P E N : L’illusion psychologique ?

Je publie ci-dessous le texte de Jean-Marie Quairel à propos du nouveau statut des « psychologues de l’éducation nationale » qui réunit les psychologues scolaires et les conseillers d’orientation-psychologues. Je partage son inquiétude. J’avais publié en janvier 2016 un petit article « Un sombre avenir pour les COP ».

 

                   Il existe des lois progressistes et émancipatrices qui ouvrent des droits nouveaux (Le mariage pour tous par exemple) et vont dans le sens de l’intérêt général. Il en est d’autres qui réduisent des droits acquis et qui satisfont, prioritairement, des intérêts particuliers. L’Histoire de l’Orientation, retiendra qu’en Novembre 2016, un syndicat, majoritaire dans la profession, a obtenu la création d’un corps de « Psychologues de l’EN »,  en abandonnant toutes références au « Conseil en orientation » et, de fait, le droit au conseil pour tous, dans le service Public.

 Personne ne conteste la nécessité d’une solide formation en Psychologie pour des professionnels au contact quotidien avec les jeunes. Mais la création d’un corps unique de « Psychologue de l’EN » correspond-t-il à une attente des usagers de l’école, où répond-t-il plutôt à une revendication corporatiste ?  Nous savons toutes et tous, que, sur le terrain, les COP actuels sont déjà totalement accaparés par la passation de « Tests individuels », dont l’utilisation sert essentiellement à « orienter » vers des enseignements adaptés, les élèves qui ne sont pas dans le moule. Le champ de l’information et du Conseil a été abandonné aux enseignants, qui « conseillent pour convaincre », rarement pour « émanciper ».  Devant cette situation, les familles qui le peuvent se sont logiquement tournées vers des officines privées de « conseils en orientation » …. Quant aux enfants et familles des milieux modestes et populaires, dans les collèges et lycées publics, ils ne peuvent même plus se tourner vers le CIO local (disparu ?)  et continueront donc à vivre des « orientations subies », sans les indispensables « temps de conseil », individuel ou collectif, qui permettent de prendre son destin en main et qui peuvent modifier le rapport de chacun au système et, donc, le fonctionnement même de celui-ci.    

Bien entendu, les futurs « Psychologues de l’EN » ne pourront pas éviter la confrontation à la réalité de la demande de « conseil » de leur public. Ils devront choisir avec la demande institutionnelle d’examen des élèves « qui posent problèmes »… Ce ne sont pas les mêmes demandes et il m’étonnerait fort que la première soit contenue dans la seconde. C’est-à-dire qu’il n’est pas « audible » d’expliquer que l’on doive rencontrer le « psy », afin de recueillir un conseil pour choisir sa formation. Alors, me direz-vous, le public s’habituera et les PEN continueront à « conseiller »….. Faux, car alors, pourquoi avoir refusé l’appellation « Psychologues-Conseiller » ?   Le choix est, de fait, déjà contenu dans le titre : la demande des usagers n’est pas prioritaire.

En vérité, dans le cadre du fonctionnement actuel de l’EN (sauf évolution durant ces 5 dernières années), un psychologue a très peu de chance de voir ses observations et ses analyses reprises par les équipes d’enseignants pour adapter les modes de transmission des savoirs et d’évaluation des connaissances, dans une visée émancipatrice pour l’ensemble des élèves : son action est une illusion, car il ne touche pas au fonctionnement inégalitaire du système … Il en sera,  » à l’insu de son plein grès », un « chien de garde » de très haut niveau scientifique. Une belle réussite ! Celle d’un syndicat, plutôt classé à « gauche » et d’un ministère « socialiste » !  Pitoyable.

                                                                                                                                                                     Jean Marie Quairel

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This entry was posted on Dimanche, novembre 20th, 2016 at 18:26 and is filed under Evolutions, Orientation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

9 Responses to “P E N : L’illusion psychologique ?”

  1. Nouvelles d’une réforme annoncée | apprendre et s'orienter Says:

    […] Le corps des Psychologues de l’Education nationale (PEN) – Une illusion psychologique (J… […]

  2. Dominique Beullier Says:

    Avec toute l’estime que j’ai pour Jean Marie Quairel, je pense qu’il se fourvoie. Pour qu’une argumentation soit valide, la première condition est que la vérité des prémisses puisse être reconnue par les locuteurs : accord des intersubjectivités. Aussi je n’argumenterai pas mais tâcherai de détromper mon cher ex-collègue : son information semble erronée peut-être parce que partielle. Ses prémisses sont fausses. Je le cite :

    L’Histoire de l’Orientation, retiendra qu’en Novembre 2016, un syndicat, majoritaire dans la profession, a obtenu la création d’un corps de « Psychologues de l’EN », en abandonnant toutes références au « Conseil en orientation » et, de fait, le droit au conseil pour tous, dans le service Public.

    Non Jean Marie, le syndicat majoritaire n’abandonne pas ce que tu dis, il voit aboutir une lutte de trente ans dans la création d’un corps unique de psychologues de l’éducation… à deux spécialités, dont une se nomme éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle, si le décret confirme les travaux du GT 14 : c’est imminent, on pourra vite voir.
    D’ailleurs, il ne t’as pas échappé qu’un référentiel d’activités puis un référentiel de compétences ont été élaborés. Je n’ai pas vérifié sur le site du SGEN, mais sur le site du SNES on les consulte facilement.

    Parlons simplement, « activités » telles que mentionnées par le référentiel : tout le point 3 relatif aux activités spécifiques de la spécialité s’inscrit en faux contre ce que tu crains. Mais je ne cite que cela du texte négocié, pas seulement par le syndicat majoritaire : les Psy-En contribuent à l’information et à la réflexion sur les parcours de formation et la mise en perspective des débouchés qu’ils permettent.
    Or je me rappelle ce que tu disais fréquemment dans ton exercice de « COP et directeur de CIO » comme tu aimais à te présenter : le fait de la polysémie de l’orientation, « affaire de tous », et la contamination de l’image de « l’orientation » par des représentations négatives dans le public amenaient à préférer parler de notre action dans le cadre du parcours de l’élève plutôt que relativement à « l’orientation », mot valise et mots piégé. Donc, vive la formulation sus-mentionnée qui retient le terme de parcours de formation comme champ d’activité d’un psychologue qui s’occupe de développement et de conseil en orientation.
    Je te conjure amicalement de reprendre les écrits et surtout, au moment où la parution du décret est imminente en principe, de le lire, de revoir les référentiels d’activités et de compétences et de dire décidément en quoi le travail du « syndicat majoritaire » conduit à « l’abandon de toute référence à l’orientation ». J’ai toute confiance en ton honnêteté intellectuelle pour réviser ton point de vue après avoir été mieux informé.
    Pour répondre aussi plus complètement, à ce que je cite de toi, je sais ce qui peut opposer la vision d’un conseil en orientation pour tous les publics au fait de le réserver au seul public formation initiale. Et j’entends cela dans l’idée de «tous public ». Le clivage 1er accueil puis conseil dans l’organisme compétent est instauré par la loi sur la formation continue et l’orientation tout au long de la vie depuis 2009… Cette loi ne nous aide pas franchement, mais en déjouant les pressions technocratiques et en gardant notre éthique, nous n’avons pas de comptes à rendre sur la nature de notre travail auprès d’adultes, d’actifs, qui certes ont besoin des compétences d’autres structures à un moment de leur parcours, mais qui ne trouvent nulle part ailleurs l’écoute active ouverte et professionnelle que nous leur offrons. Que je sache, ici ce n’est pas nous qui sommes restés des maniaque de l’utilisation de bilan « armés », armés d’outils psychométriques issus de la psychologie différentielle que nous ne sommes pourtant pas les derniers à connaître. Donc nous continurons et le nouveau statut n’y changera rien.
    Te ferais-je d’ailleurs remarquer par parenthèse que nous sommes déjà psychologues de second degré depuis 1991 et qu’à la vérité c’est pour ces professeurs des écoles curieusement psychologues simultanément que le bouleversement est le plus radical ? Quand on lit les référentiels, on reconnaît ce que l’on a toujours été, à quel moment de l’évolution de l’institution on est et on mesure qu’il y a simplement une clarification dont l’effet peut être grand. Puisque l’orientation est l’affaire de tous, appelle les partenariats de tous et nivèle les discours et les interventions, affirmer que nous, quand nous parlons d’orientation et pratiquons, c’est bien du point de vue de la psychologie, théories et pratiques, que nous sommes fondés à parler : pourquoi avancer cachés ? Saine clarification. Amicalement
    Dominique Beullier, CO-P et directeur du C.I.O. d’Aix-en-Provence

  3. annick SOUBAI Says:

    Merci à Jean-Marie pour son billet très éclairant, dont je partage en tous points l’analyse.

    L’orientation est une notion polysémique et un colloque devrait être organisé pour en définir tous les enjeux. Nous aurions de quoi faire!

    Mais quelles que soit les définitions de cette notion, les politiques publiques qui la mettent en œuvre traitent de la place des personnes dans les organisations et régulent l’ordre social. Soyons ensemble, cher(e)s collègues d’accord sur ces prémisses. Les politiques publiques d’orientation sont donc avant tout des politiques et la manière de nommer ses agents n’est pas neutre. Pour qui a quelque lettre, je rappellerai les concepts althusseriens, qui ne sont pas tous à jeter même si l’homme éprouvé a mal terminé. L’un en particulier me semble pertinent, celui d’appareil idéologique d’Etat.

    Nous pourrions ainsi nous demander dans une politique budgétaire de restrictions, à qui et à quoi est utile la création de ce corps unique ? Notre collègue de la belle ville d’Aix aura sans doute oublié dans son argumentation la politique de diminution des corps qui est à l’œuvre depuis des années et qui est appelée à se poursuivre : un corps unique est plus rationnel d’un point de vue gestionnaire. La reconnaissance du statut des directeurs sera sacrifiée dans les négociations car le directeur représente « l’institution CIO ». Dans la même veine gestionnaire, les CIO sont eux-aussi peu à peu restructurés, rationalisés et parfois même oubliés.
    Dans ce mouvement d’effacement de l’institution « CIO » et de la fonction « orientante experte », il n’est pas étonnant que l’orientation soit devenue l’affaire de tous.
    Quand l’orientation est l’affaire de tous, elle peut aussi devenir l’affaire de personne, ce qui est souvent le cas aujourd’hui par exemple quand un droit est reconnu et qu’il n’est pas effectif : ex. le DRF ou certains droits au redoublement.

    Heureusement que les algorithmes règlent le passage des individus dans l’institution. Cf. l’excellent billet de Bernard. C’est peut-être la seule manière de maintenir une égalité. Peut-être plus pour très longtemps.

    Grâce aux débats qui agitent notre profession, le numérique va régler tous les problèmes de conseil et d’éducation des choix. Les nouveaux psychologues n’auront plus qu’à s’adonner au testing pour trier à leurs corps défendants le mauvais grain.Ils n’entendent rien à l’économie, ni aux métiers.
    Quand on arpente comme c’est mon cas les beaux quartiers, on sait que la détention de l’information, la bonne, la capacité à concevoir des stratégies efficaces est l’apanage des familles bien nées. Les lycées professionnels sont aujourd’hui peu investis par les conseillers d’orientation. Comme c’est dommage. La clinique n’est pas la réponse à tout et à tout psychologiser…on finit par oublier la réalité : les jeunes de milieux défavorisés n’ont pas que des problèmes. Ce sont des jeunes intelligents qui mériteraient qu’on leur donne les codes d’accès et l’enthousiasme pour réussir. Il faudra faire des choix car les vaches sont maigres. Il n’y aura pas de lendemains qui chantent. C’est une question de choix politiques.
    Le SNES en a fait certains. Rappelons nous avec Lacan que Je est ce que je fais.

  4. jean-marie Quairel Says:

    Cher Dominique ,

    J’ai, évidemment, suivi à distance l’évolution de la profession et le devenir des CIO et je n’ai peut être pas une vision détaillée de ce que va devenir le métier . Effectivement , les référentiels précisent que le Psy-EN/EDO « contribue à l’information et à la réflexion sur les parcours de formations et la mise en perspective des débouchés qu’ils permettent »; Effectivement, j’ai toujours pensé qu’il fallait supprimer l’Orientation et ses procédures, pour la remplacer par un processus continue et libre de « choix de formation », afin de rendre le SE plus égalitaire et émancipateur. Toutefois, comme cette condition semble loin de pouvoir exister ( cf le rapport des IG sur l’expérimentation « le dernier mot à la famille » )et comme l’Orientation continuera d’être un marqueur fort de l’organisation inégalitaire de l’EN, je considère que la fonction de « Conseil », pour les usagers, continuera d’y être essentielle et qu’il vaut mieux qu’elle soit exercée par des « non enseignants ». Si je peux comprendre l’intérêt de cette réforme pour les professionnels, ainsi que sa cohérence et sa lisibilité pour les initiés, je dénonce son opacité et son caractère réducteur pour les usagers de l’école. J’observerai, avec curiosité, « la saine clarification » de ce changement de nom auprès du Public, mais je sais déjà qu’un certain nombre de collègues, toujours en activité, témoignent d’une dérive « psychologisante » (multiplication des examens individuels) au détriment de leur fonction de « Conseil ». Enfin, si,comme tu sembles le dire, ce changement n’en sera pas vraiment un pour vous, pourquoi ne pas avoir retenu l’appellation  » Psychologue-Conseiller en Orientations »(je préférerai « Formations ») ? Celle ci aurait, effectivement, affirmée notre double fonction aux yeux de tous les usagers de l’École…Et puis je m’interroge sur la fonction de DCIO à l’avenir ? Comment animer une équipe de Psy, captés par le travail dans les établissements auprès des « publics à besoins particuliers », tout en leur faisant partager les demandes institutionnelles (Bassin de formation, Départements, Académie) liées à la Politique d’Information et d’Orientation ? Et je ne parle pas du positionnement du Psy-EN,dans un système piloté par un pouvoir de droite : Examen d’entrée en 6°, apprentissage à 14 ans etc… Bon courage Dominique ! Très amicalement.

    Jeanmarie

  5. bernard-desclaux Says:

    Pour ceux qui veulent poursuivre ce débat, au BOEN du 24 novembre 2016 on trouvera :
    Corps unique des psychologues de l’Éducation nationale : adoption du décret statutaire et de la grille indiciaire en Comité technique ministériel (CTMEN). Communiqué de presse – Najat Vallaud-Belkacem – 17/11/2016.
    “Les organisations syndicales représentatives ont adopté à une très large majorité le décret statutaire et la grille indiciaire des psychologues de l’Éducation nationale présentés en Comité technique ministériel de l’Éducation nationale (CTMEN). C’est une étape majeure vers la création d’un corps unique des psychologues de l’Éducation nationale, voulu par la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem.”
    http://www.education.gouv.fr/cid109221/corps-unique-des-psychologues-de-l-education-nationale-adoption-du-decret-statutaire-et-de-la-grille-indiciaire-en-comite-technique-ministeriel-ctmen.html

  6. Z.A. Says:

    Réponse un peu tardive à Dominique Beullier :

    Pour savoir à quoi sont attachés les uns et les autres, il faut observer la genèse du texte sur les activités des futurs PEN.
    Jusqu’à la version 3 présentée à la pleinière du GT14 du 5 novembre 2015, le « conseil » n’avait pas droit de cité dans le référentiel d’activités, d’où, parmi d’autres, la suggestion envoyée par l’ANDCIO à l’animateur du groupe de travail :

    « EDCOSP ou EDSP ?
    Dans le référentiel du PEN-EDCOSP, aucun item ne mentionne l’activité de conseil (au sens de « tenir conseil ») !
    Proposition : en introduire un. »

    Dans la version définitive, l’expression « conseil en orientation » a été ajoutée, mais du bout de la plume et au détour d’une phrase d’introduction précédant la liste des activités …où ne continue de figurer que le fait de conseiller les chefs d’établissement.

    Les scissions entre formation initiale et formation continue, entre orientation dite « scolaire » et orientation tout au long du reste de la vie introduites par la loi de 2009 ont aussi leur genèse.

    Pour ce qui de la clarification, il y a encore du chemin à parcourir : d’abord sur la définition du CIO ; selon les points de vue, il peut être utile ou non de le maintenir ; dans la perspective du maintien, pour d’autres raisons que d’être uniquement la résidence administrative des futurs PEN-EDCOSP, il faudrait définir fonctionnellement le périmètre de sa zone d’action, et non au gré des désistements des collectivités territoriales (pour ne plus financer le fonctionnement qui ne représente que 5% du coût, les traitements étant assurés par l’Etat).

    Les DCIO ont eux aussi un référentiel d’activités (au début du GT14, ils avaient droit à 5 mots : « le DCIO dirige le CIO »), mais pour ceux d’entre eux qui ont deux, trois, voire quatre bassins en charge, ce référentiel est purement virtuel, et la partie du référentiel de compétences qui les concerne ne peut pas être mis en oeuvre.

    Dans l’idée de l’inutilité du CIO, les personnels techniques pourraient naturellement résider en établissement ; l’inclusion des actuels DCIO dans le corps unique s’avèrerait alors un bon plan. Aujourd’hui, la majorité des DCIO souffrent, mais aspirent à autre chose pour le service qu’ils dirigent (voir les enquêtes récentes : Letres aux DCIO 52 et 57 téléchargement)

  7. Z.A. Says:

    P.S.
    le lien a sauté dans mon courrier précédent, la dernière phrase devenant alors peu compréhensible :
    http://www.andcio.org/depuis-2015-lettres-en

  8. Lyb Says:

    A la vache ….
    Je suis moi même ex conseiller d’orientation et futur psyen.

    « les COP actuels sont déjà totalement accaparés par la passation de « Tests individuels », dont l’utilisation sert essentiellement à « orienter » vers des enseignements adaptés, les élèves qui ne sont pas dans le moule. »

    Complètement faux. La passation des tests ne se déroulent que sur un mois durant la phase léguale (après le second conseil de classe et avant les commissions). L’objectif est d’aider les élèves en situation de handicap ou à besoin particulier à rester dans le milieu ordinaire. Ce n’est QUE quand ce maintient n’est plus possible qu’un dialogue s’engage avec la famille avec comme potentielle conséquence une orientation, choisie par la famille, vers les enseignement adaptés. Dire que nous sommes Le Bras armé d’une institution est très dévalorisant et contraire à notre éthique.

    Le champ de l’information et du Conseil a été abandonné aux enseignants, qui « conseillent pour convaincre », rarement pour « émanciper ».

    Non mais … Les enseignants (en l’occurence, les professeurs principaux) n’ont à coeur que le bien de leurs élèves !!! Comme vous, ils ont aussi un cerveau !!! L’information principale sera toujours donnée par les PsyEN et peut-être encore plus qu’avant. Le nouveau statut demande aussi très clairement de « former » les professeurs à tous les enjeux de l’orientation. Pour émanciper il faut convaincre … Il y a confusion, mais l’enjeu est là.

    Devant cette situation, les familles qui le peuvent se sont logiquement tournées vers des officines privées de « conseils en orientation »

    J’ai du recevoir une vingtaine de famille cette année. Croyez-vous que je vais manquer de temps au point de devoir déléguer cette mission ?

    et continueront donc à vivre des « orientations subies », sans les indispensables « temps de conseil », individuel ou collectif, qui permettent de prendre son destin en main et qui peuvent modifier le rapport de chacun au système et, donc, le fonctionnement même de celui-ci.

    …. il faut arrêter de dire des bêtises. Une des nouvelles missions des PsyEN est justement de travailler au long cours sur ces phénomènes de reproduction sociale.

    pourquoi avoir refusé l’appellation « Psychologues-Conseiller » ? Le choix est, de fait, déjà contenu dans le titre : la demande des usagers n’est pas prioritaire.

    C’est le bien être des élèves qui l’est. Accorder du temps aux élèves qui en ont réellement besoin plutôt que de recevoir des parents complètement stressés sans aucune raison … C’est un bien meilleur résumé. Actuellement, ce sont les enfants de famille bien née qui viennent principalement nous voir et ils n’ont pas besoin de nous.

    pourquoi avoir refusé l’appellation « Psychologues-Conseiller » ?

    Spécialité éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle. C’est plutôt clair non ? C’est la premiere ligne du texte …

    son action est une illusion, car il ne touche pas au fonctionnement inégalitaire du système

    On nous demande justement d’inverser cela !!!!!
    Vous avez regardé les textes ?
    Vos propos sont en complète contradiction avec eux.
    Il y a du boulot …. Le texte est complètement à l’ouest.

  9. jean-marie Quairel Says:

    Il y a les textes et puis il y a leur application…..les pratiques réelles et leurs conséquences….Mon texte s’appuie sur une longue expérience …..Avoir rencontré 20 familles sur une année est une misère qui confirme mes craintes ! Dans les années 80 et 90 c’était plutôt 200 ! J’affirme que, confier le conseil en orientation aux professeurs, est une hérésie et que , comme Psychologue, vous courrez le risque d’être instrumentalisé . Un Psy travaille à partir d’une demande : Si vous me dites, qu’aujourd’hui, celle des élèves s’exprime en dehors de toutes pressions institutionnelle, alors votre place et votre fonction seront reconnue…permettez moi de douter de cette émergence des besoins de l’élève tels qu’il les ressent….Les échos qui me parviennent de certains collègues, toujours en activité, me confirment qu’ils continuent à travailler essentiellement à partir des demandes institutionnelles, où les élèves sont « désignés » pour aller rencontrer le Psy….Bon courage…J’espère me tromper .

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