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Pierre Dubois

InEx 6. Bastien Abeille-Ecole

Suite des chroniques “Initiatives excellentes”. Sébastien est titulaire de la licence professionnelle “Management des organisations de l’économie sociale” de Marne-la-Vallée (le site). Il avait galéré, dans la vie comme dans les études, parce que mal-voyant, mais il n’avait jamais renoncé à se battre. Dans l’université, il a été président de l’association des étudiants handicapés. Après sa licence, il a obtenu plusieurs contrats de travail à durée déterminée.

Puis, il a décidé de mobiliser sa passion – les abeilles – pour créer son emploi. Pas sous le statut d’auto-entrepreneur, mais sous celui d’employeur-salarié, dans une Coopérative d’activité et d’emploi, la CAE Coopaname en Ile-de-France. Il m’a gentiment permis de publier un message qu’il m’avait envoyé sur Facebook. Quel est le premier bilan de son expérience de Bastien Abeille-Ecole ?

“Bonjour Pierre, j’ai pris le temps de vous écrire le bilan. J’ai rejoint une CAE pour développer un projet de sensibilisation environnementale par l’approche des abeilles. Cette activité étant novatrice voire “innovante” et n’ayant pas l’âme d’un entrepreneur indépendant, il me paraissait judicieux de rejoindre une CAE où je puisse être conseillé par des personnes expérimentées. Je dois souligner que, vivant de manière précaire grâce au système allocataire, il était préférable que je devienne salarié pour ne pas compromettre la perception de mes revenus. Je dois dire que le système salarié permet d’avoir une protection sociale que n’ont pas les travailleurs indépendants”.
J’ai rejoint la CAE en octobre 2009. J’ai commencé à facturer en juin 2010 ce qui m’a permis d’avoir un salaire de 23 € net (ceci est dû à une première facturation de 1.200 €). Elément important : mon salaire est garanti 6 mois et il peut être augmenté si d’autres factures sont payées par la suite. Progressivement mon salaire a augmenté (66 € pendant 3 mois, puis augmentation à 88 €). Tous mes frais sont intégralement remboursés par mon chiffre d’affaire. En janvier 2011, ayant perçu une autre facturation plus conséquente, mon salaire est aujourd’hui de 315 €. Cumulé avec mon allocation, j’approche de mon objectif d’avoir un revenu équivalant au SMIC. A ne pas en douter, je vais l’atteindre dans le courant de l’année”.

Un élément dont je n’avais pas pris la mesure est que, dans les moments difficiles, la CAE propose une écoute et une aide quand cela est possible. “Les points forts de mon statut dans une CAE : protection sociale liée au salariat, augmentation progressive du salaire, suivi et conseils pour développer l’activité”.

Les points faibles. Les démarches peuvent être rallongées par l’organisation de la CAE. L’isolement géographique peut porter confusion sur la perception du mode de fonctionnement de la CAE. Face à une situation extrême, l’accompagnement peut s’avérer insuffisant (les urgences des uns ne sont pas les délais des autres”.

En conclusion. Je ne regrette aucunement le choix d’avoir rejoint une CAE, car cela me permet aujourd’hui d’exercer une activité nouvelle, rémunératrice et sécurisante. J’espère que dans les prochaines années pouvoir me passer du système allocataire progressivement et à terme vivre comme tout un chacun. Mes salutations les plus coopératives. Sébastien”.
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