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Pierre Dubois

Quiz. Valérie Pécresse

Quiz : trouver le titre d’une chanson ? Suite des chroniques : “Valérie, ne me quitte pas !” et TAG Pécresse. Valérie Pécresse demeure Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Dans le jeu des entrées et des sorties du gouvernement Fillon 2, dans celui des chaises musicales qui fait changer ou perdre sa place, c’est une bonne nouvelle : garder la même ministre dans les 18 mois qui viennent. Le Parisien annonçait pourtant ce matin que Laurent Wauquiez pourrait monter en grade et prendre sa place (chronique : “Laurent, le Meetic“). Un normalien d’Ulm, énarque de surcroît et n’ayant jamais travaillé (sauf dans le monde de la politique), se substituant à une diplômée d’HEC : l’université était encore plus mal partie !

Le lecteur aura deviné que j’avais préparé un titre de chronique si “Valérie me quittait”. Un titre inspiré d’une autre chanson du répertoire français. Laquelle ? C’est la question de ce Quiz ! Pour trouver la réponse, un détour par Pézenas n’est pas inutile.

C’est un immense plaisir – et je suis sûr qu’il est partagé ! – que de garder Valérie Pécresse au MESR. Elle prend tellement d’initiatives et elle le fait tellement savoir par sa communication quasi quotidienne que je pourrai, sans trop de peine, continuer à la persifler, tout en gardant de l’estime pour sa personne.

La Toile de l’Education m’ayant qualifié du joli compliment de “donneur de leçons”, je n’hésite pas à tracer le programme de ma ministre (au fait, les professeurs d’université en retraite ont-ils encore un ministre ?).

1. Valérie, il te faut approfondir ton concept de Pôle Universitaire de Proximité (PUP : cliquer ici). Ne te laisse pas déborder par le double lobby de la conférence des directeurs d’IUT et de celle des présidents d’IUT (chronique “Du rififi pour l’argent des IUT“). Tes initiatives pèchent présentement par leur ordre dispersé : un soutien aux IUT par ci, une réforme des BTS par là, une démocratisation des CPGE par ci et un Plan licence par là, plan dont l’IGAENR claironne l’échec. Il faut penser ”réforme globale du premier cycle”. Tes PUP sont a priori une excellente idée… surtout s’ils ressemblent aux Instituts d’enseignement supérieur (TAG IES) qui sont le projet politique de ce blog.  

2. Si tu te déplaces moins sur le terrain (les inaugurations des opérations du Plan Campus, ce n’est pas pour tout de suite !) et communiques seulement deux fois par mois, tu as le temps de te former en indicateurs de performance, chers à ta majorité et à ton mentor, Nicolas Sarkozy (même si celui-ci, comme le dit si bien Michel Abhervé sur son blog, a oublié de publier les évaluations des ministres de son gouvernement sortant ; il s’y était pourtant engagé !). Sur ces indicateurs, tu n’es pas encore à ton meilleur niveau (chronique “Insertion. Non et non, Valérie !” ).

3. Valérie, suis également un peu de cours en sociologie, économie et management des organisations. Avec les opérations du Plan Campus et les multiples appels à projets des Investissements d’Avenir, tu as créé un pataquès de structures (certes “utiles” pour caser des conseillers, des présidents ou des directeurs en reconversion) et de procédures auxquelles seul Henri Audier sur son blog comprend encore quelque chose et y trouve de fort légitimes raisons pour critiquer ta politique.

Concrètement, tu fais perdre un temps fou aux présidents, aux directeurs de labos de recherche, aux chercheurs et aux enseignants-chercheurs : au lieu de gouverner, de diriger, de rechercher, ils sont astreints sans arrêt à produire des dossiers et encore des dossiers. Ils sont épuisés ! Médite les coûts de coordination et la baisse de productivité réelle qui en résulte quand ils explosent. Ne pousse pas les enseignants-chercheurs et les chercheurs à se plagier eux-mêmes (TAG “Plagiat”), parce que tout leur temps est dévoré par l’écriture de projets et par l’évaluation de leurs projets en cours. Laisse-les travailler au calme et fais progresser, dans l’an et demi à venir, les “crédits récurrrents”.

Valérie, dans ta trajectoire politique, tu as, en demeurant à la tête du MESR, une occasion unique de progresser en sagesse. Ambitieuse et sage. Sage et connaissant fort bien l’enseignement supérieur et la recherche au terme de 5 années à la tête du MESR. Profil gagnant ? Et si mon poisson d’avril 2010 (chronique “Pécresse chez Delanoë“) te tentait ? Le Parti socialiste manque en effet d’idées fortes pour l’enseignement supérieur et la recherche (Convention Egalité réelle, page 14) !

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