Edtech, la Silicon Valley et le reste du monde, Episode 1 : La pédagogie, who cares ? Le monde de la tech contre le monde de la pédagogie

Passer une semaine à San Francisco, rencontrer les principaux acteurs edtech et universitaires, revenir à Paris, reprendre le travail, procure une étrange sensation : celle d’avoir appuyé sans s’en rendre compte sur le bouton “avance rapide” de sa télécommande. Premier épisode de ma série « Edtech, la Silicon Valley et le reste du monde: Episode 1 – La pédagogie, who cares ?

Capture d’écran 2016-11-16 à 20.05.32Cela fait un moment que traine dans mes brouillons un article, à prendre évidemment sur le ton de l’ironie, sur le thème : a-t-on vraiment besoin d’innovation pédagogique ? Les différents projets que nous menons chez LearnAssembly nous amènent à la conclusion que la pédagogie n’est pas forcément la priorité chez les acteurs de la formation, digitale ou pas. Idée renforcée par les visites de startups américaines en forte croissance dans la formation : la pédagogie, c’est le cadet de leur souci.

Les bootcamps, ces formations massivement présentielles, d’une durée de 6 semaines à 3 mois, hyper opérationnelles, connaissent un succès croissant aux US et en France. Leur succès s’explique par la promesse d’un emploi bien rémunéré. Les fondateurs de Galvanize ou de General Assembly commencent leurs discours en énumérant le pourcentage de leurs stagiaires qui a trouvé un travail à la sortie de la formation : le succès s’explique avant tout par le ROI de ce type de formation. Qui peut aujourd’hui promettre que trois mois après une formation même pas certifiante, vous trouverez un job cinq fois mieux rémunéré qu’avant, en moins de trois mois ?

Du côté des plateformes de Moocs, même constat : le design pédagogique des Moocs universitaires reste souvent une reproduction numérique d’un cours d’amphi. La valeur perçue du Mooc réside dans sa gratuité et dans le social learning, bien plus que dans l’innovation pédagogique pure.

D’ailleurs, s’il y avait une innovation pédagogique à retenir, c’est bien celle-ci: l’échange entre pairs, le travail collaboratif, sont des vecteurs d’apprentissage puissants, pour des élèves motivés. Dans les bootcamps en présentiel comme dans les Moocs, le social learning, le 70 du modèle 70-20-10 révèle pleinement son potentiel.

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