchon insistent aussi sur la baisse des effectifs. On remarque au passage la défense farouche des ZEP, ce qui fait sourire quand on repense à la vive opposition des syndicats majoritaires quand celles-ci avaient été créées (je me souviens de la fameuse phrase « déshabiller Paul pour habiller Pierre » !)

Certes, en face, il y a au contraire le risque de hausse de ces effectifs puisqu’il faudra bien trouver des postes à supprimer pour tenir les moins 500 000 fonctionnaires. On ne sait pas bien d’ailleurs ce qui va advenir des ZEP dans le programme de la Droite.

Certes, il est important de ne pas négliger cette taille des classes, objet de controverses au sein de la recherche pour savoir si elle a ou non un impact sur la réussite scolaire. Les militants pédagogiques peuvent avoir la tentation de négliger cette question, si sensible…

Mais il est ennuyeux de se polariser là-dessus, sans envisager le contenu de ce qu’on peut faire de différent si l’effectif baisse. Si certaines propositions ont le mérite de concerner avant tout les endroits difficiles et de ne pas être dans le saupoudrage (passer de 26 à 24, franchement, quelle incidence ?), mais elles restent paresseuses et simplistes.

D’une part, mettre à ce point l’accent sur l’éducation prioritaire est oublier toutes les zones intermédiaires. Dans ma commune, quatre écoles sont en REP et deux non. Et pour ces deux écoles, qui ne sont aucunement (ou ne sont plus) des écoles dites de « centre ville »  (un centre qui existe beaucoup moins), les effectifs sont lourds et les moyens nettement inférieurs.  S’il est important de mettre le paquet pour le petit nombre d’écoles classés REP + , il est plus intéressant de répartir les moyens en fonction de considérations sociales (nombre d’élèves par catégorie sociale), sans que les différences soient trop énormes, sans  coupure fondamentale entre REP et non-REP.
D’autre part, ormis chez Vincent Peillon qui l’a initié, on trouve peu de références au dispositif « plus de maîtres que de classes » qui, lui, apporte vraiment un plus et permet des co-interventions et parfois des dédoublements.

Il arrive que dans des collèges défavorisés, on dispose d’une débauche de moyens qui, parfois, sont très mal utilisés. J’ai connu des séances d’aide où les élèves étaient cinq ou six et le professeur derrière son bureau à faire faire des exercices. J’ai connu au contraire des groupes nombreux, mais hétérogènes, avec des co-interventions qui permettaient un travail très fructueux (en groupes, avec l’aide par exemple du professeur-documentaliste). préjugésJ’ai aussi connu personnellement des classes ingérables de 16-17 ans où j’aurais tant souhaité avoir le renfort de six ou sept élèves de niveau moyen pour contrebalancer l’influence néfaste de quelques-uns en refus scolaire. On sait les difficultés que peuvent avoir des professeurs en classe relais avec parfois très peu d’élèves. Comme le dit Jean-Marie de Ketele, expert international réputé, présentant la future conférence de consensus sur la différenciation pédagogique : « On posera aussi la question du travail coopératif : partout les enseignants font travailler les élèves en petits groupes et beaucoup ne savent pas comment l’exploiter. Il ne suffit aps de mettre les élèves en petits groupes. Il faut savoir quoi en faire. »

Si on parvient , malgré les difficultés économiques, à dégager quelques moyens supplémentaires pour l’éducation, faut-il utiliser de manière mécanique ces moyens, sans réfléchir à ce qu’on peut faire avec des groupes plus restreints et former les enseignants en conséquence (y compris dans l’utilisation de l’entraide entre élèves et du « monitorat »), sans développer plutôt des co-interventions, mais aussi rendre le temps scolaire plus mobile ce qui permettrait de faire varier la taille du groupe selon les moments et les tâches. Et s’il est vrai qu’il faut donner une priorité à l’école primaire, il ne faut pas oublier les besoins concernant le secondaire et en particulier dans les lycées. On sait qu’une solution partielle résiderait dans la réduction du nombre d’options (ou leur regroupement géographique) ce que d’ailleurs propose la droite et qui n’est pas absurde (mais pas sûr que celle-ci le fasse vraiment, car ces options sont souvent réclamées par sa clientèle électorale)
Il est bien plus facile de se contenter de solutions standard, de faire croire que la taille des classes est « la » solution en oubliant de développer des pédagogies qui justifient à certains moments des espace-temps-11petits effectifs pour personnaliser, pour donner plus de temps à des échanges oraux, etc.  Répétons-le, sI c’est pour faire un cours traditionnel avec 15 élèves au lieu de 25-30, quelle différence fondamentale, surtout quand il y a forcément raréfaction de moyens ?

 

Sur le sujet toujours sensible des rémunérations des enseignants. Il est toujours facile de souhaiter une augmentation de salaire, à laquelle d’ailleurs tous les partis politiques appellent, semble-t-il, de leurs vœux. Je ferai cependant quelques remarques :

  • Vouloir augmenter très sensiblement la rémunération de ceux qui enseignent en éducation prioritaire me semble mal venu. La « prime ZEP » a-t-elle eu vraiment des effets décisifs dans le passé ? Cela introduit là encore une disparité trop grande entre REP et non REP pour une plus-value discutable. L’alternative est, comme c’est le cas en REP+, de dégager du temps, d’alléger le temps devant élèves, de permettre des temps de formation importants, voire des années sabbatiques, etc. Avec sans doute des gratifications pour ceux qui s’engagent et s’investissent, même si des effets pervers peuvent exister (investissements superficiels et de façade par exemple)
  • On n’a pas démontré de manière convaincante un rapport entre paiement des enseignants et réussite des élèves, dans les pays développés (ce n’est pas vrai pour des pays en voie de développement, comme le montre le cas de la Corée du sud, mais avec une forte contre-partie d’investissement fort des enseignants). Cela ne signifie pas que l’effort récent du ministère ne doit pas être poursuivi et amplifié, en visant les débuts de carrière (au besoin en revoyant les règles d’augmentation dans la fonction publique). On sait la levée de boucliers qu’a connue Vincent Peillon quand il a voulu diminuer la rémunération des heures de colle des classes prépas pour dégager des marges budgétaires.
  • Bien entendu, même si c’est un discours peu populaire dans le milieu enseignant, ne faut-il pas considérer tous les besoins dans la société ? D’accord il faut lutter contre la fraude fiscale, les salaires scandaleux des grands patrons, etc. mais si cela permet à l’Etat d’augmenter son budget –dans le premier cas- cela est loin de résoudre tous les problèmes et de dégager des salaires_ocde-2masses suffisantes pour « tout faire » : baisser les effectifs, payer davantage les professeurs et améliorer leurs conditions de travail. D’autant qu’il y a aussi d’autres priorités, en matière de santé, d’environnement et il convient peut-être en priorité de mettre fin à la précarité…
  • Peut-être faut-il mettre le paquet sur l’aide aux jeunes enseignants (pour se loger notamment) et jouer aussi sur d’autres facteurs de motivation : comment rehausser l’image du métier, en luttant contre les discours dévalorisants, en arrêtant de mettre en avant les cas de démissions qui restent marginaux, en pointant davantage les réussites de l’école, etc.
  • Ok, comme dit Brecht « l’homme veut manger du pain, oui, du pain et pas de beaux discours », mais si le qualitatif n’accompagne pas là aussi le quantitatif, on n’obtiendra pas d’amélioration. Surtout si on se contente de « payer plus » non pas tant celui qui « travaille plus » mais celui qui « fait davantage d’heures de cours », ce qui peut se faire au détriment du travail d’équipe ou du suivi personnalisé puisqu’on n’aura « plus de temps pour ça ».

Comme il est simple de faire des promesses, d’accumuler les prévisions de dépense pour contenter tout le monde et son père comme dit La Fontaine ! Tellement plus simple que de s’attaquer au fond des choses : que fait-on dans la classe, que doit être le service d’un enseignant en intégrant la concertation et le suivi personnalisé? Comment concilier exigence et bienveillance, compétences didactiques et compétences relationnelles ?

La question se pose aussi sur le comment aider les élèves en difficulté ou vivant des conditions de vie difficiles. Le « soutien » suffit-il ? Ce sera le thème de mon prochain billet.

 

 

Commentaires (7)

  1. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    libre à vous de me considérer comme hautain et méprisant , des qaualificatifs qu’on m’a rarement attribués
    sur le terrain entre salle des profs et formation. C »est votre droit de faire une lecture très tendancieuse et « victimaire » de mes propos. Mais ce qui me choque ici, c’est que vous permettez des mises en cause personnelles, par exemple sur les difficultés parfois à gérer un groupe impsossible pourtant à faible effectif, qui était aussi commune à mes collègues et avec qui cependant, on a quand même fait de belles réalisations autour de la poésie par exemple. Je n’ai pas choisi par hasard, malgré l’accumulation de points, de rester en éducation prioritaire (de même que mes enfants ont été dans un collège REP). Si je cite mon expérience personnelle, c’est parce que ça me parait pertinent dans le cadre d’un blog. Et je revendique le droit de dire des choses qui ne vont pas forcément dans le sens de ce que pense « l’écrasante majorité des profs », même si chez les profs il y a bien des nuances. Et désolé,j’ai toujours été anti-corporatiste, j’essaie de voir d’abord l’intérêt général, tant pis si vous me taxez « de droite »…

  2. Elsa

    Cher M. Zakhartchouk,

    Le quantitatif a besoin du qualitatif, certes, mais le qualitatif a aussi besoin du quantitatif …

    Lorsque les enseignant-e-s (je ne parle pas des politiques) abordent en parallèle du fond (l’organisation de l’enseignement, la pédagogie, le contenu dont ils/elles ont besoin pour leur formation), le quantitatif, ils/elles ne le font pas en le mettant au premier plan et en le coupant du qualitatif mais bien en le lui associant …

    Ce ne sont pas certain-e-s enseignant-e-s qui veulent carrément une baisse du nombre d’élèves généralisée, mais l’écrasante majorité des acteurs et actrices de terrain qui peut-être mériteraient d’être écouté-e-s même si leur savoir n’est qu’un petit savoir d’expérience non assez théorisé … Ce qui n’occasionnerait pas un coût énorme comme vous l’écrivez si cette baisse d’effectifs était pensée en terme d’organisation pédagogique et de mobilité du temps scolaire … Moins de minutes avec moins d’élèves mais bien plus efficaces que trop de minutes avec trop d’élèves est une des solutions envisageables … Entre autres …

    Qu’il y ait des profs qui ne savent pas comment exploiter le travail coopératif ne nous ramène pas à la question de l’intérêt qualitatif, pour mettre en place ce travail, d’une baisse des effectifs dans les classes, mais au problème justement quantitatif du budget accordé à la formation des enseignant-e-s doublé du problème de la piètre qualité des formations dispensées ! Votre expérience personnelle de prof ne remet pas en cause celles de milliers d’autres profs qui demandent cette baisse d’effectifs suite à leur réflexion pédagogique et non pour en faire moins en restant tranquillement derrière leur bureau … Mais justement pour en faire plein, comme à leur habitude, mais encore mieux, enfin mieux … Pour leurs élèves, pour les enfants, pas pour leur confort personnel ! Je suis bien désolée pour vous que vous ayez vécu votre classe de 16-17 ans comme « ingérable » et que vous n’ayez trouvé comme solution (miracle ?) que d’y rajouter six ou sept élèves de niveau moyen pour contrebalancer l’influence « néfaste » (drôles de mots pour un pédagogue) de quelques-uns en refus scolaire … Peut-être avez vous des difficultés à travailler avec la motivation et la coopération :-). Mais l’interprétation que vous faites de votre expérience personnelle n’est ni « convainquante » ni convaincante:-)

    Comme vous le dites, il ne suffit pas de mettre les élèves en petits groupes, mais c’est très souvent nécessaire même si c’est insuffisant …

    Dès lors, et bien, si, passer de 26 à 24 a une incidence, même s’il serait mieux de passer à 20. Quand on travaille par ateliers ou autour de projets en mettant les élèves en recherche et en groupes, concrètement, à 26 on se retrouve souvent avec des groupes de 7 enfants, à 20 avec des groupes de 5 enfants. Et un groupe de 5 en recherche et en coopération, ça ne travaille pas comme un groupe de 7 … Parfois on a besoin de fonctionner en groupes de 7 mais parfois aussi en groupes de 5 … De surcroît, à l’école primaire et, en particulier à la maternelle, il ne s’agirait pas de passer de 26 à 24 mais plutôt de 32 à 24 ! Et là ça a une grosse incidence qualitative pour l’organisation pédagogique même si ça a aussi une incidence quantitative pour le budget de l’éducation nationale ! Mais qui est dans le quantitatif ici en oubliant le qualitatif ? Les enseignant-e-s ou l’état ?

    Ce ne sont pas avant tout les enseignant-e-s qui font des cours traditionnel qui demandent moins d’élèves comme vous le laissez entendre (puisqu’en effet, ça ne leur change pas grand chose de passer de 30 à 20), ce sont avant tout les autres, ceux qui cherchent, qui essaient, qui font travailler en groupes et en coopération, qui s’usent à essayer de développer des pédagogies actives avec trop d’élèves et qui se désolent de savoir que ça marcherait tellement mieux et que ce serait tellement plus juste pour les élèves en difficultés si on avait des classes moins chargées … Il y a sans doute de mauvais profs (parce que c’est bien ce que vous laissez entendre), de mauvaises méthodes, comme dans toutes les professions, mais, ce n’est pas une raison pour réduire une demande écrasante de la profession sans s’interroger sur la source de cette unanimité … La demande ne vient pas que de ceux/celles que vous considérez comme mauvais-e-s, ou mal formé-e-s comme vous dites mais de tous et toutes, même les supers profs (parce qu’il y en a) ! Et cela parce qu’elle est légitime et justifiée.

    Enfin, sur le sujet toujours sensible (pour qui ?) des rémunérations des enseignants, que vous faites l’erreur de mélanger avec le premier sujet des effectifs par classe dans ce billet, vous dites qu’on n’a pas démontré de manière convaincante un rapport entre paiement des enseignants et réussite des élèves. Et alors ??? Que voulez-vous dire ? Quel rapport ? On ne devrait être mieux payés qu’en fonction de nos résultats ? (Comme ça se fait dans certains pays) Peut-être qu’on devrait nous fixer des primes d’objectifs, non ? Ce serait sympa, et baisser les salaires à la fin du mois des profs dont les élèves obtiennent de mauvais résultats dans les évaluations nationales, comme ça au moins, elles serviraient à quelque chose … Vous êtes ou d’une extrême maladresse ou complètement et définitivement à droite et dans l’école entreprise … J’hésite … :-)

    S’il n’y a pas de recherche démontrant un rapport salaire/ réussite des élèves (et pour cause, c’est inintéressant au possible), en revanche il y a bien des recherches sur la motivation, le rapport entre valorisation et reconnaissance et efficacité du travail. C’est un des ba-ba de la pédagogie … Comme le dit celui qui vous a répondu, des études aussi sur la corrélation Rémunération / Qualité du travail chez les salariés. Or lorsque notre salaire ne fait que baisser par rapport à notre pouvoir d’achat, on est loin de recevoir de la reconnaissance et d’être valorisés … Je ne parle même plus de motivation. On la trouvera ailleurs, sans doute, peut-être, oui, mais moins quand on a le sentiment de ne pouvoir bien faire ou carrément de mal faire avec les enfants, d’en laisser trop de côté, de les abandonner parce qu’on en a trop par classe encore et toujours … Entre autres choses bien sûr …

    Nous ne savons rien de la façon dont les retraité-e-s de l’éducation nationale bien mieux payé-e-s que nous le sommes utilisent leur argent certes, mais ce que je peux vous dire, c’est que moi, mon petit salaire, je ne l’utilise qu’à faire vivre ma famille et que je n’ai pas d’autres choix pour son utilisation, pas le moindre Kopeck qui me reste à distribuer comme bon me semble à qui je veux ou pas, parce qu’il ne m’en reste pas à la fin du mois … C’est un joli luxe de pouvoir être généreux que nous n’avons même plus. Alors, oui, c’est un peu gênant que ceux/celles qui gagnent ce que nous ne gagnerons plus jamais (même s’ils/elles ont le luxe de le redistribuer ici ou là) nous disent ce que nous pouvons ou non réclamer et revendiquer … C’est surtout méprisant, tout ça. Et le discours sur notre égoïsme capricieux de revendicateurs inconscients des réelles priorités, les républicains nous le tiennent déjà suffisamment … Vous avez peut-être été maladroit M. Zakhartchouk, mais vous avez été hautain et moralisateur, et on cherche désespérément dans vos propos une petite solution pédagogique intéressante et constructive qui aurait pu les motiver. Mais je n’en ai pas trouvée dans votre écrit excepté quelques évidences que vous n’avez pas inventées … Dès lors votre billet n’en est qu’un de plus parmi tous ceux qui continuellement rabaissent et méprisent les enseignant-e-s et nous dévalorisent encore et encore au lieu d’essayer de réfléchir bien et ensemble, avec les acteurs et actrices de terrain que nous sommes, pour les enfants et l’école …

  3. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    ok pour « convaincante » que je viens de corriger. La confusion avec le participe présent. Une subtilité inutile de l’orthographe française!

  4. Redart

    à voir ici : http://blog.prof.free.fr/?page_id=33
    (« On n’a pas démontré de manière convainquante » : une faute, non ?)
    ———————————————————-

    De l’évolution du salaire des enseignants
    (…) J’ai comparé l’évolution du salaire des enseignants avec celui du SMIC depuis 1976 (ayant réussi à obtenir les sources pour !), le SMIC étant le reflet de l’évolution du coût de la vie.

    Au premier octobre 1976, le SMIC était de 1518,37 Fr , tandis qu’un enseignant gagnait :
    – 2967,73 Fr en débutant, certifié, soit 1,95 fois le SMIC.
    – 5876,43 Fr en fin de carrière, certifié, soit 3,87 fois le SMIC.
    (Source : Traitements fonctionnaires 1970-1976)
    […]
    En 2012, le SMIC est de 1118,44 €, tandis qu’un enseignant gagne :
    – 1584 € en début de carrière, certifié, soit 1,4 fois le SMIC.
    – 2543 € en fin de carrière, au 11e echelon, soit 2,27 fois le SMIC.
    – 3026 € en fin de carrière, certifié hors classe, soit 2,7 fois le SMIC.
    (Source : http://www.education.gouv.fr/cid1058/professeur-certifie.html)
    […]
    Les chiffres parlent d’eux même. Pour revenir au même niveau de rémunération qu’en 1976 par rapport au SMIC, il faudrait donc que les salaires soient de :
    – 1118,44 * 1.95 = 2181 € pour un certifié en début de carrière.
    – 1118,44 * 3.87 = 4328,4 € pour un certifié en fin de carrière, au dernier échelon de hors classe.
    ——————————————-

  5. Jean-Michel Zakhartchouk (Auteur de l'article)

    vous pouvez argumenter tant que vous voulez et je peux entendre les arguments, mais ce serait mieux que vous évitiez les attaques personnelles. Vous ne savez pas si je reverse ou non des sommes à telle ou telle cause et vous n’avez aucune idée de la façon dont j’utilise mon argent. ALors, restons-en au débat d’idées , ce serait mieux. Vous lisez de travers ce que j’ai écrit, je n’ai pas dit que les profs étaient assez payés, j’ai dit qu’il fallait voir ça dans un contexte global où il ne suffit pas de dire « de l’argent, il y en a » (par ailleurs, je soutiens y compris financièrement les actions d’Oxfam). Je reprendrai la discussion plus tard

  6. RdGrG

    3 – On reparle du niveau de rémunération des enseignants jusqu’en 1986 ? Le rapport au SMIC … si, si, il est simple de faire des recherches sur le sujet. JMZ, vu son âge, appartient à cette génération de profs qui ont perçu d’assez bons salaires. Alors quoi ? Après vous le déluge ? Les enseignants plus jeunes ne méritent pas votre niveau de rémunération ?
    Ajoutons aussi que tous les profs ne vivent pas avec des profs … si vous voyez où je veux en venir.
    Vous pensez vraiment que 22260€ par an est une bonne rémunération ???
    4 – Parlons donc des heures RÉELLES ! Il y a un lien avec le salaire normalement, non ? Cette année mes semaines les plus légères sont de 50h [sauf la deuxième semaine des vacances d’automne [30h travaillées] et la deuxième semaine des vacances de Noël [15h travaillées] … oui, je note tout!]. Avec le salaire qui est le mien il me faut aller chercher très loin pour garder la motivation et l’exigence.
    Parce que tout de même, les enseignants sont des salariés ; pas des moines-soldats !
    Tout travail mérite salaire : un salaire digne !

    Je suis CERTAIN qu’aujourd’hui à la retraite JMZ perçoit une rémunération supérieur à la mienne … S’il était un brin cohérent : Pourquoi ne propose-t-il pas d’en reverser une partie ?

  7. RdGrG

    Alors là … chapeau l’artiste !
    Encore un verre et JMZ nous ressortait que les profs sont trop payés.
    Quel scandale !
    1 – De l’argent il y en a [Rapport oxfam ce jour par exemple; ou liste et croissance des fortunes de France ….]. Plaider le manque de moyens est une fumisterie d’une malhonnêteté surprenante pour quelqu’un qui pourfend le manque de sérieux et d’honnêteté de ses détracteurs. Le propos de JMZ est une prise de position POLITIQUE ; il faut donc l’assumer comme telle … si on est honnête.
    2 – Être mieux payé, avoir des perspectives d’avancement … OUI c’est motivant; et un prof motivé c’est TOUJOURS mieux . [Il me semble bien aussi que la sociologie a fournit de nombreuses études sur la corrélation Rémunération / Qualité du travail chez les salariés].
    3 – On reparle du nivea

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