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Jean-François Fiorina

Classeurs/classés : même combat ?

Interpellé par la rédaction du site Educpros sur la question des classements des grandes écoles, je me propose, dans ce billet, de vous expliquer ce que j’en pense, et comment ils s’intègrent dans la vie de l’établissement que je dirige. C’est également le sujet du moment puisque nous sommes actuellement en train de remplir les-dits questionnaires !

Partie prenante du business model.
Le monde ultra concurrentiel des ESC offre un nombre impressionnant de formations fantastiques… dans la limite d’un marketing inversement proportionnel à leur qualité ! Les classements sont donc devenus, au fil du temps, indispensables. Vivre sans eux n’est certainement possible que pour le premier de la liste… Pour nos candidats et leur famille, il s’agit d’un élément de différenciation, d’une photographie de nos performances à un instant donné. Nous y portons une attention toute particulière. Et il faut avoir connu l’ambiance d’un dimanche soir de défaite dans les vestiaires d’un club de foot pour imaginer la déception de perdre une place au palmarès… Les classements ne sont cependant pas une fin en soi, c’est la réalisation du projet de l’école qui prévaut. Viser la première place, coûte que coûte, comme en Formule 1 constitue la meilleure assurance d’échec ! Les classements doivent être perçus comme des instruments de progrès. Les universités françaises auraient-elles réagi avec autant de véhémence, à la suite de la publication « coup de tonnerre » du premier classement de Shanghai en 2003* ?

Savoir les lire.
Les classements doivent être lus dans la durée, année après année, complétés par les accréditations dont disposent certaines écoles de management. En outre, la diversité des « classeurs » et des classements est telle que les comparatifs restent encore délicats. Ils donnent une tendance. Les niveaux de lecture sont divers, et même si le national prédomine, les classements européens et mondiaux se multiplient. De quoi perdre le lecteur dans un dédale de critères, de commentaires et de parti pris…

Améliorer le système.
D’année en année, la qualité des classements augmente sous l’effet conjoint d’une meilleure communication « classeurs »/écoles, et d’une méthodologie de plus en plus aboutie.
Professionnaliser l’existant, rendre les classements encore plus pertinents et compréhensibles, c’est le défi que doivent relever les écoles et les médias « classeurs ». Objectif et intérêt communs bien compris : diffuser une information de qualité. Car la question de la fiabilité de l’information transmise par les écoles reste posée même si de multiples possibilités permettent sa vérification. Autre dilemme : comment gérer la différence, la diversité, les spécificités de chaque établissement comme les admissions parallèles ou les liens privilégiés avec certains milieux industriels ? Toute la difficulté réside dans le fait que les critères de classement, à la fois normatifs pour offrir une certaine homogénéité, ne doivent pas, pour autant, banaliser les écoles et leur créativité. Comment valoriser ainsi la diversité sans se disperser, sans multiplier le nombre de critères au risque de nuire à la lisibilité d’ensemble ? Le débat reste ouvert !
En guise de conclusion, je dirais que les classements permettent aux écoles d’avancer et de se remettre en cause, et aux « classeurs » de gagner en pertinence, ils ne seront pas considérés – dès lors – comme des « faiseurs » ou « défaiseurs » d’écoles.
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*Le chapitre des écoles de management auquel je participe rassemble dix directeurs d’école de commerce dont pour réfléchir, entre autres, à l’optimisation des critères de classement.
*Etabli une première fois en 2003 par la Shanghai Jiao Tong University/Institute of Higher Education, ce classement mondial des 500 meilleurs établissements de l’enseignement supérieur plaçait la première université française en 66ème position.

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