PISA 2003 : la critique du thermomètre

Il faut attendre la publication de la deuxième enquête en 2003 pour avoir alors quelques réactions publiques. La réaction majoritaire en France, dans les milieux de l’éducation est principalement la critique du thermomètre : si la température est basse, c’est parce que… Et notamment, les épreuves de l’enquête sont pour beaucoup des QCM ! Comment des QCM pourraient mesurer le génie de notre enseignement ? Et de plus il s’agit de mesurer des compétences alors que notre enseignement, c’est bien connu, permet d’acquérir des savoirs !

C’est en général ce que j’entends lors de quelques évocations des résultats de PISA que je fais dans des formations d’enseignants. Lors de ces formations, je constate que très peu d’enseignants en ont entendu parler. Par contre, la plupart des chefs d’établissement connaissent l’enquête, mais ils n’en parlent pas encore à leur équipe. A l’ESEN (Ecole supérieure de l’éducation nationale) le thème est largement introduit dans la formation des nouveaux chefs d’établissement. La réflexion sur PISA se fait dans la hiérarchie et s’arrête au monde enseignant. Elle porte essentiellement sur deux points : les mauvaises performances globales de notre système, et le problème du redoublement.

La question de la structuration du système commence à apparaître. C’est au cours de formation de nouveaux professeurs principaux que j’utilise pour la première fois le tableau de Francine Vaniscotte (les systèmes éducatifs en Europe, Futuribles n° 267-septembre 2001, pp. 53-62). Et le modèle nordique commence à pointer comme étant le plus efficace.

Cette structure sera confirmée et expliquée différemment par Nathalie Mons dans un petit article : sur l’organisation des systèmes scolaires, Sciences Humaines, octobre 2006. Elle développera ce travail notamment dans son livre « Les nouvelles politiques éducatives. La France a-t-elle fait les bons choix ? » PUF, 2007, 202 p.

Parmi la liste des biais de l’enquête qui sert de système de défense, il y en a un qui enfin apparaît. On remarque que les élèves français s’abstiennent de répondre quand ils ne comprennent pas la question ou qu’ils ne sont pas sûrs de tenir la réponse. Il y a là une piste de réflexion sur le rôle de la faute et de l’erreur dans la pédagogie française. Mais il faudra attendre longtemps pour que ce thème devienne un tant soit peu public, avec notamment le livre de Peter Gumbel « On achève bien les écoliers », Grasset, 2010. Ce thème, je l’utilise dans les formations de formateurs « évaluation » que j’anime dans l’académie de Versailles avec Corinne Demarcy à partir de 2004-2005i. J’y introduit également l’idée qu’il y a un changement dans la forme du pilotage du système éducatif (la LOLF se prépare) qui aura des répercutions sur le pilotage de l’établissement lui-même, et le cadrage des pratiques d’évaluation des élèves.

Lire aussi dans ce blog :

PISA 2009 : toujours moyen pour la France

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PISA 2000 : une enquête encore inconnue des établissements français

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This entry was posted on lundi, décembre 6th, 2010 at 17:16 and is filed under évaluation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

2 Responses to “PISA 2003 : la critique du thermomètre”

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