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Bilan opération Phénix 2012

Je dois reconnaître que la moisson de 14 recrutés Phénix en 2012 (soit 5% des candidats au lieu des 10 % environ des années précédentes) me laisse un goût amer. Tant d’efforts pour un tel résultat!

Il faut dire que la conjoncture économique désastreuse ne favorise ni les recrutements d’une façon générale ni a fortiori  les démarches originales et sophistiquées comme celle de l’opération Phénix.

J’ai noté aussi cette année – et cela est sans doute lié également au climat général anxiogène – une très grande volatilité des candidats. C’est près du double de propositions d’embauches qui ont été faites, mais nombre de jeunes ont préféré renoncer soit pour commencer un doctorat soit pour entrer dans une école de commerce. Comme si l’engagement professionnel réel, même dans les conditions privilégiées de l’opération Phénix, leur faisait peur.

Mais je ne veux pas rester sur une note pessimiste. Aujourd’hui, et ce depuis 2007, 165 jeunes gens titulaires d’un M2 en LSHS ont trouvé en entreprise un emploi de niveau cadre en CDI grâce à tous les acteurs de l’opération Phénix, qui peuvent légitimement en être fiers. Et j’ai personnellement été sensible aux témoignages de satisfaction exprimés par quelques-uns d’entre eux, lors de l’émission de France Inter « Service Public » du vendredi 22 septembre consacrée aux philosophes. « Grâce à Phénix, dit l’un d’eux non sans humour, j’ai fait mentir la dédicace de Jules Vallès : «  »A tous ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim. » »

Autre point encourageant : l’interview du Ministre de l’Education Nationale, Monsieur Vincent Peillon dans Les Echos  du 3 octobre , appelant à mettre les élèves en contact avec le monde de l’entreprise dès la 6è. C’est effectivement très tôt que la perspective d’une carrière dans l’entreprise ou même d’entrepreneur doit trouver place dans les esprits : l’avenir des jeunes Français n’est pas de devenir tous fonctionnaires! Si cette acculturation à l’entreprise accompagnait tout au long la vie des élèves et des étudiants, l’opération Phénix n’apparaîtrait pas comme » une exception », ainsi que l’a nommée le journaliste de l’émission de France Inter déjà évoquée. Comme j’aimerais que la nouvelle Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Madame Geneviève Fioraso, s’exprime pareillement sur ce sujet! Mais les Assises en cours de l’Enseignement supérieur et de la Recherche lui en donneront à coup sûr l’occasion.

Bernard Deforge

Promotion Phénix 2011

Voici publié aujourd’hui le tableau de la promotion Phénix 2011 (27, sur 31 propositions de recrutement, puisque 4 recrutés ont décliné la proposition qui leur était faite (un chez PwC, deux chez Société Générale, un chez Eiffage).

Le process de recrutement a été particulièrement long cette année, et d’ailleurs deux candidats sont encore en piste (chez Eiffage et chez L’Oréal). S’ils sont recrutés, la promotion s’élèvera donc à 29 sur 300 candidats. Nous sommes donc dans les mêmes chiffres et les mêmes proportions que les années précédentes.

L’opération Phénix est à présent inscrite dans la durée. Depuis son lancement en 2007,150 jeunes diplômés de lettres et sciences humaines sont ainsi, grâce à Phénix, entrés en entreprise par la grande porte, et leur carrière s’y déroule dans des conditions identiques à celle des jeunes issus des écoles de commerce.

Il faut maintenant que ce type de recrutement, qui a fait ses preuves, se développe quantitativement et partout en France. Deux éléments nouveaux vont le permettre :

– la reconnaissance en juin dernier par le Ministère de la formation complémentaire dispensée en alternance aux recrutés Phénix, qui devient ainsi diplômante : il s’agit du Master 2 professionnel « Métiers de l’entreprise » aujourd’hui porté par l’université Paris-Sorbonne, mais que toutes les universités vont pouvoir à l’avenir mettre en place en liaison avec les organisations patronales locales;

– la création de l’Association Phénix. Association pour la promotion des formations LSHS au sein des entreprises (publiée au Journal Officiel du 6 août dernier). Cette association, créée à l’initiative d’universitaires (dont moi-même), entrepreneurs, responsables du ministère de l’Enseignement supérieur et du MEDEF, journalistes et personnalités diverses confrontées au quotidien à l’insertion des jeunes diplômés, a pour mission de soutenir et de faire connaître dans une perspective de saine émulation toutes actions du type de l’opération Phénix.

L’association s’attachera principalement à distinguer et à promouvoir à travers la délivrance de labels les universités (ou certaines de leurs composantes) et les entreprises qui œuvrent ensemble pour l’insertion professionnelle des étudiants en LSHS. Un appel à projets « Phénix » va ainsi être incessamment adressé aux universités et aux entreprises.

J’ai confiance que toutes ces initiatives vont permettre aux diplômés LSHS d’avoir toute leur place dans la société française de demain pour le plus grand bénéfice de celle-ci. Car, comme l’a déclaré récemment le philosophe Michel Serres -paroles que je fais miennes-, « le pragmatisme utilitaire est toujours contre-productif. On ne peut préparer les gens à un résultat immédiat. Tandis que si vous leur apprenez à puiser dans une culture extérieure, dans un domaine où il y a de l’inutilité -les textes classiques, la littérature ancienne, l’art, la musique…des choses absolument nouvelles pourront être inventées. Le court terme, et c’est vrai pour l’entreprise comme pour la recherche ou l’enseignement, est toujours inutile. Si vous voulez former quelqu’un à être vraiment adapté à ce qui va se passer demain matin, vous êtes sûr de faire de lui un inadapté et de rendre sa technicité désuète dès son arrivée sur le marché. Car ce qui se passera demain sera nécessairement nouveau. »

Bernard Deforge

Dernières nouvelles de l’opération Phénix

Depuis dimanche dernier 15 mai les candidatures aux postes Phénix 2011 sont closes.

Par rapport à l’an dernier les chiffres, à ce stade du process, sont constants : 350  candidats et 700 candidatures, les candidats pouvant postuler à 1, 2 ou 3 postes.

Commence à présent la période du recrutement proprement dit, qui s’achèvera au début du mois de juillet. Nous connaîtrons alors le nombre de recrutés Phénix 2011, qui, je l’espère, sera lui aussi constant par rapport à l’an dernier, voire supérieur.

Cette nouvelle promotion inaugurera la nouvelle formule de la formation aux « Métiers de l’entreprise » qui se déroulera en alternance d’octobre à mai à l’université Paris-Soronne. Il faut rappeler qu’il s’agit là, comme les années précédentes, de formation professionnelle (les recrutés étant salariés de leur entreprise en CDI, contrat pro). Nous espérons que cette formation recevra prochainement l’habilitation du Ministère en tant que Master Pro, ce qui offrira un double avantage :

-pour les recrutés, de leur permettre de devenir ainsi titulaires d’un Master Pro (en plus de leur Master de Lettres, Sciences humaines et sociales) ;

– pour tous les étudiants en Lettres et SHS, d’ouvrir ainsi la voie pour que soit créé ce type de Master dans  l’ensemble des universités françaises.

Et, en outre, on pourrait imaginer que pour l’opération Phénix 2012 (avec la formation à Paris-Sorbonne), tous les titulaires d’un Master LSHS de toutes les universités françaises (obtenu en 2012 ou en 2011) puissent se porter candidats. Ainsi serait satisfaite l’étudiante titulaire d’un master obtenu dans une université de province qui, exclue de facto de l’opération Phénix en cours,  a tout récemment manifesté auprès du correspondant Phénix d’une université partenaire sa mauvaise humeur, compréhensible, en ces termes : »Bonjour, je viens de lire votre mail concernant ma candidature rejetée. En effet, je n’ai pas obtenu mon diplôme dans les universités » éligibles » et je dois dire que je trouve ça vraiment révoltant que les universités de province n’en fassent pas partie, comme si elles ne valaient rien par rapport aux universités parisiennes. Il s’agit de la 5ème édition de l’opération Phénix, elle n’en est donc plus dans une phase « test » et devrait s’étendre à l’ensemble des universités nationales. Peut-être pourriez-vous m’expliquer les raisons d’un tel choix qui pénalise tous les étudiants de sciences humaines de province sans même leur laisser une chance ? Et a contrario favorise les étudiants parisiens dans une ville déjà plus propice à trouver un emploi à l’issue de son cursus. Je ne pense pas m’adresser à la bonne personne, j’espère tout de même que ce message sera relayé et permettra de faire avancer les choses (sans grand espoir) ».

Vous voyez, Mademoiselle, qu’il ne faut jamais perdre espoir.

Bernard Deforge