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Claude Thélot

Premier billet

Emmanuel Davidenkoff m’a proposé de tenir un « blog » logé par la rédaction de L’Étudiant, et je le remercie vivement de cette initiative. En 2004-2005, j’ai présidé la Commission du débat national sur l’avenir de l’École, et je suis donc particulièrement sensible au fait que la « question éducative » relève non pas, ou pas seulement, des experts, ou des enseignants, ou des politiques, mais de tout le monde. Surtout dans notre pays, qui a toujours mis en avant l’École comme creuset d’éducation et d’intégration de la jeunesse, c’est tous les citoyens qui sont attachés à sa réussite et qui doivent donc pouvoir s’exprimer à son propos. J’ai accepté de tenir ce blog dans cet esprit : pour favoriser une telle expression et de tels échanges.

Pour éviter autant que faire se peut des prises de position stériles ou mal informées je nourrirai ces billets, comme nous avions tenté de le faire lors du grand débat, de la réalité et de l’état actuels de l’École. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’information sur et l’évaluation de l’École sont essentielles : en faisant réfléchir au système éducatif dans son ensemble, sans privilégier sa propre expérience scolaire, elles doivent permettre de nourrir des diagnostics partagés sur l’état de ce système et même, dans une certaine mesure, sur les politiques éducatives à conduire. Et c’est ainsi, si elle fait l’objet d’un consensus ou d’un compromis suffisamment large, fondé précisément sur des diagnostics partagés, que la politique éducative sera plus légitime et donc plus efficace. En ce sens, il faut se réjouir que les priorités éducatives soient en effet moins l’expression d’options politiques et idéologiques opposées et inconciliables qu’il y a quelques décennies.

Quelques mots sur un des sujets d’actualité, la réforme du lycée. Notre lycée ne fonctionne pas si mal, contrairement à ce qui est dit parfois. Ce qui ne va pas bien c’est l’articulation entre le lycée (général et technologique) et le supérieur. D’autre part, la réforme du lycée doit être pensée en supposant que l’école obligatoire remplisse mieux qu’actuellement son rôle, et en particulier fasse mieux accéder à la maîtrise du socle commun de compétences. D’où trois idées générales à partir desquelles apprécier le projet de réforme :
a) Il ne faut pas trop changer le lycée, et à vrai dire, ce n’est pas ce segment du système éducatif qui devrait être le plus réformé, mais l’école obligatoire : école primaire et collège.
b) Il faut beaucoup plus aider les lycéens à « réussir » et en particulier à se préparer à l’enseignement supérieur (je ne parle pas des lycéens professionnels, qui ne sont pas concernés par cette réforme) ; d’où une attention aux questions d’éducation au choix et d’accompagnement personnalisé.
c) Les lycéens réussiront d’autant plus qu’ils feront davantage, au moins à partir d’un certain moment (et je pense que ce devrait être à partir de la classe de première), des choses qui les intéresseront ; d’où le souci de faire émerger un « projet éducatif » chez chaque lycéen, et la nécessité, après une seconde très générale, de deux années, première et terminale, plus colorées qu’aujourd’hui.

Je reviendrai sur la réforme projetée du lycée en l’examinant à partir de ces orientations.

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