Le patron qui aime les littéraires

Paraît demain en librairie un livre important pour la cause que je défends : « Le patron qui aime les littéraires »(éditions Lethielleux/DDB), livre de Serge Villepelet, Président du grand cabinet d’audit et de conseil PricewaterhouseCoopers, qui a lancé et soutenu l’opération Phénix.

J’en recommande vivement la lecture, car il faut qu’un tel point de vue soit connu tant du côté du monde universitaire que du côté des entreprises; il faut que ce point de vue fasse tache d’huile et contribue ainsi à modifier la culture française dominante qui veut qu’études littéraires et employabilité dans le monde des entreprises soient incompatibles.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici le début du Chapitre 1:

 » Pourquoi recruter des sociologues ou des historiens de l’art alors que nous sommes reconnus, par les étudiants mais aussi par nos clients comme un creuset de talents issus des écoles les plus prestigieuses ? Ma réponse est simple : parce que je suis convaincu que ces profils ont beaucoup à apporter aux entreprises. Dans ces filières, certaines personnalités, avec leur esprit critique notamment, doivent nous aider à réfléchir à ce que nous sommes, à nos façons de faire. Bref, elles doivent nous aider à devenir  plus performants en nous poussant à réfléchir aux sens de nos missions quotidiennes et de notre engagement quotidien auprès de nos clients. » Ces diplômés ont des qualités que les autres n’ont pas ! »

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5 thoughts on “Le patron qui aime les littéraires”

  1. Je suis étudiante en philo et suis en train de lire ce livre que mon papa, directeur financier chez PWC, vient de me conseiller.
    D’un côté, le type de travail proposé en entreprise m’a toujours attiré, et le fait qu’une formation littéraire puisse y mener me parait, dans une certaine mesure, intéressant. Cependant, je me vois tout de même très mal mettre mes qualifications au service d’entreprises capitalistes etc.
    Découvrir Kant, entre autres, c’est aussi prendre conscience d’une très forte définition de ce qui est moral. Selon lui, il n’est permis d’agir qu’à condition que notre action puisse être élevée au rang de loi universelle, applicable par tous. Et le mode de fonctionnement capitaliste ne me parait pas pouvoir prétendre s’élever au rang des actions morales. Dès lors…

  2. Mademoiselle,

    en lisant votre commentaire, que je respecte, je pense que vous n’avez pas bien compris l’analyse du philosophe André Comte-Sponville sur ce sujet, et par là la pensée de Kant. La question morale n’a rien à voir avec la question des systèmes politiques et/ou économiques.

  3. Il faut savoir être pragmatique dans la vie. Toutes les universités de lettres et sciences humaines ne formeront plus de futurs enseignants. Or, que proposent les opposants aux actions de rapprochement entre les universités et les entreprises ? Savent-ils réellement ce que font leurs anciens étudiants qui n’ont pas réussi les concours ? Connaissent-ils le phénomène de déclassement social à bac+5 ? Je n’ai rien vu pour l’instant de leur part quelque chose de concret, visible, analysable…

    Quelles différences entre un diplômé d’école de commerce et un bac+5 universitaire ? Rien, les deux devront apprendre leur travail dans l’entreprise…

    Donc bravo pour l’opération Phénix (dommage qu’elle ne concerne que des universités parisiennes …) ou le dispositif du CNAM concernant les littéraires… Dommage qu’ils ne concernent que certains étudiants géographiquement privilégiés…

  4. Bonjour,

    Issu des sciences humaines, j’ai dû réaliser, seul, une « opération phénix » à l’échelle individuelle (notamment via un long séjour en Angleterre), et, aujourd’hui, je travaille comme cadre, dans la communication. Mon métier me plaît beaucoup, et me permet de poursuivre des projets personnels de recherche et d’écriture.

    Pour autant, mais peut-être suis-je trop exigeant, je trouve dommageable de penser la personnalité littéraire comme un levier de « performance », et d’invoquer la figure mythique du « phénix ».

    Je préfère penser les choses en termes de continuité, et je n’ai pas abandonné mes convictions concernant les méfaits du culte de la « performance », justement. Pour moi, la vie en entreprise est davantage une opportunité unique pour poursuivre des recherche, car l’exécution (la performance), n’est pas tout : le travail dans le privé, c’est aussi une certaine approche de la comédie humaine, une avalanche de données sociologiques au quotidien, bref, des collègues, de l’humain, du partage, des relations réalistes et décontractées…c’est la vie ! Ce n’est pas que de l’économie, et on n’insistera jamais assez sur ce point ! C’est une forme d’action collective, un bien social, créateur de valeur.

    Au lieu d’intégrer le « littéraire » dans le paradigme de la performance, il vaudrait mieux étendre le domaine du travail. N’est-ce pas d’ailleurs ce qui, déjà, se trame sous l’égide du « 2.0 » ?

  5. Bonjour,

    Je pense que SD est la caricature même des ces étudiants en lettres prétendument porteurs d’un savoir supérieur, mais qui en réalité, semble-t-il, n’ont rien compris aux impératifs sociaux-économiques de notre époque, ni même d’ailleurs à Kant…

    J’ai moi même été étudiante pendant trois ans en classe préparatoire littéraire, et je travaille aujourd’hui chez PwC. Je n’ai pas l’impression d’être esclave du capitalisme, ni d’aller à l’encontre de la « morale ».

    Merci Bernard Deforge pour votre blog.

    Cordialement,

    Sarah

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