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Jean-François Fiorina

Sport de haut niveau = terrain de management hors pair.

Les J.O. de Vancouver ont encore montré l’importance de la préparation physique et psychologique des athlètes. Etre prêt le jour J représente une somme de travail extraordinaire mais le résultat tient à peu de choses… Finalement, préparer un sportif de haut niveau ou un étudiant d’école de management au monde de demain pose des questions similaires : nous le savons bien à Grenoble… car nous faisons le deux * !  Comment gérer des hauts potentiels ? Comment repérer les individus capables de supporter la pression ? Comment les former et les accompagner pour leur permettre de réaliser leur rêve ou de vivre un échec sans se détruire ?

Le jour J. Contrairement à une Coupe du Monde qui se joue sur une année, les J.O. représentent une pression considérable par le simple fait que l’athlète se prépare 4 ans pour être au top sur quelques jours… Un manager vit le même stress. Comment se préparer au lancement d’un produit ou d’une technologie phare pour être au sommet de sa forme au moment crucial ? L’expérience montre – et particulièrement pour les Français lors de ces J.O. –  que la frontière entre l’exploit et l’échec est ténue. Bien sûr que la préparation compte. Tout est fait pour atteindre l’objectif mais quand la pression et le doute s’installent, la machine s’enraye.

La force de l’individu, c’est l’équipe. Et inversement.
Le biathlon français nous a donné de belles leçons de cohésion. Quand le vétéran de biathlon Vincent Desfrane s’exclame « qu’est-ce qu’il nous a fait ! » à propos de son jeune co-équipier Vincent Jay, médaillé d’or au 12,5 km, c’est le sentiment d’admiration et d’appartenance à un groupe hors-norme qui parle. Mais cela ne suffit pas. Bien d’autres facteurs individuels emportent la décision et l’admiration du public : l’intelligence de course d’un Jason Lamy-Chapuis, le détachement d’une Marie Dorin qui joue sa carte sans trop réfléchir, le mental du patineur qui se relève et se concentre malgré la chute, l’opportunisme d’une Marion Josserand, l’outsider en snowboard qui profite de la chute de sa compatriote émérite pour ramener le bronze à la maison.

« Le diable est dans le détail ». Pour ma part, j’ai découvert les impacts extraordinaires des choix de matériels, de technologies… Là encore, le parallèle avec le management est frappant. Chaque détail compte, chaque membre de l’équipe ou de l’entreprise apporte sa science pour la réussite… Sur une mauvaise appréciation de la qualité de la neige et de la météo, le choix du fart des Norvégiens les a mis à la peine au début des Jeux tandis que les Français bénéficiaient d’une glisse extraordinaire ! A ce niveau de compétition comme sur le terrain économique, la partie se gagne aussi dans les détails. Le sport ? Un excellent marché et de belles perspectives de recherche pour le management !

A l’heure où se terminent les J.O., les gamins devant leur téléviseur ont rêvé aux exploits de ces femmes et de ces hommes d’exception. Demain, ils deviendront, peut-être, les futurs médaillés des J.O. d’Annecy ! Je n’oublierai pas, cependant, la difficile reconversion de certains athlètes qui nous ont tant apporté et dont l’expérience unique n’est pas toujours été valorisée par la nation.

* Grenoble Ecole de Management a créé en 2007  l’Institut Sport & Management qui, entre autres, accueille chaque année une promotion de sportifs de haut niveau.

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