Attirer et séduire les visiteurs des bibliothèques

L’escalier en colimaçon de la Cottbus University Photograph © Rene Schwietzke.

Au-delà de l’introduction du digital au sein des bibliothèques universitaires, on exploite de nouvelles techniques issues du marketing et du merchandising afin d’attirer et de séduire les visiteurs de moins en moins fidèles. Face à l’immédiateté et à la facilité des outils numériques, il faut redonner envie aux usagers de faire l’effort d’aller vers «l’objet livre». Ainsi, à la manière des librairies, les bibliothèques commencent à repenser la disposition et la présentation des ouvrages. On envisage l’usager comme un consommateur qu’il faut séduire, et auquel il faut faire vivre une expérience plaisante, quasi sensorielle. Sur ce sujet, les bibliothèques publiques ouvrent la voie et n’en finissent pas d’innover pour surprendre leurs visiteurs.

Être attentif aux besoins des usagers

Piochant directement dans les techniques de marketing, certaines bibliothèques publiques analysent les besoins de leurs cibles et segmentent les espaces selon les centres d’intérêt de chacune. La bibliothèque publique d’Almere en Hollande ainsi que la bibliothèque publique d’Amsterdam ont créé différents espaces de découverte où le visiteur peut flâner et s’attarder comme il le souhaite, selon ce qui attire son attention. Les ouvrages sont classés par « petits magasins » selon les publics et les marchés. On sort du cadre utilitaire de la bibliothèque traditionnelle pour permettre à l’usager de redécouvrir le plaisir des livres. Dans cette optique, l’ouverture des espaces et la lisibilité des ouvrages exposés sont essentiels.

Mettre en valeur les ouvrages

Ci-dessus, les présentoirs sophistiqués de la bibliothèque publique d’Almere en Hollande. Photograph © Marjolein.

Pour aller jusqu’au bout de sa démarche, la bibliothèque publique d’Amsterdam a pensé la présentation de ses ouvrages comme une présentation de produit. Elle s’est appuyée sur les techniques de merchandising pour attirer le regard des visiteurs et piquer leur curiosité, à la manière des concepts stores. On dispose les livres à portée de main, sur des présentoirs sophistiqués et attrayants. La couverture de chaque ouvrage est tournée vers les visiteurs.

Des architectures originales

Les bibliothèques universitaires suivent les avancées des bibliothèques publiques. Elles travaillent sur ces aspects fondamentaux et repensent notamment les formes et les couleurs des lieux dans lesquels évoluent les usagers. Ainsi, la bibliothèque universitaire de Cottbus a construit son bâtiment autour d’un élément central : un escalier en colimaçon particulièrement coloré. Tout comme le sol de la bibliothèque, cet escalier a été marqué par des bandes de couleurs servant à se repérer à travers les différents départements. Chaque étage présente des codes et un aménagement différent, ce qui évite la répétition et la monotonie habituellement présentes dans les bibliothèques universitaires.

Un mobilier confortable et modulable pour s’approprier les espaces

Tout comme l’architecture, le mobilier des bibliothèques universitaires se transforme au profit de formes organiques, plus naturelles et plus en phase avec l’utilisation qui en est faite par les usagers. Dans la bibliothèque de Cottbus, les courbes et lignes douces prévalent, tout comme les tables rondes ou ovales, qui symbolisent le partage, l’échange et le travail collaboratif. Et dans cette optique de partage, le mobilier devient mobile à l’aide de roulettes placées sous chaque meuble. Grâce à cette technique, la bibliothèque de l’Ecole Polytechnique de Montréal facilite la réorganisation et la personnalisation des espaces par les usagers.

Cet article est la suite de l’article « Bibliothèques universitaires et technologiques numériques« 

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One Response to “Attirer et séduire les visiteurs des bibliothèques”

  1. anne elisabeth liebmann Says:

    Bonjour à tous !
    La vie des bibliothèques universitaires en France est considérée comme la dernière roue du carrosse universitaire … Et pourtant un effort considérable a été réalisé lors de la création du Centre Sainte Barbe.
    Il faudrait revoir l’ensemble des B.U. ainsi que le mode de travail de cette branche où le numérique arrive davantage à marche forcée, sans véritable organisation, métiers mal définis, personnels peu recyclés.

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