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Pierre Dubois

Formation continue en université

La formation professionnelle continue (FPC), devenue “formation tout au long de la vie” par la loi de 2004, est-elle une source de revenus significative pour les universités passées aux “responsabilités et compétences élargies” (RCE). Faut-il inclure la FPC dans leurs indicateurs de performance ? Existe-t-elle en 1er cycle, le cycle “Licence”, et pourrait-elle se développer dans les Instituts d’enseignement supérieur (IES) dont ce blog s’est fait un défi ?

La DEPP vient de publier les chiffres de la FPC dans les établissements supérieurs publics (universités, grands établissements, CNAM)… en 2007 (DEPP, Note d’information, n°10.05, mars 2010). Le bilan global n’est pas fameux et les universités s’en sortent moins bien que les autres établissements (tableau 1) : chiffres d’affaires en baisse (203 millions en 2007 contre 206 millions en 2006), plus grand nombre de stagiaires (347.000 en 2007) mais diminution du nombre moyen d’heures par stage (120 heures en 2007 contre 124 heures en 2006).

Les universités, désireuses d’augmenter leurs ressources en FPC, doivent savoir plusieurs choses et adapter leur offre de formation en conséquence. 1. Les financeurs de la FPC sont, de plus en plus, les entreprises, directement ou par l’intermédiaire de leurs OPCA (mais qu’en a-t-il été en 2008 et en 2009 ?) ; les fonds publics (Etat, régions) ont reculé ces dernières années (graphique 1).

2. La PFC concerne des publics divers (tableau 2) : la demande la plus importante (en heures stagiaires) est celle des particuliers (dont celle des publics du 3ème âge), en léger recul cependant de 2006 à 2007, puis celle des salariés (demande en recul pour ce qui est du plan de formation de l’entreprise et du congé individuel de formation, demande en forte hausse pour ce qui est du contrat de professionnalisation ; et enfin demande en progression pour les demandeurs d’emploi.

3. La durée moyenne des formations diminue d’année en année et n’était plus que de 120 heures par an ; les universités doivent en tenir compte sauf à négliger les signaux envoyés par le “marché”. Elles doivent également accélérer la montée en puissance des VAE partielles.

4. Quatre universités se distinguent en matière de formation proposée aux “particuliers inter-âges” (tableau 3). En 2007, Paris 4 a accueilli 31.500 stagiaires de ce type pour une durée moyenne de 9 heures dans l’année, Nantes, 14.600 stagiaires (moyenne : 15 heures), Lyon 2, 11.500 stagiaires (moyenne : 46 heures). L’université de Caen n’a accueilli que 7.400 stagiaires, mais pour une durée moyenne de 256 heures ; elle emporte la palme dans cette catégorie.

5. Moins de la moitié des stagiaires viennent rechercher un diplôme (national ou d’université) (graphique 2). Un peu plus de la moitié se sont inscrits dans des formations inférieures à 100 heures ou dans des formations culturelles.

6. En 2007, les universités ont délivré aux stagiaires de formation continue 26.000 diplômes d’université (tableau 4) et 31.000 diplômes nationaux, dont 6.600 licences professionnelles (en forte hausse par rapport à 2006) et 6.850 masters professionnels (tableau 5). 6.600 licences professionnelles, c’est encore peu mais cela signifie qu’il y a un espace pour la formation continue dans les Instituts d’enseignement supérieur.

7. Cinq spécialités dépassent les 3 millions d’heures / stagiaires (tableau 6) : les services à la personne, échange et gestion, sciences humaines et droit, formations générales, communication et information.

8. Les universités utilisent encore peu la formation à distance (tableau 7) : 12.000 stagiaires sur 347.000 ; une progression ne devrait pas être trop difficile !

Bref, il ne devrait pas être bien difficile pour les universités de mieux faire en “formation tout au long de la vie”. Pourquoi ne font-elles pas mieux ? Aux commentateurs de cette chronique de le dire !

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