Le processus des procédures d’orientation

Poursuite de l’exploitation du document de 2003 commencé par La conception française de l’orientation.

Les pistes de réflexions développées dans cet article s’inscrivent dans l’un des objectifs formulé à l’époque par notre recteur : améliorer la satisfaction des familles. Mais on n’en était pas encore à l’idée de « l’orientation à la main des parents » !

 

Un retournement institutionnel

En matière d’orientation, ce retournement institutionnel est loin d’être intégré, même encore aujourd’hui je pense. Jusqu’en 1959, le conseil de classe décide de l’avenir de l’élève. Il a ce que j’appelle le droit de vie et de mort institutionnelles : le « mauvais « élève » est remis à la famille qui alors se débrouille pour lui trouver un autre établissement ou l’introduire dans la vie active.

A partir de la réforme Berthoin (1959) une révolution s’amorce. Pour la première fois, l’école répond à la demande de la famille. C’est la première ébauche des procédures d’orientation. Les parents sont invités à formuler une demande d’orientation (passer en classe supérieure, choisir une formation professionnelle, demander le redoublement) au troisième trimestre. Le conseil de classe décidera.

A partir de là, on peut décrire la construction de nos procédures comme une lente érosion du pouvoir total institutionnel, le dialogue, l’appel, le pouvoir décisionnaire du chef d’établissement en dehors du conseil de classe, et, la dernière évolution (not se least), l’expérimentation de l’orientation à la main des parents. (Voir entre autre mon article Les 40 ans des Nouvelles procédures d’orientation).

 

Les statistiques comme simplificateur

On peut considérer que les éléments chiffrés concernant les procédures d’orientation sont des indices de l’état de cette relation entre familles et établissement. Mais il faut toujours se rappeler que les raisonnements risquent de forcer la réalité. Ils supposent deux sujets sociaux tout à fait hypothétiques (« les familles » et « l’établissement »), car les statistiques agglomèrent des événements uniques (une décision) pour l’attribuer à une population d’un côté et à des êtres « administratifs », l’établissement, le bassin, le département, l’académie…

 

Des chiffres, des calculs, des comparaisons de taux, font très vite croire en la réalité pure des objets ainsi manipulés. Les chiffres provoquent très souvent une

ivresse objective, et ils font oublier qu’ils sont des produits humains. Il faut donc toujours avoir à l’esprit plusieurs choses.

 

Rappel de la procédure d’orientation

Il s’agit d’un processus se déroulant dans le temps qui a pour fonction d’aboutir à une décision concernant la situation d’un individu à partir de points de vue différents.

La succession des étapes dans le temps doit permettre une atténuation du désaccord potentiel. On peut donc considérer que les procédures d’orientation sont la forme du traitement du désaccord.

Il s’agit d’un processus social que l’on rencontre dans n’importe qu’elle organisation ou institution, il s’agit d’un processus social dans le temps. Une étape « ratée » a des effets sur la suite du processus.

Mais il s’agit également d’un processus organisé « juridiquement ». Il s’agit donc non seulement d’un processus « social » (engageant des compétences sociales sur le savoir-faire des acteurs), mais également d’un processus « juridique ». L’école est une administration comme les autres dont les actes doivent être légitimes. Aussi il est essentiel que les différents acteurs engagés dans ce processus soient au clair sur les « règles » auxquelles les uns et les autres sont soumis. Et cette clarté est loin d’être partagée. Mon expérience m’a fait observer que les personnels, enseignants, chefs d’établissement, et même parfois conseillers d’orientation-psychologues, n’étaient pas toujours au clair avec les textes régissant les procédures. Elle m’a fait observer également, ce qui est plus délicat, que parfois, le travail d’information des familles n’étaient pas fait.

 

Trois caractéristiques des statistiques

 

Les statistiques enregistrent des produits humains

A chacune des étapes de la procédure, on à l’effet d’une décision plus ou moins collective (famille et conseil de classe). La seule situation avec un acteur « unique », c’est la décision du chef d’établissement à l’issue de l’entretien avec la famille après le conseil de classe du troisième trimestre. Toutes les autres situations de production d’une réponse ou d’une proposition sont des arrangements collectifs. Autrement dit les « chiffres » n’enregistrent d’un produit formel, exigé par la procédure, la réponse, la proposition, la décision. Le chiffre (comme la note d’ailleurs) est un résumé simple d’un processus complexe.

 

Elles font un enregistrement sélectif

Au cours des deux premières phases la production est un objet multiple. Dans la plupart des cas les parents comme les conseils de classe peuvent produire plusieurs « réponses », ordonnées. L’enregistrement des statistiques ne prendra en compte qu’une seule réponse. Comment est-elle choisie par celui qui « produit » es statistiques de l’établissement ? Il peut être pourtant intéressant de connaître les stratégies des uns et des autres : demande ou réponse « absolue » (une seule formulation), ou au contraire demande ou réponse floue, ou ouverte, ou indécise… comportant plusieurs demandes ou réponses. L’enregistrement est donc aussi souvent une simplification de la réponse.

 

Elles sont organisées par une institution.

L’existence de statistiques signale la capacité d’une organisation à les produire. C’est tout un processus qui se déroule : la production organisée d’événements (les propositions d’orientation par exemple qui suppose un rituel institutionnel), l’enregistrement de celles-ci, la transmissions des « données, les compilations, les calculs et traitements, les commentaires et les publications. Pour avoir travaillé à deux niveaux, celui d’un CIO et celui d’une académie, la « remontée » des statistiques n’est pas une simple sommation puis transmission. A l’époque le CIO  recueillait sur papier les résultats des établissements de son secteur, et les vérifiait avant de transmettre également sur papier… S’en suivait beaucoup d’échanges téléphoniques avec les établissements pour rectifier des « erreurs » de calculs, mais aussi, ce qui était plus gênant, pour rectifier les tableaux standardisés par le rectorat qui avaient été transformés par les chefs d’établissement.

 

 

 

Une institution montre ce qu’elle est capable de faire en produisant des statistiques.  Mais que fait-elle quand elle ne produit aucune statistique sur des événements qu’elle organise ? On peut s’interroger sur le fait de l’absence d’enregistrements statistiques sur la « nouvelle » phase, introduite dans les procédures depuis… 1992, de la rencontre entre la famille et le chef d’établissement lorsqu’il y a désaccord au troisième trimestre.

 

 

Bernard Desclaux

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This entry was posted on samedi, février 22nd, 2014 at 11:10 and is filed under Orientation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

9 Responses to “Le processus des procédures d’orientation”

  1. jm quairel Says:

    De toutes façons , les statistiques officielles , globalisent les résultats du Public et du Privé , alors qu’il est pratiquement impossible de connaitre la réalité du fonctionnement de l’orientation au sein des établissements privés . L’opacité est totale et je peux simplement témoigner , comme ancien directeur de CIO , du manque de préparation et de suivi dans beaucoup d’entre eux , ainsi que de l’application d’une approche dirigiste et arbitraire , quand l’élève s’éloigne trop du standard admis : Même si c’est une minorité par classe d’age, ça finit par faire beaucoup de monde en effectif cumulé depuis 1960 …. J’espère bien que l’expérimentation « le dernier mot aux parents » sera généralisée et s’appliquera au Privé , car c’est une conditions essentielle à une nouvelle étape de la démocratisation de l’enseignement .

  2. Pierre Dubois Says:

    As-tu reçu le courriel que je t’ai envoyé aujourd’hui à 10 heures 50 ?
    Pierre

  3. Philippe Lebreton Says:

    Merci Bernard pour cette nouvelle contribution qui nous donne l’occasion de réfléchir à une question particulièrement importante pour le système éducatif.

    Je dois dire que je ne partage pas tout à fait ton avis et me permets donc de formuler quelques commentaires.

    La procédure d’orientation est mise en œuvre par des acteurs différents et faillibles dans des contextes d’établissement eux-mêmes variables. C’est une évidence et c’est pour cela qu’effectivement il est bien difficile d’appréhender toute la réalité des processus qui s’opèrent.
    C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne crois pas que l’on puisse résumer cette procédure au traitement du désaccord. Elle le permet, certes, mais pas seulement.

    En prévoyant des étapes qui se succèdent dans le temps, la procédure d’orientation vise d’abord à instaurer un dialogue. Et ce dialogue, souvent déclenché par la remise en classe de la fiche qui porte son nom, peut prendre des formes extrêmement différentes : dialogue entre la famille et l’équipe éducative bien sûr, mais aussi dialogue entre l’élève et sa famille et entre l’élève et l’équipe éducative. Il peut en outre être l’occasion pour chacun de donner des informations qui éclairent les autres (intérêts, projet particulier, situation personnelle du côté de l’élève et/ou de sa famille ; conseils, information sur les formations et leurs débouchés du côté de l’équipe éducative par exemple). Evidemment, la qualité de ce dialogue est variable et repose, comme je l’indiquais en débutant ce commentaire, sur ceux qui le mettent en œuvre. Mais on ne peut nier qu’il puisse exister. De ce point de vue, il me semble d’ailleurs que l’orientation à la main des parents pourrait être bénéfique en accentuant certainement le rôle d’information et de conseil de l’équipe éducative et en le rendant peut-être parfois plus crédible au yeux des familles puisqu’en dernier lieu ce sont elles qui décideront.

    S’agissant des chiffres, ils sont nécessairement réducteurs puisqu’ils portent uniquement sur le résultat du(des) dialogue(s) : demande de la famille et proposition d’orientation du conseil de classe qui devient décision d’orientation du chef d’établissement. Faut-il pour autant les écarter ? Moi, je suis convaincu que non, et pour plusieurs raisons.

    D’abord, d’un point de vue général, les statistiques, lorsqu’elles sont recueillies dans des conditions qui garantissent leur fiabilité et qu’elles portent sur des effectifs suffisamment importants, permettent de dégager des phénomènes. Le contester serait remettre en cause tous les apports des sciences sociales.

    Sur la fiabilité du recueil des données d’orientation, tu sembles regretter le temps où les CIO avaient la charge de ce recueil sur leur secteur. Il me semble pourtant que nous avons largement progressé en étant passé à un recueil informatisé dans la plupart des académies. C’est en effet plus facile pour les établissements, ce qui rend les remontées plus exhaustives et plus rapides. De plus, il y a moins d’erreurs car les formulaires de saisie intègrent des requêtes de contrôle qui empêchent les validations en cas d’incohérence. Je l’ai mis en place dans 3 académies différentes et je peux assurer que c’est le cas. Le travail de vérification des données transmises était le plus souvent réalisé avec sérieux dans les CIO, mais l’erreur est humaine et la puissance de la machine de ce point de vue ne souffre d’aucune comparaison. Enfin, cela n’a pas limité l’apport des CIO, bien au contraire puisque cela a recentré leur travail sur l’essentiel : l’analyse. Et les commentaires qu’ils joignaient auparavant aux remontées sont aujourd’hui intégrés dans leurs études toujours précieuses et largement diffusées, en particulier dans les bassins, lorsque les DCIO s’investissent sur la question.

    D’autre part, une statistique n’a de sens que si on l’a met en perspective, c’est-à-dire si on regarde son évolution dans le temps ou si on la croise à d’autres statistiques. C’est là où les chiffres deviennent des indicateurs. Or, sur l’orientation, le recueil des demandes et des décisions d’orientation effectué en juin n’est pas la seule source de données. Ce recueil est aussi, dans de nombreuses académies, organisé à l’issue de la phase provisoire du 2ème trimestre, ce qui permet des comparaisons phase provisoire/phase définitive riches d’enseignements. Le nombre des appels et la part de ceux qui sont satisfaits sont également des données intéressantes. Enfin, les constats des inscrits réalisés chaque année en octobre permettent des calculs de taux de passage qui sont aussi particulièrement pertinents et fiables. Lorsque tous ces indicateurs vont dans le même sens : augmentation des décisions et des taux apparents de passage à tous les niveaux, baisse des écarts entre demande des familles et décisions des chefs d’établissement, baisse des cas d’appel, alors on peut parler de phénomène, ou au moins de tendance forte. C’est ce qui m’a fait dire dans le commentaire que j’ai fait à ton précédent article que l’orientation à la main des parents était la conséquence d’un changement de la conception de l’orientation, conséquence renforcée par une volonté politique d’aller plus loin, et non pas un éventuel point de départ.

    J’ajoute que le problème n’est pas tant les indicateurs que ceux qui les utilisent. Savoir de quoi on parle, ce que les chiffres utilisés mesurent réellement, quelles en sont leurs limites, c’est bien le minimum lorsque l’on conduit des analyses et celles que je connais ou que je conduis moi-même n’ont pas la prétention de cerner l’ensemble des processus qui se jouent dans la procédure d’orientation. La raison préserve toujours de l’ivresse.

    C’est donc plutôt « des statistiques comme indicateurs au service d’une analyse » que je choisirais comme sous-titre.

    Enfin, ta suspicion finale à l’égard de l’institution m’étonne. L’institution, elle est faite d’hommes et de femmes, comme tu l’as été et comme je le suis, qui répondent à des commandes venues d’autorités hiérarchiques mais qui ne sont pas non plus dénuées de capacités d’initiative. Ainsi, le ministère ne demande pas de faire remonter les résultats de la phase provisoire de l’orientation. Si de nombreuses académies ont choisi de faire cette enquête, c’est parce que des personnes qui y travaillent ont jugé que ça leur était utile, en particulier pour le pilotage. Et rien ne nous empêche de mener l’étude dont tu déplores l’absence. Si nous ne le faisons pas, c’est que le rapport coût/bénéfices ne nous y encourage pas. Mais peut-être auras-tu des arguments qui nous feront changer d’avis ?

    Philippe Lebreton
    Directeur de CIO
    Adjoint au CSAIO de Paris

  4. bernard-desclaux Says:

    Merci Philippe de ce commentaire fouillé, détaillé et critique. Cela permet les échanges et les avancées dans la réflexion.
    Je tente de répondre sur quelques points.
    Tout d’abord à propos de l’orientation à la main des familles. Je retiens ta formule : « puisqu’en dernier lieu ce sont elles qui décideront ». De mon point de vue, c’est bien le problème. En aucun cas, il n’y a une réelle remise en cause des procédures dans leur ensemble. Elles continuent de fonctionner dans l’ensemble du collège depuis la sixième pour tous les élèves. Les enseignants sont toujours placés en évaluateurs-décideurs et non en évaluateurs-formateurs. Et l’évaluation des élèves est ainsi toujours utilisée pour distinguer les élèves, pour les hiérarchiser, et non pour améliorer les acquisitions et l’apprentissage. Et ce n’est qu’à la toute fin de ce long processus, que, le constat étant fait pour certains d’un maintien du désaccord, que la famille décidera « finalement ».
    Il y a belle lurette que les enseignants pourraient être en position de « conseil » auprès des familles ! Depuis 92, c’est le chef d’établissement, en dehors du conseil de classe qui décide de l’orientation. Cela aurait pu dégager les enseignants de cette posture de jurés. Mais je ne pense pas que cela soit le cas.

    Concernant le temps où les CIO avaient la charge du recueil sur leur secteur des données des procédures d’orientation, il ne s’agissait pas pour moi d’un regret, mais simplement d’une occasion de signaler que la « production » de chiffres, ne va pas de soi. Il n’y a pas d’objectivité absolue, mais des arrangements entre des acteurs selon leurs intérêts qui ne correspondent pas toujours avec la commande qui leurs est faite.
    Le recueil informatisé des « données » réduit sans doute les « erreurs », ce que d’autres appellent le champ de liberté des acteurs, mais sans doute pas complètement. Avantage, ou inconvénient ( ?) il faut dire que ce système numérique a permis de sortir les DCIO d’une position de « surveillant-rectificateur » qu’ils avaient dans une remontée « physique ». Ils ne sont plus l’œil du rectorat, et peuvent se consacrer, si on leur laisse cette place, aux commentaires des chiffres bien lissés qu’ils reçoivent, ainsi que les chefs d’établissement, du rectorat.
    Je souscris bien sûr à ta conception des indicateurs. Une pertinence possible repose nécessaire sur des comparaisons diachroniques et synchroniques. Mais je fais l’hypothèse que le « chiffre » est un résumé masquant ce qui l’a produit, et qu’un simple commentaire des chiffres ne permet pas de réfléchir sur les leviers d’une évolution possible, d’un changement possible.
    Enfin quant à ma suspicion finale à l’égard de l’institution qui t’étonne, je pense y répondre par un article un peu plus tard.
    Bernard Desclaux

  5. V. Prudor Says:

    Bonjour,

    J’apporte mon soutien à Pierre Dubois et au blog « Histoires d’universités » qui a fait l’objet d’un rappel à l’ordre déplacé de la direction d’Educpros visant à limiter la liberté d’expression du blogueur. Je recommande la consultation et la diffusion du dernier billet de Pierre Dubois intitulé « Attaques ad hominen » : http://blog.educpros.fr/pierredubois/2014/03/01/attaques-ad-hominem/

    V. Prudor

  6. MAGLIULO Says:

    Pour corroborer ce qu’écrit Bernard Desclaux, je citerai l’expérimentation en cours, depuis quelques mois, qui consiste à transférer aux familles le pouvoir de décision en matière d’orientation en fin de troisième. Concrètement, dans un échantillon de près de 200 collèges , on interdit le redoublement, et ce sont les familles qui choisissent si leur enfant entre en seconde pro ou en seconde générale et technologique.

    Les tenants de cette évolution sont persuadés de la vertu du « dialogue » en matière d’orientation : si ce dialogue s’est bien déroulé en amont, les familles n’abuseront pas de ce transfert de responsabilité. Je n’y crois pas du tout !

    Je rappellerai sur ce point qu’en 2013, moins de 10% des familles ont demandé à ce que leur enfant soit orienté en premier vœu vers une seconde pro. Si on obtient près de 30% d’une telle orientation c’est parce que les procédures d’orientation ajoutent à ce chiffre près de 20% d’élèves qui sont orientés par défaut vers la voie professionnelle. Or, au ministère, on trouve que ce taux de 30% est insuffisant. Comment dès lors comprendre une expérimentation qui va évidemment conduire à diminuer ce taux ?

    Je me dis qu’un projet de réforme en cache probablement un autre : et si le but réel, mais caché, était d’expérimenter la mise en place d’un nouveau palier « troisième/seconde », repoussant à la fin de ce qui deviendrait une « seconde unique » (une sorte de simili cinquième année du collège, donc du socle commun de connaissances et compétences commencée en sixième). Dans cette perspective, on supprimerait la différence entre seconde pro et seconde G/T, et cette différenciation ne commencerait qu’en entrant en première. Dès lors, logiquement, il n’y aurait plus aucune raison de maintenir le droit d’imposer un redoublement en fin de troisième, pas plus qu’il n’existe aujourd’hui en fin de première, soit au milieu du « cycle terminal du lycée ».

    Je ne vois d’ailleurs pas que des inconvénients à une telle possible évolution, qui d’une part mettrait les architectures des voies professionnelles, générales et technologiques à parité (toutes trois se dérouleraient en deux ans après le « cycle 3e/2de »), et d’autre part transfèrerait aux membres des conseils de classe de seconde le soin de décider de la répartition des élèves entre les trois voies, pouvoir qui est aujourd’hui largement entre les mains des équipes pédagogiques des collèges, ce dont se plaignent une grande partie des professeurs des lycées.

    Un gros obstacle cependant : après avoir dû digérer le passage de quatre à trois années de la voie professionnelle, celle-ci subirait peu après une nouvelle réduction d’un an. cette dernière n’irait pas sans des conséquences aggravées sur les horaires et emplois dans l’enseignement secondaire professionnel. Les professeurs de l’enseignement professionnel l’accepteront-ils , eux qui ont déjà payé un lourd tribu à la réforme précédente … vieille d’il y a à peine trois ans ?

    Qu’en pensez-vous ? Ne trouvez-vous pas que vu comme cela, on comprend mieux pourquoi une telle expérimentation a été lancée ?

    Bruno MAGLIULO
    Inspecteur d’académie honoraire
    Animateur du blog : http://conseilsdeclasse.letudiant.fr
    Auteur de « APB pour les nuls »

  7. bernard-desclaux Says:

    Merci M. Bruno Magliulo de ce commentaire.

    Je signale que vous avez développé ce point de vue sur votre blog : « Orientation : un projet de réforme peut en cacher un autre » http://www.letudiant.fr/educpros/opinions/un-projet-de-reforme-peut-en-cacher-un-autre.html

    Et j’y ai déposé un commentaire à la fin de cet article.

  8. Le blog de Bernard Desclaux » Blog Archive » Le Ministère met 20 ans pour appliquer sa décision Says:

    […] est difficile  p. 66. La discussion entamée avec Philippe Lebreton à la suite de l’article Le processus des procédures d’orientation m’incite à reprendre le thème que j’avais ouvert par La résistance de l’Education […]

  9. jm quairel Says:

    Quand on complexifie l’application d’un principe simple ( l’égalité des droits entre citoyens ) à appliquer au moment de décider d’un avenir scolaire et professionnel , sans vouloir regarder les conséquences du fonctionnement actuel , c’est que , profondément , on veut empêcher sa mise en œuvre pour préserver ses intérêts ou ceux de son groupe social …..Et j’observe que personne ne répond sur la question de l’opacité du fonctionnement de l’orientation dans les établissements privés . Finalement, la question des procédures d’orientation , met en lumière les mêmes types de résistances réactionnaires , que celles que l’on peut observer à propos du « mariage pour tous », ou de l’application de « l’ABCD de l’égalité » . Excusez mon irritation , mais le temps passe et nous n’imaginons toujours pas que l’avenir puisse être différent de ce que nous vivons ou avons vécu ! Et quand ce refus impacte la vie de dizaines de milliers d’individus , les conséquences ne peuvent en être que négatives .

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