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Pierre Dubois

Mobilité à l’étranger et insertion

Brève. La CPU a pris position sur les résultats de la première enquête nationale sur le devenir professionnel des diplômés de master 2007 et le palmarès qui en a résulté par la faute de communication de Valérie Pécresse : chronique “Insertion. Non et non, Valérie !” et dossier d’EducPros. Pas très contente la CPU ! Jacques Fontanille, vice-président : “nous sommes bien sûrs favorables à une enquête de ce type, afin d’en faire un véritable outil de stratégie pour chaque établissement. Ce qui n’est pas possible cette fois-ci”. Et alors, on fait quoi pour faire mieux la prochaine fois ? Ne faut-il pas d’abord “exiger un moratoire” et reporter le démarrage de l’enquête sur les diplômés 2008 ?

21 octobre 2010, 12 heures. Strasbourg, Aula du Palais universitaire, Journée de la mobilité internationale (programme). Visite des points d’information. Photos (quelques-unes ci-contre et ci-dessous). Opportunité de discuter avec des chargées d’insertion et d’orientation de l’Espace Avenir, avec des personnes présentes sur les stands des différentes organisations qui impulsent la mobilité internationale des étudiants : relations internationales de l’université, conseil régional (bourses Boussole), association des anciens Erasmus IX ESN (sur Facebook), Goethe Institut, British Council, ambassade du Canada… Discussion avec deux étudiants français venus persuader des étudiants plus jeunes, après un séjour d’études en Autriche pour l’un, au Canada pour l’autre, des bienfaits de la mobilité internationale. Photos de deux étudiantes italiennes et d’un étudiant allemand à Strasbourg pour une année : convaincus d’avoir fait un excellent choix (chronique : “Strasbourg, l’Européenne“). Un étudiant français inscrit en 1ère année de licence d’histoire, assez déçu de ne pouvoir partir à l’étranger dès l’année prochaine : “il vous faut d’abord valider votre 1ère année car il y a une sélection pour les “partants” ; si vous avez de bons résultats, vous ferez votre dossier en 2ème année”. La passion de ce jeune : l’histoire antique ; il a commencé à apprendre le grec en dehors de ses cours ; bravo ! 

Que retire-t-on d’un séjour d’études à l’étranger et qui peut être valorisé dans un CV, le jour de la recherche d’emploi venu : une bonne maîtrise d’une langue étrangère, une compétence en gestion de projet, un bon niveau d’autonomie, des amis étrangers et donc une esquisse d’un réseau de relations professionnelles… et une aptitude à la mobilité : “j’ai été mobile et je le serai encore pour obtenir l’emploi qui m’intéresse”.

L’enquête sur le devenir professionnel des diplômés de masters 2007 n’a pas mesuré l’impact d’une mobilité à l’étranger en cours d’études sur la trajectoire professionnelle après l’obtention du diplôme. Mesurer cet impact, “toutes choses étant égales par ailleurs”, est chose complexe pour une raison… simple : celles et ceux qui partent ne ressemblent pas à celles et ceux qui restent du point de vue des formations suivies, des origines sociales, des trajectoires scolaires avant l’université (type de bac et âge au bac).

Il n’existe à ma connaissance qu’une seule enquête rigoureuse sur la question : celle menée au début des années 2000 par Maurice Comte et ses collègues de l’Observatoire interuniversitaire de Rhône-Alpes (OURIP qui a été par la suite dissout par les universités qui l’avaient créé). L’OURIP a comparé la population des “partants” des 7 universités avec une population de “restants”, partageant avec les partants les mêmes caractéristiques individuelles mentionnées dans le paragraphe précédent (c’est la démarche “toutes choses essentielles étant égales par ailleurs”).

Je n’ai malheureusement pas retrouvé la publication (si quelqu’un l’a…). De mémoire, quelques résultats. Impact de la mobilité sur les parcours de formation : les “partants” ont mené des études plus longtemps et obtenu ainsi un diplôme plus élevé (ce qui, dans cette période, était un atout pour la qualité de l’emploi). Impact de la mobilité sur l’insertion professionnelle : les “partants” plus que les “restants” ont été mobiles pour obtenir un emploi ; pas d’impact global par contre sur les caractéristiques de l’emploi obtenu (statut, type de contrat de travail, salaire), mais… un impact positif pour les jeunes diplômées… L’interprétation d’un avantage pour les filles reste à trouver !

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