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Universités vs entreprises se méfier des oppositions faciles

Retour sur le colloque du 18 février  « Sciences humaines : de nouvelles ressources pour l’entreprise ».

Un point m’a frappé dans les échanges qui ont eu lieu lors du colloque du 18 février dernier. Un lieu commun a été répété, sans que personne réagisse : le monde de l’entreprise est difficile, brutal, inhumain, tandis que le monde universitaire est idéalisé; monde nourri et vivant des valeurs humanistes, il serait un lieu parfait d’épanouissement humain. Donc les jeunes issus de l’université ont devant les yeux un choix pipé entre un monde cruel (l’entreprise) et un monde bienveillant (l’enseignement et la recherche).

L’un des banquiers participant au débat s’est complu dans cette présentation du monde violent de l’entreprise, tandis que l’attitude benoite qui est d’usage dans l’Université a empêché les Présidents d’université présents d’aller contre cette idée reçue.

Car c’est évidemment une idée reçue, et comme toute idée reçue elle est fausse. Il ne s’agit pas de dire que le monde de l’entreprise est un monde gentil, bien sûr que non. Il faut simplement dire que le monde du travail est dur, y compris à l’Université. Peuvent en témoigner les jeunes chercheurs qui postulent à des fonctions de Maître de conférences convoqués à de multiples auditions dans des conditions bien souvent indignes. Pour reprendre une formule qui a fait mouche jadis, les Universités comme les entreprises publiques n’ont pas le monopole du cœur!

Une bonne nouvelle : le Comité de labellisation des bonnes pratiques en matière de recrutement d’étudiants en lettres et sciences humaines annoncé lors du colloque par la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, est en cours de constitution. Les bonnes idées font leur chemin.

Petit billet d’humeur sur la question de l’Histoire en Terminale S

L’affaire de l’Histoire en Terminale S : beaucoup de bruit pour rien ! A partir du moment où il s’agit de rééquilibrer les filières, donc de redorer le blason de la filière L et de cesser de faire de la filière S la filière prétendument royale – sans pour autant y supprimer l’enseignement de l’Histoire, mais en le rendant simplement optionnel, ce qu’ont occulte évidemment les pétionnaires corporatistes – je ne peux qu’approuver cette reforme.

L’Histoire bien sûr est essentielle à la formation des hommes, mais aussi les langues fondatrices de notre culture (latin et grec), mais aussi la musique, l’histoire de l’art, l’histoire des religions, la littérature, la philosophie, etc. Corporations délaissées, levez toutes vos drapeaux ! Exigez que vos disciplines soient toutes en Terminale S des matières principales !