Nous sommes à la mi-décembre, et les épreuves d’admissibilité des nouveaux concours de recrutement des enseignants auront lieu en septembre prochain (pour les professeurs des écoles) et en novembre prochain (pour les certifiés). Dans 9 ou 11 mois, donc. Or, la réforme n’est pas encore fixée, n’est pas encore annoncée, n’est donc pas connue. Il ne serait pas correct, dans ces conditions qu’elle s’applique lors des prochains concours : on ne peut demander aux candidats de préparer un concours dont ils ne connaissent pas les contours. C’est surtout vrai pour les épreuves du concours des professeurs des écoles, à vrai dire, parce que celles du CAPES ont peu de chances d’être modifiées, et les candidats savent donc à peu près où ils vont. Le ministère est désormais, par la difficulté à trancher, dans un calendrier trop serré pour être correct à l’égard des candidats. Je crois donc indispensable d’annoncer certes la réforme, quand elle sera arbitrée, c’est-à-dire sans doute dans les prochaines semaines, ce qui permettra de respecter les engagements pris, mais d’annoncer en même temps qu’elle s’appliquera aux concours de 2011, ceux de 2010 ayant lieu sous le mode actuel.

Sur le fond, décider de la réforme est manifestement très délicat, parce qu’elle se place dans un réseau de contraintes tellement serré qu’il n’y a pas de solution évidente : non seulement parce que la formation des enseignants est en soi un sujet très difficile, mais aussi parce qu’aujourd’hui les contraintes de moyens sont très tendues. Les rapports d’analyse se sont succédé, les avis sont contradictoires et s’expriment avec violence, il y a eu des projets divers soumis aux ministres, tout cela formant le contexte dans lequel la réforme doit être décidée et faite. Il est plus que temps que les arbitrages soient rendus.

Je ne vais pas ajouter mon grain de sel à ce déjà très lourd dossier. Sauf sur un point : il est capital que la réforme donne la plus grande place à la professionnalisation. Il est impossible qu’un futur professeur ne soit pas profondément formé au métier auquel il se destine, lequel est difficile et probablement plus qu’autrefois. Se pose alors la question : un étudiant peut-il en même temps suivre un mastère classique et se préparer au métier de professeur ? A la rigueur pour des futurs certifiés puisque la formation professionnelle pourrait être conçue comme un certain prolongement de mastères généraux universitaires ; mais sûrement pas pour les futurs professeurs des écoles qui sont polyvalents et doivent enseigner les apprentissages premiers. Donner la préférence à la professionnalisation des futurs enseignants, et notamment des futurs professeurs des écoles, conduit alors à regretter la disparition programmée des IUFM. Quelques IUFM qui ne fonctionnaient pas bien (mais l’Etat qui nomme leur directeur en est aussi responsable) pourraient être améliorés et ne devraient sans doute pas être l’occasion ou le prétexte de supprimer toute cette structure. Il me semble en effet que seuls des IUFM, mais améliorés et fonctionnant bien, sont à même de proposer et de faire préparer des mastères professionnels indispensables aux futurs enseignants : c’est sûr pour les futurs professeurs des écoles et c’est probable pour les futurs certifiés.

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One comment for “Formation des enseignants: délai et professionnalisation”

1

Bonjour.

Chronique signalée et commentée dans la Revue de Blogs n°7
http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/12/19/revue-de-blogs-n%c2%b07/

Cordialement

décembre 19th, 2009 at 11:51

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