Fermetures de CIO dans l’académie de Rouen

Les annonces de fermetures de CIO se succèdent. Le 17 décembre les agents des CIO manifestaient à Rouen contre un projet de réorganisation leur laisse craindre la fermeture de dix CIO sur les dix-sept que compte l’Académie. Le 18 au soir, Le rectorat de Rouen confirme la fermeture des CIO.

 

Conséquences des fermetures

10 sur 17 CIO seront donc fermés à la rentrée 2014 dans cette académie, et le rectorat explique : « Quarante-cinq établissements scolaires de résidence sont identifiés afin de renforcer la présence sur l’ensemble du territoire des conseillers d’orientation psychologues. Leur activité sera exercée dans les établissements scolaires de proximité de leur lycée ou collège de résidence. Ainsi, chaque établissement scolaire de l’académie bénéficiera-t-il de la présence hebdomadaire des conseillers d’orientation psychologues, au bénéfice des élèves et des familles. Par ailleurs, les conseillers d’orientation psychologues resteront administrativement affectés dans les CIO de l’académie et y assureront une permanence continue pour garantir l’accueil des publics adultes »

Quelques questions se posent. Sous quelle responsabilité administrative ces conseillers interviendront dans les établissements ?

Le Statut des personnels d’information et d’orientation a récemment été modifié (Décret n° 2011-990 du 23 août 2011 sur Eduscol ). On peut y lire : « Les conseillers d’orientation-psychologue exercent leur activité sous l’autorité du directeur du centre d’information et d’orientation (CIO) dont ils relèvent. »

Qui aura la responsabilité d’établir l’emploi du temps. Chaque COP sera rattaché à l’un des 45 « établissements de résidence », et interviendra dans les établissements de proximité. Qui va gérer la répartition du temps ?

Mais ce sont là des questions de « cuisines ». Il y a sans doute plus sérieux.

Des évolutions de fond

On s’achemine « tout doucement » vers une distinction dans le travail des COP. D’un côté, dans les établissements, l’orientation scolaire, et de l’autre, au CIO l’orientation des adultes. A terme, les élèves et les parents seraient ainsi reçus uniquement dans l’établissement scolaire, et le CIO pourrait être alors totalement intégré au SPO, au service public d’orientation territorialisé.

Et si on rapproche cela de l’annonce par le ministère d’un groupe de travail sur un corps de psychologue (psychologue scolaire et conseiller d’orientation-psychologue), on peut présager d’une autre évolution.

Lors de la création des psychologues scolaires, ceux-ci furent installés aussi bien dans le primaire que dans le secondaire, et beaucoup dans les lycées. Puis vint le repli sur le primaire, et il fut demandé aux collègues intervenant en lycée de choisir d’y rester ou d’émigrer vers le primaire. Beaucoup restèrent en lycée, avec parfois quelques conflits avec les conseillers d’orientation qui venaient d’y arriver.

Il est possible que cette fois-ci la question soit posé aux conseillers d’orientation-psychologues : voulez-vous continuer à travailler en établissement scolaire, ou voulez-vous travailler en CIO. Traduction possible, voulez-vous rester dans l’éducation nationale ou voulez-vous travailler sous le contrôle de la région ?

 

 

Mais ne nous emballons pas, la décision du recteur lui revient, ce n’est pas celle du ministre. D’autres décisions seront sans doute prises par d’autres recteurs, différentes peut-être, et sans que le ministère soit impliqué. Mais le résultat, sûr, sera un effritement du service d’orientation de l’éducation nationale et une forte différenciation des activités de ce service qui n’aura plus grand-chose de national.

Bernard Desclaux

 

 

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This entry was posted on jeudi, décembre 19th, 2013 at 17:13 and is filed under Orientation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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