22 recrues. C’est le bilan chiffré de l’opération Phénix qui rassemble cette année neuf grandes entreprises et huit universités « parisiennes ». Sur les trois premières années de cette opération de recrutement destinée aux diplômés de Master 2 Recherche en lettres et en sciences humaines, l’opération Phénix a donc permis le recrutement de près de cent diplômés qui n’auraient jamais eu accès à l’entreprise.
Mais comment expliquer le chiffre de cette année, en retrait par rapport aux deux premières promotions ?
La crise économique est la principale raison de ce ralentissement
Cela semble une évidence, mais certaines sociétés partenaires ont gelé l’ensemble de leurs recrutements au cours des derniers mois, d’autres les ont ralentis très fortement. Malgré ce contexte morose, alors que beaucoup de sociétés revoient leurs dépenses et modifient de façon très substantielle leurs structures de coûts, l’opération Phénix a perduré. Cela prouve que Phénix est une opération stratégique pour l’ensemble des partenaires.
« Nous n’avons pu recruter que quelques candidats cette année. C’est dommage car nous avons vu des jeunes de grande qualité. Dans une conjoncture normale nous en aurions pris une dizaine » explique ainsi un DRH partenaire.
La grève des universités
La grève qui a paralysé la vie de nos partenaires universitaires au printemps dernier ne nous a pas permis de communiquer, comme nous l’avions fait les années précédentes, au sein des universités. Cela a été très dommageable. Un exemple ? A Paris IV, plus gros pourvoyeur de CV, nous n’avons pas pu faire de forum d’information cette année car les portes étaient closes au plus mauvais moment. J’ai souvent été interrogé durant cette période sur l’impact qu’aurait cette grève dure sur la perception des universités par les entreprises et surtout, sur ses conséquences pour les relations entreprises/universités. Nous n’avons eu cette année que 312 candidats contre 575 l’an passé alors que la période - je pense notamment aux difficultés rencontrées par les jeunes sur le marché du travail- aurait dû conduire à une augmentation de ce nombre. C’est une conséquence très concrète des blocages en tout genre.
L’image dégradée des entreprises et … des universités
Phénix est une opération qui rapproche deux mondes qui se méfient l’un de l’autre. C’est l’originalité de cette expérience, c’est aussi sa fragilité. Nous avions réussi les deux premières années à créer une sorte de passerelle entre ces deux univers, chacun faisant fi de ses a priori. Mais la crise est venue ternir l’image des entreprises aux yeux d’une population - les masters 2 Recherche- qui s’est vu confortée dans ses préjugés sur le manque d’éthique et l’inhumanité des entreprises (bonus, licenciements etc.). Pour la première fois, des candidats (cinq en tout) ont reçu une proposition de CDI et n’ont pas donné suite. Un luxe difficilement compréhensible au vu de la conjoncture !
De leur côté, les entreprises ont observé sans trop les comprendre, le désordre et le jusqu’au-boutisme dans la contestation du monde universitaire. Cela n’a pas contribué à leur enthousiasme pour ces profils, comme vous pouvez l’imaginez.
Le plus important, comme je l’indiquais, reste cependant que Phénix perdure. Mieux, l’opération accueillera dès cette année une nouvelle université partenaire (Paris X Nanterre) et de grandes entreprises sont sur le point de nous rejoindre. Je vous tiendrai informé sur ce blog de ces différentes étapes. Phénix est une opération qui s’inscrit plus que jamais dans la durée. Innovante, elle n’en reste pas moins sujette à l’actualité. Stratégique, elle est pérenne et vouée à se développer dès le retour de jours meilleurs.









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Les commentaires sur votre blog sont donc désormais ouverts. Merci et à bientôt pour un commentaire sur Phénix.Pierre Dubois
312 candidats pour 22 embauches en 2009
575 candidats pour 36 embauches en 2008
9 grandes entreprises et 8 universités parisiennes mobilisées pour un résultat aussi mince, soit moins de 3 étudiants par grande entreprise partenaire et par Université impliquée
Est ce vraiment plus qu’une opération de communication ?
Libre à vous de le penser, mais ce n’est pas le cas. La proportion entre le nombre de recrutés et le nombre de candidats est tout à fait conforme à la norme observée dans tous les recrutements tant en entreprise que dans le public (reportez-vous à la proportion recrutés/candidats aux concours de l’agrégation ! Il ne viendrait à l’idée de personne pourtant de dire que l’agrégation est une opération de communication !)
Pour ma part, je me réjouis d’avoir permis à ce jour avec les partenaires de Phénix le recrutement de 92 jeunes littéraires en entreprises. L’ensemble des partenaires, est je pense, solidaire dans cette démarche et ce constat.
“qui n’auraient jamais eu accès à l’entreprise”… c’est un peu dur, non? Une bonne partie d’entre nous avait déjà travaillé dans le privé avant Phénix.
@mabherve : Pour ce qui est de l’argument de dire qu’il s’agirait d’une simple opération de communication, je trouve que c’est également réducteur. Sans doute que les différentes entreprises participantes y trouvent leur compte en terme d’image. Cependant, pour avoir participé au Forum 2009, je pense pouvoir dire que le nombre réduit de recruté tient plus au fait que de nombreux candidats semblent perdus face à leur avenir qu’à une mauvaise volonté des différentes entreprises. Là encore, comme dans le cas de Julia présenté dans un autre article, la question de l’accompagnement des étudiants revient sur le devant de la scène. La défaillance vient alors du système éducatif et non des entreprises.