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Pierre Dubois

BTS, DUT, CPGE en Midi-Pyrénées

L’académie de Toulouse (ici), la région Midi-Pyrénées (ici), ce sont 8 départements : Ariège (09), Aveyron (12), Haute-Garonne (31), Gers (32), Lot (46), Hautes-Pyrénées (65), Tarn (81), Tarn et Garonne (82). La région est fort étendue : 255 kilomètres entre Souillac (46) au nord et Foix (09) au sud, 230 kilomètres entre Auch (32) à l’ouest et Rodez (12) à l’est. En Midi-Pyrénées comme ailleurs, l’enseignement supérieur est sous une double tutelle pour ce qui concerne les financements, l’offre de formation, la carte des formations : l’Etat et la Région (interventions de celle-ci dans le supérieur :cliquer ici). Pour reprendre les termes en vigueur dans l’évaluation : c’est peu efficient et peu efficace

En 2010, dans l’académie de Toulouse, 11.717 élèves ont obtenu un baccalauréat général et 5.524 un baccalauréat technologique ; le nombre de bacheliers professionnels n’est pas encore publié par la DEPP (résultats provisoires du bac 2010). En 2009, il y avait eu 22.132 bacheliers (note d’information, n°10-06, avril 2010) : 11.786 bacheliers généraux, 5.489 bacheliers technologiques, 4.857 bacheliers professionnels. 

Que sont devenus les bacheliers 2010 qui ont poursuivi des études supérieures en septembre 2010 ? 418 formations supérieures de 1ère année leur étaient proposées sur le site admission post-bacOui, 418 possibilités ! Comment choisir ? Pourquoi choisir cette formation plutôt que celle-là ? Cette ville plutôt qu’une autre ? Personne ne pourra nier que l’offre de formation de 1ère année est peu lisible, pour ne pas dire illisible. Quelle que soit la performance du système d’orientation (”matérialisé” ou “dématérialisé”), des salons, des journées portes ouvertes, des campagnes de communication coûteuses, il y a forcément de la pagaille. L’idée de Pôles universitaires de proximité, soumise avant-hier par Valérie Pécresse (chronique : “Pôles universitaires de proximité“) ou celle d’Instituts d’enseignement supérieur (IES) qui m’est chère (tag IES) doit être explorée attentivement et rapidement !

Etat des lieux du Supérieur en Midi-Pyrénées. En 2009-2010, l’académie de Toulouse comptait 113.651 étudiants (note d’information, n°10.08, octobre), soit une progression de 3,6% par rapport à l’année précédente. L’académie vient en 7ème position pour le nombre d’étudiants après les 3 académies franciliennes, et après Lyon, Lille et Nantes. C’est, fort logiquement et vu l’existence de 3 cycles, l’université (hors IUT) qui accueille le plus d’étudiants (62.233) ; 11.160 étudiants sont par ailleurs inscrits en STS et 6.555 en IUT. Combien en CPGE ? Le tableau 4 de la note ne permet pas de le savoir.

3 universités à Toulouse et un Centre universitaire (CUFR) en région Midi-Pyrénées. L’université de Toulouse III Paul Sabatier vient en tête pour les effectifs en 2009-2010 : 26.912 étudiants (+2% par rapport à 2008-2009) et 5.430 étudiants entrants en 1ère année (note d’information, n°10-09, octobre 2010). Toulouse II le Mirail est en deuxième position avec 23.000 étudiants (-2% par rapport à l’année précédente) et 3.429 entrants. Toulouse I Capitole est troisième : 18.267 étudiants (+8%) et 3.114 entrants. Le CUFR ne compte que 2.707 étudiants (+9% et 824 entrants).

C’est quoi le CUFR, dénommé Jean-François Champollion ? Un pôle universitaire de proximité ou quatre pôles ? Le CUFR est en effet implanté dans 4 villes à l’est et au nord-est de Toulouse, Castres, Albi (siège social), Rodez, Figeac. Figeac est éloigné de Castres de 178 kilomètres soit 2 heures 50 par la route (via Michelin). Création par décret du 27 avril 2002. Le statut du CUFR : celui d’un établissement public administratif (EPA). Le directeur, nommé pour 3 ans par arrêté du ministre : Jean-Louis Darréon (ici). Les atouts du CUFR selon son site : “dans une logique d’université de proximité, le CUFR entend affirmer son positionnement par la valorisation de ses principaux atouts distinctifs : taille humaine, qualité du cadre de vie, accessibilité des services, ouverture des campus sur leur environnement“. Et même, Albi, la meilleure université de France” (la Dépêche du 27 avril 2010) !

Qu’enseigne-t-on dans le CUFR aux 2.700 étudiants ? Offre de formation : toutes les disciplines sont représentées (au moins sur un des sites mais lequel ?), tous les niveaux (de bac+2 à bac+5), tous les types de diplôme sauf les DUT (outre les licences et les masters, il y a des licences professionnelles, des formations d’ingénieur, des diplômes d’université). 4 villes seulement ? Non, en fait 8 car des licences professionnelles sont organisées avec des lycées à Millau, Revel, Saint-Affrique et Aubin (cliquer ici). Un CUFR, un être étrange qui complexifie le panorama de l’enseignement supérieur en Midi-Pyrénées, l’orientation des bacheliers. Une bizarrerie institutionnelle issue d’une volonté politique de quelques collectivités territoriales. 

Quid des 418 “première année” de Licence, STS, IUT, CPGE, formations du secteur sanitaire et social proposées aux bacheliers 2010 ? Elles sont inégalement réparties dans les départements et les villes. 1. 8 formations (seulement des BTS) dans l’Ariège dont 2 à Foix (chef-lieu du département, 9.100 habitants). 2. 44 formations dans 8 villes de l’Aveyron dont 24 à Rodez (23.700 habitants) : 11 BTS ou BTSA, 4 départements d’IUT (IUT de Rodez, rattaché à Toulouse 1 Capitole), 4 premières années du secteur paramédical et social, 5 premières années de licence (dont 3 en STAPS). 3. 18 formations dans 5 villes du Gers dont à 12 à Auch (21.900 habitants) : 8 BTS ou BTSA, 4 départements d’IUT (rattachés à l’IUT Paul Sabatier ; Auch n’a pas d’IUT de plein exercice. 4. 23 formations dans 4 villes du Lot dont 9 BTS ou BTSA à Cahors (20.000 habitants), 6 à Figeac (9.600 habitants) (chronique à venir) : 2 BTS, 1 BTSA, 3 départements d’IUT (IUT de Figeac rattaché à Toulouse II Le Mirail). 5. 40 formations dans 4 villes des Hautes-Pyrénées dont 35 à Tarbes (46.400 habitants) : 21 BTS, 5 départements d’IUT (IUT de Tarbes rattaché à Toulouse 1 Paul Sabatier). Et…

Attention : Admission post-bac ne répond plus depuis le milieu de l’après-midi ! La suite des formations par département et par ville, ce sera donc pour plus tard. 6. Tarn. Albi (46.300 habitants), Castres (43.500 habitants). 7. Tarn-et-Garonne. Montauban (51.900 habitants). 8. Haute-Garonne. Toulouse (390.300 habitants). Pourquoi cette énumération des villes et des formations : pour démontrer que la filière élitiste, celle des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), est concentrée sur la métropole toulousaine. Le désert de CPGE dans les villes moyennes du territoire est un obstacle à la démocratisation de l’accès aux études longues. Les Pôles universitaires de proximité, et a fortiori les Instituts d’enseignement supérieur, ne sauraient se contenter de filières professionnelles limitées à la licence ; ils doivent inclure des préprations aux études longues (des CPGE transformées).   

Reportage à Figeac, Lot, 28 et 30 septembre 2010 : Lycées Champollion (lycée général et technologique, lycée professionnel), LEGTA Vinadie (lycée d’enseignement général et technologique agricole), IUT de Figeac (université Toulouse II Le Mirail). Chronique à suivre.

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