PsyEN, quel changement ?

Sylvie Amici,  Présidente de l’ACOP-F, et Dominique Hocquard son ancien président, ont publié un texte à propos du décret instituant le nouveau corps des Psychologues de l’Education nationale, La réflexion de l’ACOP-F, présentant la position de l’ACOP-F. Jean-Marie Quairel m’a proposé de publier son interpellation.

 

 A propos de votre changement de nom, Sylvie Amici interroge : « Quelles pourraient être les questions ou les demandes auxquelles il faudrait répondre, qui ne se posaient déjà ? »

 

Il me semble que la question de l’Orientation, permanente effectivement, pouvait, pour l’élève et sa famille, s’envisager dans un espace de dialogue, entre « Conseil  » et  » Psychologie », incarné par un professionnel, indépendant des enseignants : Un « Conseil », qui n’est pas un ordre, était toujours bon à prendre et, quelquefois, une approche Psychologique pouvait s’entendre. Aujourd’hui, la question de l’orientation sera largement confiée aux enseignants et les Psychologues devront expliquer comment, pour trouver une formation qui lui convienne, l’élève devra faire un passage chez le « Psy »… C’est un changement majeur , qui laisse entendre que le choix de son avenir , relève d’une problématique, individuelle et « psychologique » et pas de questions institutionnelles ; Les P E N endossent ainsi une lourde responsabilité : Celle de laisser croire que leur intervention, dans l’institution telle qu’elle fonctionne, pourra permettre de développer des pratiques d’inclusions, en lieux et place de celles d’exclusions qui caractérisent le système…

 

Exemple concret : Quelle est la position de la profession (et de l’ACOP-F) vis à vis du retour du redoublement ?

 

Jean-Marie Quairel

 

 

A lire en complément

 

L’aide au devenir de Jean-Marie Quairel http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2017/05/14/laide-au-devenir/

P E N : L’illusion psychologique ? de Jean-Marie Quairel http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2016/11/20/p-e-n-lillusion-psychologique/

Un sombre avenir pour les COP de Bernard Desclaux http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2016/01/04/un-sombre-avenir-pour-les-cop/

École : les vrais défis, Les chantiers de l’orientation, suite par Bernard Desclaux http://www.cahiers-pedagogiques.com/Les-chantiers-de-l-orientation-suite

Bernard Desclaux

 

 

 

 

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This entry was posted on Jeudi, juillet 20th, 2017 at 11:30 and is filed under Non classé, Orientation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

2 Responses to “PsyEN, quel changement ?”

  1. annick SOUBAI Says:

    Quand un mot disparaît avec lui la chose qu’il désignait disparaît aussi. C’est la loi du sens inscrite dans le lien qui unit signifiant à signifié. Je compte parmi celles et ceux qui regrettent la disparition du mot conseil, comme je regrette aussi la disparition du mot projet, dont on a peu parlé, qui s’est transformé en parcours… ne gardant que le p comme trace de son passé. Au jeu des mots et des lettres, le mot psychologue est passé de dernier , conseiller d’orientation- psychologue à premier: psychologue de lEducation nationale.Il est donc mis en tête. On dit que l’histoire ne repasse pas… mais elle bredouille et nous ramène aux premiers temps de la psychologie scolaire. La nouvelle appellation renoue avec ce passé qui n’est donc pas refoulé ou alors à la manière freudienne, on dira que c’est le retour du refoulé.J’évoque là la pratique de la psychotechnique, dont nous conservons un avatar: le WISC dont les numéro se succèdent à l’envi.

    Les nouveaux psychologues (à la manière des nouveaux philosophes) vont-ils réinventer une nouvelle psychologie ou, comme le craint Jean-Marie, par leur accompagnement légitimer des pratiques d’exclusion? Un long chapitre s’ouvre pour l’avenir des élèves désignés comme à besoins particuliers, désormais accompagner par un psychologue dédié.

    Ce domaine n’étant pas ma spécialité, je n’en dirais rien. Il est un mot qui a aussi disparu dans la bataille pour la reconnaissance menée par notre profession et celui-là est encore plus signifiant … c’est le mot « orientation ». Il désigne l’objet du conseil. Je l’aime bien ce mot car il est beau…il contient une promesse d’avenir.

    Ah, Bernard titrait il y a quelques temps dans un de ses billets « jeu de mains… jeux de … » mais il n’a encore rien écrit sur les jeux de mots… Pour renouer avec Michel Foucault, dont on pourrait reparler avec les nouveaux enjeux de la psychologie à l’Ecole qui se profile avec la création d’un nouveau corps.

  2. bernard-desclaux Says:

    Céline Broquet propose ce commentaire :

    Moi ce que j’apprécie dans cet article ce sont les questions soulevées et ce en toute sincérité, car ce sont de vraies questions de terrain : oui, ce nouveau statut implique nécessairement des changements (même si je les accueille plutôt favorablement pour ma part), qui viennent bouleverser notre identité professionnelle voire, à moyen/long terme, nos pratiques.

    Après, je ne sais pas si il est réellement opportun d’aborder la question sous la forme « question de l’orientation » qui suggère que les psyEN EDO interviennent uniquement lors des paliers d’orientation, alors qu’il y a tant à faire en amont… et je crois bien que c’est justement là dessus que nous seront désormais attendus d’ailleurs.
    C’est un travail difficile d’appropriation en tant que futurs « formés à l’ancienne » car non, nous ne seront pas des psychologues de l’orientation, mais bien des psychologue de l’éducation, du développement et de l’orientation scolaire et professionnelle (rien que ça !). Mais je pense qu’à terme, notre expérience d' »ancien » sera une vraie mine car la transition vers « l’orientation gérée par tous » risque d’être douloureuse…

    Autre aspect intéressant dans l’article : je crois également qu’il faudra effectivement rester vigilant aux risques d’instrumentation du psychologue : c’était déjà le cas sous l’appellation COP, et c’est aussi le cas des psychologues qui exercent en institution de manière générale… peut être que des temps d’analyse de pratique pourront nous permettre d’avancer ensemble dans cette réflexion et ce dans l’intérêt des jeunes et leur famille. Et quid des psychologues d’en « haut » (tout comme les IENIO et psys des SAIO qui ont cette vigilance sur les questions d’orientation) ? Y aura-t-il une extension de leurs missions ou bien la mise en place de psys « conseillers techniques » qui apporterons leur expertise sur les questions « nouvelles » tel que la gestion de crise par ex ? Bref, l’aventure ne fait que commencer…

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