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Opération Phénix – 5ème édition

Opération Phénix

Opération Phénix

Le Forum Phénix aura lieu le 6 avril à la Cité Universitaire. A cette occasion les étudiants des universités partenaires auront l’occasion de rencontrer les entreprises et de se renseigner sur les postes proposés. Participer à cet événement est absolument essentiel si l’opération Phénix vous intéresse car les entreprises partenaires seront présentes.

Vous pourrez dans un second temps postuler sur le site operationphenix.fr dès le 7 avril et ce, jusqu’au 9 mai.

Si j’en crois l’afflux de questions depuis plusieurs semaines sur ce blog, vous êtes très nombreux à vous intéresser, cette année encore, à l’événement.

Je réponds ci-dessous à chacune de vos questions. N’hésitez surtout pas à m’en faire parvenir d’autres si certains points méritent selon vous éclaircissements.

Merci à vous et à très bientôt.

Bernard Deforge

Est-ce qu’avec un Master 2 Recherche en Philosophie, j’ai vraiment les qualités requises pour postuler chez Société Générale comme conseiller clientèle ? Cela me semble être un très grand écart….Cécile M

C’est justement la philosophie de l’opération Phénix. Les entreprises partenaires sont convaincues que des profils littéraires comme le vôtre, ont leur place en entreprise. Avec l’opération Phénix, les diplômés de lettres ou de sciences humaines n’ont plus comme seuls débouchés la recherche ou l’enseignement. L’entreprise est une troisième voie qui s’ouvre à eux. Vos qualités d’écoute, votre esprit de synthèse, votre aisance rédactionnelle sont très recherchées par les entreprises. Celles-ci sont en quête de profils complémentaires de ceux des grandes écoles. La crise qu’a traversée notre économie n’a fait que renforcer ce besoin d’humanités dans l’entreprise. C’est donc plus que jamais l’heure des littéraires !

Après cinq d’études littéraires, mon rêve est d’avoir un vrai salaire. Est-ce possible avec Phénix ? Fatou C

En tant que titulaire d’un bac+5, vous pouvez intégrer l’entreprise avec un statut cadre et à un niveau de salaire comparable à ceux des autres jeunes diplômés qui rejoignent habituellement nos entreprises. Mais attention : si le salaire est votre seule motivation- motivation très légitime de surcroît- cela ne suffit pas. Vous devez vraiment vous projeter dans l’entreprise, partager ses valeurs, son projet, pour avoir toutes vos chances.

Je m’appelle Farid B : Comment se passe un entretien Phénix ?

Le processus de recrutement est identique à celui d’un recrutement classique. Il peut varier en fonction des entreprises. Je vous invite vivement à participer au forum le 6 avril à la Cité Universitaire et à poser vos questions directement aux entreprises qui vous intéressent.

Le plus important : préparez-vous à ces entretiens ! Allez au bureau d’insertion professionnelle de votre université qui pourra vous accompagner dans la construction de votre CV mais aussi dans la préparation à l’entretien proprement dit. Nous constatons que ce sont très souvent ceux qui ont fait cette démarche qui réussissent.

A la suite d’un stage à l’étranger l’an passé dans le cadre de mon M2, je n’ai pas pu participer à l’Opération Phénix. Existe-il des « sessions » de rattrapage pour les diplômés de l’an passé ? Sabine G

L’opération Phénix s’adresse aux étudiants inscrits en master 2 recherche – Lettres, Sciences Humaines ou aux étudiants diplômés d’un de ces masters 2 l’année précédente. Si vous êtes diplômée d’un des masters éligibles d’une des dix universités partenaires, vous pouvez tout à fait postuler cette année.

Quelles sont véritablement nos chances d’être recrutés sachant que nous n’avons jamais fait de comptabilité ou d’économie ? Mathieu Z

Si vous êtes recruté par une des entreprises partenaires, vous bénéficierez d’une formation commune à l’ensemble des recrues. Cette formation a pour objectif de vous préparer au monde de l’entreprise et à son environnement. C’est en quelque sorte, une remise à niveau qui vous permettra de mieux appréhender votre intégration en entreprise. Son programme est d’ailleurs collectivement défini par les dix entreprises partenaires.

Que sont devenus les recrutés de la première édition Phénix ? Jérémy U

Je vous invite à lire les témoignages des recrutés Phénix sur le site opérationphénix.fr. Des anciens recrutés vous font part de leur expérience. Certains ont changé de poste, d’autres sont devenus chef d’équipe. Enfin et comme dans toutes les entreprises, d’autres ont démissionné mais pas plus que les autres.

Une fois dans l’entreprise, a-t-on les mêmes chances qu’un HEC ou un Centralien ? coco77

Pourquoi n’auriez-vous pas les mêmes chances ? L’opération Phénix n’est pas une opération de recrutement au rabais ! Les entreprises engagent des littéraires pour leurs qualités et leur potentiel. Elles attendent d’eux le même travail et les mêmes performances que toute autre recrue. Nous considérons que l’excellence ne passe pas uniquement par les grandes écoles. L’histoire commence à nous donner raison.

L’opération Phénix est-ce un moyen de pallier à vos difficultés de recrutement ou un coup du pub ? Je me méfie beaucoup des opérations de diversité sans contenu réel. socrate87

Pourquoi cette défiance ? Pensez-vous que l’opération durerait depuis quatre années si cela était un coup de pub ? Si elles embauchent des diplômés d’université, c’est qu’elles croient à leurs potentiels.

Prenez l’exemple des pays anglo-saxons, il n’est pas inhabituel que des littéraires occupent des postes de contrôleurs financiers, de responsables des achats ou de DRH. Pourquoi cela ne marcherait pas chez nous ?

J’ai plusieurs expériences de vendeur dans la vente et la restauration. Elles m’ont permis de financer mes études. Faut-il les indiquer dans mon CV pour l’opération Phénix ? Sithy N’G

Je vous invite vivement à le faire ! Ces expériences vous ont permis de développer des qualités dont sont très friandes les entreprises : relationnel, sens de l’organisation, etc. Nos constatons d’ailleurs lors des recrutements Phénix que ces expériences sont un vrai plus.

Le patron qui aime les littéraires

Paraît demain en librairie un livre important pour la cause que je défends : « Le patron qui aime les littéraires »(éditions Lethielleux/DDB), livre de Serge Villepelet, Président du grand cabinet d’audit et de conseil PricewaterhouseCoopers, qui a lancé et soutenu l’opération Phénix.

J’en recommande vivement la lecture, car il faut qu’un tel point de vue soit connu tant du côté du monde universitaire que du côté des entreprises; il faut que ce point de vue fasse tache d’huile et contribue ainsi à modifier la culture française dominante qui veut qu’études littéraires et employabilité dans le monde des entreprises soient incompatibles.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici le début du Chapitre 1:

 » Pourquoi recruter des sociologues ou des historiens de l’art alors que nous sommes reconnus, par les étudiants mais aussi par nos clients comme un creuset de talents issus des écoles les plus prestigieuses ? Ma réponse est simple : parce que je suis convaincu que ces profils ont beaucoup à apporter aux entreprises. Dans ces filières, certaines personnalités, avec leur esprit critique notamment, doivent nous aider à réfléchir à ce que nous sommes, à nos façons de faire. Bref, elles doivent nous aider à devenir  plus performants en nous poussant à réfléchir aux sens de nos missions quotidiennes et de notre engagement quotidien auprès de nos clients. » Ces diplômés ont des qualités que les autres n’ont pas ! »

Pour en savoir plus

Universités vs entreprises se méfier des oppositions faciles

Retour sur le colloque du 18 février  « Sciences humaines : de nouvelles ressources pour l’entreprise ».

Un point m’a frappé dans les échanges qui ont eu lieu lors du colloque du 18 février dernier. Un lieu commun a été répété, sans que personne réagisse : le monde de l’entreprise est difficile, brutal, inhumain, tandis que le monde universitaire est idéalisé; monde nourri et vivant des valeurs humanistes, il serait un lieu parfait d’épanouissement humain. Donc les jeunes issus de l’université ont devant les yeux un choix pipé entre un monde cruel (l’entreprise) et un monde bienveillant (l’enseignement et la recherche).

L’un des banquiers participant au débat s’est complu dans cette présentation du monde violent de l’entreprise, tandis que l’attitude benoite qui est d’usage dans l’Université a empêché les Présidents d’université présents d’aller contre cette idée reçue.

Car c’est évidemment une idée reçue, et comme toute idée reçue elle est fausse. Il ne s’agit pas de dire que le monde de l’entreprise est un monde gentil, bien sûr que non. Il faut simplement dire que le monde du travail est dur, y compris à l’Université. Peuvent en témoigner les jeunes chercheurs qui postulent à des fonctions de Maître de conférences convoqués à de multiples auditions dans des conditions bien souvent indignes. Pour reprendre une formule qui a fait mouche jadis, les Universités comme les entreprises publiques n’ont pas le monopole du cœur!

Une bonne nouvelle : le Comité de labellisation des bonnes pratiques en matière de recrutement d’étudiants en lettres et sciences humaines annoncé lors du colloque par la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, est en cours de constitution. Les bonnes idées font leur chemin.

Les Lettres, filière d’excellence

Tout a été fait depuis des décennies pour « tuer » les littéraires. Au point qu’un Centre d’études doit, pour être reconnu, s’appeler un laboratoire. Au point qu’un livre – qui est l’aboutissement, le couronnement du travail d’un littéraire – compte moins dans l’évaluation d’un chercheur en lettres et sciences humaines que la publication d’une série de petits articles, comme c’est l’usage dans les disciplines strictement scientifiques où la «découverte » est collective et résulte de l’accumulation des multiples travaux des uns et des autres. Il fallait à tout prix « faire scientifique ». Singer les scientifiques. Le mot même de « chercheur », devenu aujourd’hui le mot générique qualifiant tous les universitaires « enseignants – chercheurs » s’inscrit dans ce mimétisme réducteur. Or on peut être un « savant » sans être un « scientifique ».

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