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Pierre Dubois

Le PRES Sorbonne Universités

Suite de la chroniquePrésident Molinié” (entretien du 15 septembre 2010). Le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur Sorbonne Universités a été créé par décret du 22 juin 2010, sous le statut de Fondation de coopération scientifique. Ses membres fondateurs initiaux sont l’université de Paris II Panthéon Assas, Paris IV Paris Sorbonne, Paris VI Pierre et Marie Curie. Archives de ce blog sur le FCS Sorbonne Universités et sur les 3 membres fondateurs : 19 chroniques

Georges Molinié est fier et enthousiaste quand il aborde la question du PRES Sorbonne Universités. Il en a été un des artisans efficaces. “Nous avons retenu la structure la plus simple : la Fondation de coopération scientifique” [la présidence de la FCS est assurée de manière tournante par les membres fondateurs ; Louis Vogel est le premier à occuper la fonction pour un an]. “Nous nous trouvons bien ensemble : en dépit de leurs différences, les 3 présidents s’entendent très bien. Les 3 universités possèdent toutes les disciplines d’enseignement et de recherche” : “une offre complète et variée“. “Nous avons une forte visibilité à l’international” : “une ouverture à l’international” et de “bons rangs dans les classements internationaux“. “Depuis fort longtemps, j’étais partisan de la suppression des “numéros” des universités de Paris : au sein du site historique de la Sorbonne, c’était la confusion”.

Le décret de juin 2010 est le fruit d’un long travail et d’initiatives communes, au sein en particulier de l’Alliance Paris Universitas, dissoute récemmment. Initiative concrétisée à cette rentrée : 7 licences bi ou tri-disciplinaires, organisées au sein du Collège de la Sorbonne (chronique ce blog : “Licences “Double cursus“).

Les objectifs immédiats de Sorbonne Universités. En terme de périmètre d’abord : accroître le nombre de membres fondateurs ou associés. Les négociations se poursuivent avec l’INSEAD de Fontainebleau, l’Ecole des Chartes… En terme d’actions ensuite : “La mutualisation des activités culturelles“, l’Institut des formations doctorales (intégrant des enseignements communs aux 31 écoles doctorales, par exemple en matière d’éthique), le Learning center de Jussieu (”Optimiser l’enseignement, l’information et la recherche“), la délivrance des diplômes sous l’intitulé de la Fondation, la formation continue des maîtres…

Le financement des actions du PRES (articles 15 à 17 des statuts). “La contribution des membres fondateurs et associés est de l’ordre du symbolique (10.000 euros)”. La FCS attend le versement en 2011 de la dotation de l’Etat, prévue par l’article 15 : les PRES plus anciens ont reçu 2 à 2,5 millions d’euros. “Nous sommes en train d’étudier ce que le PRES va nous coûter : quel financement annuel pour les actions culturelles ? L’université Paris II Panthéon Assas a mis un poste à disposition”. Gilbert Béréziat, ancien président de Pierre et Marie Curie et ancien délégué général de Paris Universitas, est devenu, sitôt sa retraite prise, le conseiller du Président de la FCS, Louis Vogel. Pour Georges Molinié, “il est encore trop tôt pour définir le nombre de postes nécessaires qui devront être affectés à la Fondation”. Ce qui paraît sûr, c’est que “la communication commune devra être renforcée” (des pages du site de la FCS sont encore en construction : un exemple).

Très sensible pour ma part aux données chiffrées (chronique : “Performance des PRES“), aux suivis des parcours de formation, à la mesure de la réussite aux diplômes et de la qualité de l’insertion professionnelle des diplômés, je pose évidemment la question de la création d’un Observatoire commun au niveau de la FCS. Selon Georges Molinié, cette création n’est pas encore prévue, mais il est parfaitement d’accord avec l’utilité d’un tel observatoire : par exemple, “les doubles licences ont un caractère expérimental : il faudra en faire un bilan”.

Je suis totalement convaincu par la pertinence du PRES FCS Sorbonne Universités. Je le suis tellement que je trouve dommageable l’absence de prise de position officelle du PRES sur deux points-clés de son avenir. Je sais que les 3 présidents et l’ancien président de Paris 6 ne partagent pas (encore ?) mes vues sur la nécessité de la fusion à terme entre les 3 universités et sur la nécessité d’une université unique dédiée seulement aux formations de masters (incluant écoles d’ingénieurs, de management) et de doctorats. Pour Georges Molinié, le cycle “licence” doit être partie intégrante de l’université ; bref, il n’est pas d’accord avec le projet défendu par ce blog, celui de la création d’Instituts d’enseignement supérieur (IES). Une des pages du site de la FCS indique que l’université si elle fusionnait avoisinerait les 30.000 étudiants : 23.000 en master, 7.000 en doctorat. Bref… le débat n’est pas clos !

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