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Michel Lussault

Brève : Le temps du premier cycle est (enfin!) venu

Je suis frappé de la multiplication, ces derniers temps, des interventions au sujet du post-bac, à la faveur notamment de la publication de rapports, d’enquêtes, d’analyses. Enfin, on semble comprendre que cette question est cruciale et qu’il faut l’aborder en se centrant sur le problème-clef des licences universitaires. Je pense véritablement que l’avenir de notre système d’enseignement supérieur et de recherche se jouera autour du premier cycle. Je sais que d’habitude on estime que les véritables enjeux sont ailleurs : c’est un tort. Si nous voulons que la société française demeure, dans une génération, créative (dans tous les domaines de la vie sociale, politique et économique), alors la qualification du niveau licence devient cruciale, puisque c’est par la refonte réussie de la licence universitaire qu’on obtiendra une élévation globale significative de la formation initiale des français (NB la problématique de la formation tout au long de la vie étant en soi également très importante en la matière).
On le sait, le premier cycle général universitaire reste le parent pauvre de notre système, alors même qu’on lui demande d’assurer une grande part de l’effort de démocratisation de l’enseignement supérieur. L’entêtement historique de notre pays à ne pas réellement considérer la chose et à voir dans le “modèle” des classes préparatoires en lycée l’alpha et l’oméga de la qualité de la formation nous a “provincialisé” à l’échelle mondiale. Et ce alors même que les analyses convergent toutes : notre structure post-bac produit certes une élite, mais elle est étriquée, ce qui n’est pas à la hauteur d’un pays comme le nôtre, de ses besoins d’avenir et des aspirations de ses jeunes. Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner que ceux-ci puissent parler de génération sacrifiée. Quant allons-nous entendre leurs analyses, quant allons-nous sortir de la recette qui consiste à croire qu’en augmentant le nombre de boursier dans les CPGE tout ira pour le mieux? Allons-nous enfin ne plus nous voiler la face et accepter d’aborder de front ce problème? Je crois que nous sommes plus proches que jamais d’y parvenir, car désormais la prise de conscience est réelle, même au niveau de l’Etat.
Parce que ce sujet est vital, j’y consacrerai désormais des billets réguliers (que je regrouperai dans une rubrique spécifique). Je m’appuierai sur les réflexions de ceux que ce problème passionne et je sais qu’ils sont nombreux (cf. parmi d’autres exemples possibles, le blog de Pierre Dubois sur Educpros). J’essaierai de présenter le débat de la manière la plus précise qui soit. Je ne pourrai m’empêcher toutefois, je le sais, de montrer très franchement où vont mes préférences, tant le sujet me passionne.

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