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Henri Audier

« Faire de Paris la plus belle métropole universitaire du monde, c’est possible ! »

Tel est le sous-titre lyrique du rapport de Bernard Larrouturou (BL) sur l’immobilier universitaire parisien. Ce rapport a été commandité l’an passé par Valérie Pécresse (VP), au moment même où elle décidait de se présenter aux élections régionales. Il faut lire ce rapport Larrouturou sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, au moins ses premières pages, “synthèse et résumé”, car, au-delà des désaccords que chacun peut avoir avec son contenu, il a trois mérites.

Le premier, qui est de taille, est d’informer chacun sur les trois PRES et le Campus en constitution à Paris, et de mettre sur la place publique les opérations immobilières envisagées dans la capitale. Ce n’est pas rien car depuis trois ans, le ministère opère en catimini, en opposant les universités les unes aux autres, sans qu’à aucun moment il ait été donné aux élus dans les conseils, aux syndicats, aux étudiants ou aux personnels une quelconque vue globale de la situation. Pourtant le rapport affirme : “Cette rénovation implique d’avancer avec l’ensemble des acteurs – avec les établissements d’enseignement supérieur, leurs personnels et leurs étudiants, et avec les collectivités territoriales – dans plusieurs directions.” Il serait temps que VP entende cette recommandation !

Le deuxième mérite est d’avoir tenté de préciser, avec succès, le contenu des nouveaux concepts sur les structures. Félicitons la ministre pour le choix du rapporteur, et ce n’est même pas de l’humour. En effet, il fallait au moins un administrateur chevronné, major de Polytechnique, ingénieur du corps des mines, ancien DG de l’INRIA puis du CNRS, pour tenter d’élucider, en seulement quelques pages, la chienlit dans laquelle Valérie Pécresse a plongé l’enseignement supérieur par la multiplication des structures : universités, écoles, PRES, Campus, Campus d’excellence, Pôles d’excellence, fondations, FCS, EPCS, etc. ; sans parler, pour la recherche, des Instituts, Alliances, SNRI, ANR, AERES, RTRA, et bien d’autres.

Le troisième mérite est d’avoir posé un diagnostic, sévère mais véridique, de la dégradation de la situation universitaire parisienne, particulièrement au cours des dernières années durant lesquelles Valérie Pécresse a été conseillère de Jaques Chirac, puis ministre. On ne peut à la fois embrouiller les structures, distribuer des milliards postiches (voir les précédents articles sur ce blog), opérer sans négociations et améliorer la situation. Citons quelques passages du rapport de BL

“Sept principaux facteurs de difficultés pèsent sur l’enseignement supérieur parisien :

– la grande taille et la complexité du dispositif, morcelé, cloisonné intellectuellement (…) ;

– la coupure entre universités et grandes écoles – plus vive à Paris que partout ailleurs (…);

– un certain manque d’émulation et d’ouverture (…) ;

– les problèmes spécifiques du domaine des sciences de l’homme et de la société (…) établissements sous-dotés en locaux et en encadrement administratif, manque de liens avec les autres domaines scientifiques, (…) difficultés pour l’insertion professionnelle des étudiants ;

– l’absence de vision régionale et la complexité de la prise de décision politique en Ile-de-France ;

– (…) la situation immobilière avec, pour la plupart des établissements, des implantations très dispersées et des locaux en mauvais état, voire délabrés, et souvent suroccupés;

– les grandes difficultés de la vie étudiante à Paris (…) pour les conditions de travail ou d’accès aux ressources documentaires, pour le logement, la restauration ou la pratique sportive (…)”.

Qu’à cela ne tienne, notre spécialiste de la com’ a plus d’un tour dans son sac : elle a déjà adopté le rapport. Mélangeant à souhait son rôle national et sa candidature régionale, elle a fait précéder la publication du rapport de BL, sur le site ministériel, d’une longue déclaration dans laquelle la candidate régionale Valérie va promettre tout ce que n’a pas réalisé la ministre Pécresse.

Ce sera l’objet de notre prochain article.

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