French Touch de l’éducation : découvrez les innovateurs de l’éducation

Comme le disait Mathieu Cisel dans un récent billet, un véritable écosystème se crée actuellement en France dans le monde de l’innovation pédagogique de l’e-learning. MOOCs, tutoriels, e-learning, peer-to-peer, égalité des chances, employabilité, social learning, crowdfunding : des acteurs de tous les univers se positionnent sur ces nouvelles pratiques pédagogiques et innovations sociales pour créer une véritable French Touch de l’éducation. Ces initiatives, qu’elles soient entrepreneuriales, associatives ou universitaires,  méritent d’être valorisées et médiatisées dans la mesure ou elles sont porteuses d’innovations sociales, de ruptures.


 
Or, trop souvent en France, les acteurs d’un même écosystème se connaissent mal et imaginer les synergies éventuelles, les collaborations à envisager, n’est pas forcément une démarche spontanée. C’est donc pour favoriser les échanges que Laura Maclet et moi-même avons organisé la conférence French Touch de l’éducation, avec le soutien de l’ESME-Sudria, une école du groupe Ionis et d’Emmanuel Davidenkoff, qui a animé la table-ronde finale. Le second objectif de la conférence était de comprendre de l’intérieur, de creuser, sur ces thèmes somme toute très nouveaux et de dépasser le simple buzz autour des Moocs.
Voici donc un rapide retour sur les différentes interventions.

 

La conférence a été dessinée en live par Hélène Pouille et vous pouvez également retrouver les gazouillis de la twittosphère ici, :

 

photofrenchtoucheducation

 

15h10 : Romain Paillard, co-fondateur du Wagon nous explique comment il a développé l’un des premiers bootcamps français pour rendre accessible à tous l’apprentissage de la programmation informatique. Les bootcamps sont des formations à la programmation courtes et intensives, qui ont pour objectif de donner aux participants des outils et méthodes de travail concrètes, de leur permettre de créer leur entreprise ou de trouver un emploi. Pour Romain, le présentiel, l’échange, le tutorat sont des éléments essentiels de la pédagogie du Wagon qui forme sa première promotion de développeurs à partir de 2014.

 

15h40 : nous faisons une première incursion dans le monde des MOOC avec l’intervention d’Alexandre Dana, co-fondateur d’Hello Mentor, une plateforme de cours particuliers à distance. Pour Alexandre,  qui a créé son entreprise encore étudiant, les attentes des étudiants ont énormément évolué : passer 5 ans à suivre un cursus ne correspond plus au besoin de savoir pluridisciplinaire, au besoin de partages d’expériences et de parcours personnels différentiés. Par ailleurs, l’opposition entre online et présentiel n’a pas de sens : ce qui compte, c’est avant tout la capacité à créer une pédagogie différentiée, personnalisée, à accompagner dans la durée, quel que soit le format. Il fait également référence au récent changement de modèle d’Udacity et  l’évolution de sa pédagogie et de son modèle économique.

 

16h : Jean-Mark Nourel, fondateur d’Eduklab nous présente sa plateforme de crowdfunding (financement participatif) dédié à l’éducation. Pour lui, aider des étudiants à financer leurs études est un acte citoyen, une implication de chacun dans la réussite des autres et permet de garantir la mobilité sociale. Sa plateforme tout juste lancée a déjà récolté les premiers fonds, noué des partenariats avec des grandes écoles et financé quelques projets étudiants. Pour mieux comprendre les enjeux du crowdfunding dans l’éducation, cliquez ici.

 

photo studieuse french touch éducation

 

16h20 : Yannick Petit, co-fondateur d’Unow, la première «  MOOC Agency » française revient sur l’un des tous premiers MOOC, le MOOC Effectuation créé par Philippe Silberzahn de l’EM Lyon. Pour Yannick, le phénomène des MOOC, encore récent, reste à explorer et analyser en détail. En proposant un premier retour d’expériences sur ce MOOC, Yannick Petit a permis d’y voir plus clair et de comprendre la mécanique interne d’un MOOC. Il a par exemple souligné la nécessité pour la recherche de vite s’emparer du sujet pour donner de la matière aux analyses.  Il a aussi donné quelques chiffres concrets : Le MOOC Effectuation a reçu 10 000 inscriptions et 2500 personnes ont validé le cours, ce qui assez exceptionnel pour un MOOC ou les taux d’abandon sont généralement élevés. Fait intéressant, après la France, les pays d’Afrique francophone sont surreprésentés.

Retrouvez l’intégralité de la présentation ici

16h50 : Clément Lhommeau, qui travaille chez 360 Learning, auteur d’un mémoire remarqué sur les MOOC, nous présente un historique et sa vision des MOOC, comme un format pédagogique en ligne, qui grâce au buzz qu’il suscite actuellement a réussi à rajeunir et susciter plus d’intérêt que jamais sur le monde de l’e-learning. Pour Clément, les MOOC sont un format parmi d’autres ; ils ne correspondent pas forcément à tous les objectifs pédagogiques, ont leurs limites mais ont le mérite de faire comprendre au grand public que les choses bougent, que l’innovation est réelle.

Retrouvez sa présentation ici :

 

image mooc french touch education

 

17h15 : Nicolas Hernandez, CEO de 360 Learning, une start-up qui a le vent en poupe puisqu’elle propose un LMS accessible en ligne, facile à prendre en main et ergonomique, nous propose une intéressante analogie entre marketing et pédagogie : lorsqu’un site Web s’aperçoit que le taux de perte entre deux pages est extrêmement élevé, il comprend que l’information proposée n’est pas claire, qu’il faut reformuler, retravailler. Cette remise en question permanente est l’un des fondements du Web (connu sous le nom d’A/B testing).

De même, dans la pédagogie, une question à laquelle les étudiants répondent mal alors que tout le reste du cours semble avoir été acquis montre que le cours a été mal expliqué et que la notion n’a pas été appropriée comme il se doit. L’e-learning doit donc, à la manière du webmarketing, mettre en places des techniques de test permanent, d’itération, pour élever le niveau. Pour Nicolas Hernandez, les formations e-learning, contrairement aux Moocs, ne peuvent pas se permettre d’avoir 10%, 20% ou 30% de taux de complétion. 100% est le seul taux acceptable. Cette exigence pédagogique est donc propre aux formations intra-entreprise à distance, qui doivent former et valider les compétences, et non pas se contenter de mettre à disposition de tous le contenu pédagogique sur Internet.

 

Nous avons ensuite entamé une table-ronde finale clôturant la conférence. L’objectif de cette table-ronde était de revenir sur les différentes innovations présentées au cours de l’après-midi et d’anticiper les évolutions. Emmanuel Davidenkoff, Directeur de la rédaction de l’Etudiant nous a fait l’honneur d’animer les échanges, en compagnie de Mathieu Nebra, fondateur d’OpenClassrooms, Stéphane Canonne (Cegos), Marc Drillech (Ionis Group) et Nicolas Hernandez (360 Learning).

 

Les joutes oratoires ont permis d’analyser un peu plus en détail le modèle des MOOC et l’évolution des attentes des étudiants.  Pour Marc Drillech, DG du groupe Ionis, l’étudiant contemporain n’échappe pas à la culture du zapping : l’accessibilité immédiate du savoir lui donne l’illusion qu’avoir accès au savoir équivaut à son appropriation. Trouver une réponse immédiate ne dispense de l’effort d’apprentissage, d’intériorisation et tire l’éducation vers le bas. La culture Wikipédia ne peut pas se substituer à l’apprentissage plus érudit, un point validé par les acteurs de la formation professionnelle qui restent sceptiques sur les Mooc et Foad.

L’éducation comme moyen de rendre les gens meilleurs, de leur permettre de se réaliser en tant qu’êtres humains, quels que soit le format doit rester la mission principale des acteurs de l’éducation, plutôt que de sombrer dans des guerres d’école. Pour Mathieu Nebra, le numérique reste un formidable facilitateur d’égalité des chances dans la mesure ou il compense l’inégalité des infrastructures pédagogiques et le sous-développement.

Les vidéos des interventions seront prochainement en ligne !

Be Sociable, Share!

Leave a Comment

Filed under Non classé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *