L’orientation à la main des parents, une si bonne idée ?

George Pau-Langevin, ministre déléguée à la réussite éducative vient de donner quelques informations au sujet de l’expérimentation concernant l’orientation en fin de troisième. Principe simple, on laisse en l’état la procédure d’orientation, mais dans quelques collèges (117 tout de même) à la fin de la troisième, après la proposition d’orientation du conseil de classe du troisième trimestre, il y aura un dialogue avec la famille en cas de désaccord, puis la famille décidera. Excit la commission d’appel.

Est-ce une bonne idée ?

J’ai déjà abordé ce thème deux posts :

Expérimentation des procédures d’orientation en troisième

Orientation : le retour de l’expérimentation

 

Je poursuis donc la discussion.

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Quelques réactions sur la toile

Lionel Jeanjeau a  proposé un petit récapitulatif de ce qui a été écrit, ici et ailleurs dans un article de son blog Orientation choisie : où en est-on ?  Il n’est pas inutile de lire ou relire les références qui y sont cité citées.

Et suite à la communication du ministère signalée ci-dessus, à part les articles de journaux signalant l’information, il y a eu quelques réactions plus argumentées.

Emmanuel Davidenkoff  en avait fait la matière de sa chronique sur France Info du 18 novembre : Orientation au lycée : faut-il donner « le dernier mot » aux familles ? Il identifiait un risque paradoxal. En donnant la main aux parents, au lieu d’avoir une « revalorisation de l’enseignement professionnel », on risquait d’avoir en fait plus d’élèves s’orientant vers l’enseignement général. Aussi il concluait sa chronique ainsi :  « Il faut donc imaginer que le but réel du travail qui sera organisé pendant l’année de troisième avec les élèves et les familles va consister à en convaincre certains d’aller vers la voie professionnelle, afin qu’elle devienne une orientation positive et non pas liée à une « autosélection« . Mais pour cela il faudra un profond changement de mentalité dans certains collèges, et notamment qu’on arrête, à résultat équivalent, de conseiller la voie générale aux enfants de cadres et d’enseignants et la voie professionnelle aux autres. »

 Le 19 novembre, Nathalie Anton et Emmanuel Davidenkoff  ont été interviewés sur Atlantico  Orientation : profs ou parents, qui est le mieux placé pour en décider ? A la question « cette expérimentation n’apparaît-elle pas comme un désaveu contre le système éducatif ? », Emmanuel Davidenkoff conclu ainsi : « Un désaveu, non. Une invitation à tisser un dialogue plus confiant avec les familles, oui. Une fois encore, l’éducation et l’orientation sont des tâches complexes dont personne ne détient les clés à lui seul. Tout confier à la seule institution scolaire n’est pas une solution. Tout déléguer aux parents serait un aveu d’impuissance, et un refus, de la part de l’institution, d’assumer ses responsabilités. »

Anthony Lozac’h sur le site du SE UNSA a proposé un long article « Faut-il revoir l’orientation des élèves en fin de Troisième en laissant le dernier mot aux familles ? ». L’auteur commence par rapporter et commenter l’étude de la DEPP Orientation en fin de troisième : une procédure marquée par de fortes disparités scolaires et sociales..

Je reprends quelques éléments de sa conclusion :

« Pour autant, laisser le dernier mot aux parents ne garantit pas fondamentalement une orientation choisie. Des garanties sont nécessaires : mobilisation des équipes pédagogiques tout au long du collège, et pas seulement en troisième, instauration d’un dialogue de qualité avec les familles, d’une culture de la co-éducation, autant d’éléments qui ne se décrètent pas.

Trois points de vigilance ont été soulignés et avancés par le SE-Unsa :

  • Au lycée, les élèves ne doivent pas être identifiés comme ceux y étant arrivés par l’orientation choisie. L’effet Pygmalion risquerait de leur nuire alors.
  • La place des Co-Psy (conseillers d’orientation psychologues), reconnue pleinement dans l’expérimentation, doit être indépendante du conseil de classe et du chef d’établissement. Leur présence doit être assurée, ce qui pose une question de moyens.
  • Une approche qualitative passe par des temps identifiés et attribués au parcours d’orientation, passe aussi par de la formation pour les équipes éducatives. Cette exigence vaut pour tous les collèges en réalité, mais les collèges retenus doivent être priorisés. »

A propos de la place des CoPsy, ou COP, sur le site du SGEN-CFDT on trouve l’exposé d’une discussion rapporté par Christian Lorent, qui a eu lieu à propos d’un amendement que le syndicat avait proposé et qui fut accepté. Heureusement. Il était question au départ de placer le COP dans la rencontre avec les parents après le conseil de classe du troisième trimestre. Le chef d’établissement devait expliquer aux parents, avec lui les propositions du conseil de classe, laissant sous-entendre que le COP avait participé à l’élaboration de cette proposition. L’amendement du SGEN-CFDT a été accepté : le COP reçoit les parents, à leur demande, après cette rencontre. Il est ainsi en position de conseil et non d’explication.

 

Une réelle remise en cause des procédures d’orientation ?

Mais toutes ces discussions montrent bien le poids, la pression de la procédure sur les parents jusqu’à la fin de l’année. Ils décident, oui, mais après tout ce parcours et ce dispositif de persuasion qui est maintenu tout au cours du collège. S’ils ont le droit de choisir, dans le cadre de cette expérimentation, ils doivent bien choisir !

Donner la main aux parents, ce n’est annuler la procédure d’orientation et tout le jeu de pouvoir qui s’y joue. Tout reste intact, tout au long du collège jusqu’aux dernières heures de la classe de troisième. Ce n’est qu’après toutes les tentatives de persuasion des parents, qu’avec la défaite institutionnelle on déposera les armes face à la résistance, et les parents décideront. Sacrée victoire pour eux, et durement obtenue !

Et ils seront bien seuls à assumer cette victoire contre tous. Avec l’absence d’un troisième lieu (la commission d’appel qui tranche entre les deux partis) le jeu d’opposition sera renforcé et les parents seront encore plus les responsables de la bien entendue mauvaise décision. La rencontre avec le COP avant cette décision n’a rien à voir avec une commission d’appel qui prend l’ultime décision, qui extériorise la résolution du conflit en dehors de l’établissement et de la famille.

Dans la procédure d’orientation, on parle de dialogue, comme si les deux « parties » étaient à égalité et avaient pour objectif de s’entendre, mais le vécu réel n’est pas celui-ci. Les désaccords sont violents, ce sont des désaveux. On y perd la face comme dirait F. Dubet.

J’ai donc beaucoup de doutes sur l’intérêt de cette expérimentation et les conditions dans lesquelles elle est faite. La fonction de sélection et de distinction des élèves reste bien attribuée au collège, aux équipes enseignantes et au chef d’établissement pour la quasi-totalité des cas. C’est à la marge et pour quelques élèves, que les parents de ceux-ci seront reconnus comme décideur de l’orientation de leur enfant.

Peut-on considérer qu’il y a là un réel changement dans la conception des procédures d’orientation et la fonction sélective du collège alors que depuis 2005 il doit faire acquérir par tous le socle commun ?

Bernard Desclaux

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This entry was posted on vendredi, novembre 22nd, 2013 at 17:40 and is filed under Orientation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

7 Responses to “L’orientation à la main des parents, une si bonne idée ?”

  1. jm quairel Says:

    Il me semble entendre : » Ces raisins sont trop verts ! » … Je ne comprend pas ces réticences ….. Il est tout simplement question de faire respecter une « égalité des droits » des jeunes et des familles , dans un processus qui manque totalement d’objectivité et qui est largement déterminé par l’appartenance sociale . La commission d’appel est une caricature de médiation , totalement aléatoire , en fonction de sa composition et de la politique suivi par les chefs d’établissements qui peuvent l’utiliser largement ou l’éviter systématiquement , dans une même ville ! Effectivement la responsabilité des enseignants , des COP , des chefs d’établissements sera importante , mais pourquoi anticiper déjà des tentatives de pressions intolérables pour persuader , au lieu de conseiller tout simplement ? En remettant chacun dans ses responsabilités et dans ses fonctions , ne peut on espérer un assainissement des relations et du climat éducatif ? En laissant ouvert le champ des orientations possibles , on ne présuppose pas de hiérarchie des formations et c’est le meilleur moyen de revaloriser la voie professionnelle . Penser le contraire , c’est n’avoir aucune confiance en l’intelligence et au bon sens des gens , à partir du moment où on les informe et conseille, sans à priori et sans forcing , avec respect tout simplement . Alors , certes , cette mesure n’est qu’un détail ….Je suis de ceux qui pense , à condition que tous les acteurs jouent le jeux , qu’elle pourrait bien changer la donne et les attitudes vis à vis de l’orientation . Si ce n’était pas le cas , ça voudrait dire , au delà des déclarations d’intentions sur la nécessaire amélioration de la démocratisation de l’enseignement , que personne n’est réellement prêt à l’accepter . Si on en est à un tel niveau de résistances , il ne faut rien attendre de la refondation de l’école : Ni dans la formations des maitres , ni sur les modes de transmissions et d’évaluations des savoirs , ni sur une nouvelle conception du métier d’enseignant , ni sur une nouvelle place reconnue aux parents … Bref , sur tout ce qui devrait effectivement changer pour qu’un choix de formation puisse se faire sans que personne « y perde la face » ….Cette malheureuse réalité , qui signe un comportement infantile de l’ensemble des acteurs du SE , est un mal Français terrible , qui nous distingue de la plus part des pays développés . Je m’étonne donc , qu’au moment où des éléments systémiques bougent , un rétropédalage spectaculaire s’exprime sur ce Blog . Sincèrement , quelles autres mesures , qui ne renvoient pas à une révolution totale du système , illusoire à mes yeux avant longtemps , peuvent introduire le changement de paradigme que nous appelons de nos vœux ? Je suis curieux de l’apprendre…..En attendant et avec le recul de la retraite , je ne suis pas loin de penser que l’éducation nationale est un gigantesque « jeux de dupes » ou un « théâtre d’ombres », affligeant , qui pourrait bien se fracasser sur les attentes de ses usagers , symbolisées par les moments d’Orientation :  » Orienter les élèves ou les aider à s’orienter ? » On ne pourra pas se payer encore longtemps le luxe de cette interrogation , fausse au demeurant , si l’on hésite tant à choisir , entre la volonté d’un dirigisme institutionnel et le risque d’une émancipation citoyenne .

  2. bernard-desclaux Says:

    Merci Jean-Marie de ce long commentaire polémique.
    Il me donnera l’occasion de tenter une poursuite de discussion dans un prochain post.
    Bernard Desclaux

  3. ACJAPM Says:

    Une très mauvaise idée, qui ne remet surtout pas en cause le conservatisme ordinaire !

    Derrière le projet qui se veut « progressiste », se poursuit en acte, sans le moindre esprit critique, l’application la plus conservatrice du droit romain : la « famille » décide juridiquement, pas l’élève, au prétexte qu’il est « mineur ». Un truc que les bobos « progressistes » bon teint sont incapables de déconstruire.

    A quand la capacité juridique pour les lycéens (et non plus les parents) en matière d’orientation scolaire, comme cela se fait dans d’autres pays européens ?

  4. MAGLIULO Says:

    Et si on essayait quand même ?

    J’entend bien les cris de la communauté enseignante qui constate qu’une fois encore, on la dépossède de pans entiers de son pouvoir de décision en matière d’orientation. Pour passer dans de nombreux lycées et y faire des journées de formation continue sur le thème de « la prise en charge de la démarche orientation par les personnels enseignants et d’éducation », je peux témoigner du fait que chez un grand nombre de ces personnels, les nerfs sont à vifs devant cette perspective.

    Pourtant, si on veut bien s’efforcer de raisonner de façon point trop épidermique, cette idée de déléguer aux familles le soin de décider de l’orientation de leurs enfants s’inscrit dans une logique portée par une forte évolution de la politique ministérielle en matière d’orientation, et ce depuis plusieurs années. En d’autres termes, le coup n’arrive pas sournoisement, en catimini : il est inscrit de longue date dans un processus évolutif que je crois devoir signaler.

    Rappelons d’abord que, depuis fort longtemps, il n’appartient plus aux membres des conseils de classe (dans lesquels les professeurs sont majoritaires) de prendre les décisions d’orientation. L’article 33 du décret constitutif des conseils de classe (N° 85-924, en date du 30 août 1985) stipule que « le conseil de clase émet des propositions d’orientation ou de redoublement ». Il est bien dit « propositions » et non « décisions ». Ces propositions sont portées vers le chef d’établissement qui doit à son tour les présenter aux familles, et si ces dernières sont en désaccord avec la proposition ainsi faite, elles disposent d’un droit de recours auprès d’une une commission d’appel. Il y a donc belle lurette que les professeurs n’ont plus entre leurs mains un pouvoir absolu en matière d’orientation.

    Mais surtout, force est de constater que, depuis quelques années, le « modèle d’orientation » a fortement évolué dans le système éducatif secondaire français. Nombre de textes réglementaires, recommandations … visent à ce que l’on mette plus nettement l’ accent sur les vœux d’orientation des familles. A cet égard, citons la circulaire N° 98-119 du 2 juin 1998, qui évoque la question des échanges d’informations avec les élèves et leurs familles avant les réunions des conseils de classe, précise que ces échanges « conditionnent fortement la manière dont les élèves (et leurs parents) prendront une part active à leurs choix d’orientation ». Et ajoute que « tout doit être fait pour que l’élève (et sa famille) soit(soient) acteur(s) de son évaluation et de son orientation ».

    En d’autres termes, le ministère fait le pari de la responsabilisation des diverses parties prenantes en matière d’orientation. Si on améliore le « dialogue » en matière d’orientation, si on offre aux élèves et à leurs parents la possibilité d’échanger plus fréquemment en amont du conseil de classe, si on leur explicite à l’avance, avec des arguments de progrès et non uniquement des arguments sanction, les raisons pour lesquelles il serait bon que les familles expriment des vœux conformes au bilan scolaire et personnel qui peut être fait de l’élève… alors, les « usagers », les familles, seront progressivement amenées à trouver en matière d’orientation un équilibre acceptable entre leurs rêves et les réalités.

    De ce point de vue, on peut considérer que le ministère fait le pari que grâce à ce « dialogue », les familles seront plus à même que dans le passé de faire des projets d’orientation scolaire réalistes, tenant compte des potentialités de leurs enfants. Là se situe sans doute la ligne de partage actuelle entre ceux qui croient que cela est possible, et ceux qui n’y croient pas ! Le ministère est clairement entré dans la première de ces deux logiques, les professeurs sont encore majoritairement portés par l’autre logique. Entre eux, le hiatus est donc important, et il me semble qu’il est temps que là aussi s’installe un vrai « dialogue en matière d’orientation ».

    Le but est manifestement que le conseil de classe cesse de fonctionner comme une sorte de machine à trier (le « bon » élève du « mauvais »), donc à sélectionner. Puisqu’il est désormais clairement inscrit, et de façon me semble-t-il irréversible, que dans un plus ou moins proche avenir, « près de 100% d’une tranche d’âge devra pouvoir se doter d’un diplôme de niveau bac ou équivalent », alors le conseil de classe ne peut plus fonctionner comme une machiner à trier. Il lui revient désormais (et lui reviendra de plus en plus) moins d’éliminer que de répartir, de trouver pour chaque élève la case qui lui convient.

    Dès lors, le délicat travail consiste à amener chaque famille à exprimer, pour chaque pallier d’orientation de l’enseignement secondaire (hors classe terminale pour laquelle la problématique est très différente puisqu’il s’agit du passage dans l’enseignement supérieur ou la vie active)des vœux conformes aux aptitudes et compétences de son enfant. Autrement dit, on vise à amener chaque famille à faire en amont du conseil de classe le nécessaire « travail de deuil » sur certaines ambitions, respectables, mais inadéquates au regard du bilan scolaire et personnel de leur enfant, travail qui a de trop longue date été celui qui était dévolu au seul conseil de classe.

    Force est de constater qu’on y parvient de plus en plus. J’en veux pour preuve la forte diminution des taux de procédure de recours en commission d’appel que l’on constate depuis quelques années. Si les familles sont de plus en plus portées à accepter les propositions d’orientation faites au niveau des établissements, n’est-ce pas parce que le « dialogue » en amont fonctionne de mieux en mieux ?

    Là est la source de cette expérimentation qui se déroule en ce moment dans une poignée d’établissements, visant à tester la délégation de responsabilité aux familles de la décision finale en matière d’orientation.

    Bruno Magliulo
    Administrateur du blog de l’orientation : http://conseilsdeclasse.letudiant.fr

  5. Le blog de Bernard Desclaux » Blog Archive » L’orientation à la main des parents, débats Says:

    […] dernier post, L’orientation à la main des parents, une si bonne idée ?  a reçu plusieurs commentaires importants et intéressants. Je vais donc essayer de répondre à […]

  6. ACJAPM Says:

    J’adore le commentaire autiste de Magliulo, écrit d’avance, qui ne tient absolument pas compte de ce qui a été écrit dans le nôtre… Une vraie caricature.
    Pour retirer l’orientation scolaire du champ de l’autorité parentale : http://www.pre-majorite.fr

  7. trucmuche Says:

    Bonjour.

    Cette mesure participe à la destruction de l’autorité de l’école.

    Parlons peu mais bien : on retire aux professionnels qui ont côtoyé l’élève pendant plusieurs années parfois, qui l’ont évalué selon mille facettes, la possibilité de dire « non ».

    Sous un salmigondis d’arguments pédagogos, on laisse partir en 2nde GT certains élèves qui sont condamnés d’avance à couler. Au milieu de 35 ou 38 autres élèves, ils vont rattraper en quelques semaines l’ensemble des lacunes qu’ils ont accumulé en plusieurs années. Ben voyons…

    Toutes mes condoléances aux enseignants des lycées généraux qui devront enseigner à certains élèves qui n’ont pas leur place en 2GT.

    Mais ne nous voilons pas la face, le seul souci du ministère est économique. Faire des économies sur le dos des élèves en les envoyant au casse pipe en 2GT, au nom de la liberté d’orientation. Un véritable scandale. Une démagogie sans limite. la démocrassie avec deux s.

    Le système actuel n’est sûrement pas parfait. Il a au moins le mérite de dire son fait à certaines familles considérant comme un « droit » le passage de leur chérubin en 2GT, même si les résultats et plus encore l’appétence scolaires sont proches de zéro.

    Dans quelle autre profession a-t-on autant retirer l’expertise que les métiers de l’enseignement ?
    Est-ce ainsi que l’on motivera les équipes pédagogiques des collèges, équipes qui ne cessent de lutter contre le naufrage d’un système faussement égalitariste et particulièrement inique.

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