Apprendre à s’orienter, d’hier à aujourd’hui (I)

Un colloque académique était organisé le mercredi 1er avril 2015 par le SAIO de l’Académie de Caen intitulé NOUVEAUX PARCOURS POUR S’ORIENTER, Développer la capacité à s’orienter du collège au lycée, et tout au long de la vie. Mon ami Jacques Vauloup, nouvellement nommé dans le département du Calvados, IEN-IO, m’a demandé une conférence sur le thème Apprendre à s’orienter, d’hier à aujourd’hui. Alain Crindal deuxième intervenant du matin a prononcé une conférence ayant pour titre : Pour une didactique des connaissances du travail et des métiers.
Les actes du colloque seront publiés sans doute en juin 2015. En attendant je vous propose le contenu de mon intervention découpée en plusieurs billets. Vous pouvez également accéder à deux prezis. Celui que j’ai utilisé pour la conférence, et un autre plus détaillés avec des références et des liens vers des ressources.

J’essayerai de rendre compte de ma conférence au travers de plusieurs billets sur ce blog.

J’ai ouvert cette conférence par quelques réflexions sur cette expression « apprendre à s’orienter » qui se présente comme un emboitage de concepts forts différents.

Orienter, orientation

L’idée d’orientation suppose une action sur autrui, l’existence d’une autorité sur autrui. Jusqu’au début du XXème siècle, l’orientation est une affaire privée, une affaire de famille, suivant des règles sociales. Mais avec le développement de la société industrielle, la structure sociale se modifie, les populations commencent à se déplacer de la campagne vers la ville. Les individus doivent rentrer dans des activités professionnelles nouvelles. Et surtout ils doivent se former. Or comme on le verra, pendant tout le XIX siècle la formation professionnelle se trouve éclatée entre de multiples acteurs. A la suite de la première guerre mondiale, l’état cherche à prendre le contrôle de cette formation, et se pose alors également celui de l’entrée en formation. L’orientation devint ainsi une affaire d’état.

S’orienter

On est alors du côté de l’émergence de l’homme moderne, suffisamment libre et autonome pour se diriger lui-même dans sa vie. Mais ceci génère également un besoin d’aide. En France, l’organisation de cette aide est tardive. Elle apparaît au début des années 70 et d’abord pour les scolaires, pour répondre la rupture de 68 l’orientation comme autorité sur autrui n’est plus possible, et celle-ci se réorganise autour de l’idée de choix. Il faut alors éclairer ce/ces choix avec du conseil et de l’information. L’ONISEP est alors créée, prenant la suite du BUS association créée dans les années 30 pour informer les lycées sur les études supérieures.
Cette idée de l’orientation en tant qu’aide à la personne se retrouve dans la définition du Conseil européen : « … en tant qu’un processus continu qui permet aux citoyens, à tout âge et tout au long de leur vie, de déterminer leurs capacités, leurs compétences et leurs intérêts, de prendre des décisions en matière d’éducation, de formation et d’emploi et de gérer leurs parcours de vie personnelle dans l’éducation et la formation, au travail et dans d’autres cadres où il est possible d’acquérir et d’utiliser ces capacités et compétences.
L’orientation comprend des activités individuelles ou collectives d’information, de conseil, de bilan de compétences, d’accompagnement ainsi que d’enseignement des compétences nécessaires à la prise de décision et à la gestion de carrière. »
Quand l’Europe parle d’orientation, elle parle de l’action des états pour aider les personnes à s’orienter !

Apprendre à s’orienter

S’il y a autonomie, c’est parce qu’elle est possible socialement, mais aussi parce que l’éducation la permet. D’où l’émergence également de l’éducation à l’orientation, qui doit participer à l’éducation des jeunes, donc au cours de la scolarité. Cette idée apparaît tardivement en France au niveau de l’état à la fin du XXème siècle, alors qu’elle était en débat au sein du mouvement de l’orientation dès la fin de la seconde guerre mondiale.

Mon intervention se fera en deux temps

D’une part comment est née et s’est organisée en France l’orientation en tant qu’action sur autrui, puis s’est trouvée petit à petit déconstruite. Ce mouvement se poursuit encore aujourd’hui. Mais s’il y a déconstruction, il y a également résistance et défense de cette conception.
Dans une deuxième partie, nous verrons comment l’éducation à l’orientation apparait dans notre système scolaire. Mais cette conception rencontre beaucoup de difficultés. L’hypothèse que je développerai : l’EAO remet en cause les principes et le fonctionnement de notre organisation scolaire dans le secondaire.

Prochain billet dans quelques jours sur l’émergence de l’orientation.

Bernard Desclaux

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This entry was posted on lundi, avril 6th, 2015 at 18:34 and is filed under Orientation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

One Response to “Apprendre à s’orienter, d’hier à aujourd’hui (I)”

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    […] Apprendre à s’orienter, d’hier à aujourd’hui (I) […]

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