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Pierre Dubois

UNEF : le coût des études

“Pour la 6ème année consécutive, l’UNEF rend publics les résultats de son recensement des pratiques illégales des universités en matière de droits d’inscription. Le constat est sans appel : 26 universités sont aujourd’hui dans l’illégalité en matière de droits d’inscription et s’exposent à des recours contentieux (cliquer ici)… “32% des universités font de la résistance” pour des montants allant de… 3 euros à 2.261 euros par an.

L’UNEF, outre les pratiques illégales habituelles (frais de dossiers par exemple), observe de “nouvelles pratiques de contournement de la loi” : “obligation de s’inscrire dans un diplôme d’université aux droits d’inscription libres en plus de l’inscription au sein du diplôme national aux droits réglementés”… (chronique : “5.200 euros pour un DU“); ”masters ouverts à un diplôme d’université avec un contenu de formation qui relève du diplôme national”. De manière fort surprenante – mais heureusement -, l’UNEF n’épingle pas les droits d’inscription que va pratiquer Dauphine Paris 9 pour certains masters (chroniques : “Dauphine et les droits d’inscription“, “Dauphine contre-attaque“).

L’UNEF dit marquer des points d’une année sur l’autre, mais demande avec insistance 1. que “Valérie Pécresse aille au-delà des rappels à la loi incantatoires et mette un terme définitivement à ces pratiques”…; 2. que “les engagements d’augmentation du budget de l’enseignement supérieur se traduisent par une augmentation des dotations de fonctionnement des universités”. L’UNEF reconnaît évidemment que former et diplômés des étudiants coûte. Elle joue son rôle de syndicat de gauche, partisan du financement quasi exclusif des universités par la puissance publique.

Dans le cadre des responsabilités et compétences élargies (RCE), les universités devraient avoir la possibilité de fixer, au moins partiellement, les droits d’inscription pour leurs diplômes, de les augmenter significativement par rapport à la situation actuelle. Sinon, la dérive de recourir à des diplômes d’université va se développer. La puissance publique (l’Etat et les Régions) doit financer fort majoritairement l’enseignement supérieur car il est un investissement collectif efficace pour le pays. Les étudiants, hors étudiants boursiers, doivent aussi le financer car acquérir un diplôme du supérieur est un investissement individuel “rentable” pour leur carrière. Cet investissement individuel peut prendre plusieurs formes : je suis pour ma part partisan d’un financement a posteriori, service fait (chronique : ”Droits d’inscription“).

Mais le coût des études ne comprend pas seulement celui de la formation. L’étudiant doit aussi se loger, se nourrir, se vêtir, se détendre, se déplacer… L’UNEF mène donc aussi un combat contre la baisse des aides sociales. “Suite à  la décision du gouvernement de baisser massivement les aides sociales étudiantes en interdisant le cumul de l’aide personnalisée au logement et de la demi-part fiscale” (550.000 étudiants concernés), elle vient de créer un site d’information et de mobilisation, à destination des étudiants et de leurs familles :”Génération sacrifiée“. Il est possible de signer en ligne une pétition.

La question des aides sociales pour les étudiants, de leur diversité, de leur complexité et des injustices sociales manifestes qu’elles engendrent, est un serpent de mer. Tous les gouvernements, de droite comme de gauche, s’y sont confrontés, ont commandé des rapports de “mise à plat complète” ; ils sont restés dans les tiroirs. La décision du gouvernement – elle doit encore être confirmée -, décision sans concertation, sans étude d’impacts, est une décision pitoyable et indigne du Politique. L’UNEF a totalement raison de dire que c’est une provocation en ces temps où le nombre de foyers assujettis à l’impôt sur la fortune augmente et où le bouclier fiscal revient à envoyer des gros chèques aux plus nantis.   

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