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Jean-François Fiorina

Orientation : dès le Cours Préparatoire

Un samedi matin, un collège-lycée grenoblois, un forum métiers. Le décor est planté. La pièce peut commencer ! Avec de très bons acteurs, les classes terminales qui posent de bonnes questions au directeur de l’ESC locale : « Pour intégrer une grande école de commerce, faut-il passer par une classe prépa ou un BTS ? ». Et de grands absents, toutes les autres classes… Qu’en conclure ? Que l’orientation se limite à la classe de Terminale, que tout se joue avant ? Des questions qui m’incitent à faire le point l’orientation.

Petit guide en cinq points :

  • D’abord communiquer sur les missions que remplit un métier et non sur le parcours qui y mène. Confondre les deux relève de l’aveuglement.
  • Montrer que tout ne se joue pas à « 15 ans et demi ». Un âge où « le vouloir » ou « le pouvoir » ne sont pas toujours au rendez-vous. En cas de mauvaise orientation, les possibilités de rebond sont réelles même si l’information n’est pas toujours accessible et pertinente. Se découvrir un talent ou une passion pour la finance ou le marketing à 22 ou 23 ans, c’est possible.
  • Ne pas stresser les jeunes, multiplier les offres de formation adaptées, les occasions de rencontres. C’est notre mission en tant qu’opérateurs de formation : rester positifs. Le plus important ? Eviter d’en faire un casus belli. Chaque individu, chaque famille est un cas particulier et doit trouver sa voie sans oublier quelques clichés souvent vérifiés… les filles sont plus matures, les garçons plus ballots !
  • « Soyez libres ! ». Choisir un métier très en amont ne fonctionne que si toutes les filières sont valorisées sinon, c’est « l’effet entonnoir » assuré. Garder le maximum de portes ouvertes, c’est l’objectif à atteindre en approfondissant, par exemple, les langues étrangères. Mais pousser coûte que coûte, un élève qui a connu des difficultés peut se révéler un remède pire que le mal surtout en classes préparatoires.
  • Apprendre à choisir… dès le CP ! Pour ne pas se retrouver dans le cas de figure le plus catastrophique : « il te reste une semaine pour choisir ! ». Dès le CP, parler des métiers, dès le collège inviter de jeunes professionnels à venir expliquer leur quotidien, font partie d’un processus itératif de construction d’un véritable choix sans influence des parents… Ces derniers oscillent entre deux attitudes extrêmes : la première « monolithique » qui impose le parcours de réussite des aînés ; l’autre dispersée qui rend impossible tout choix. C’est également en développant l’esprit critique à tous les âges, principe maintes fois répété dans ce blog, que nous aiderons les jeunes à progresser.

Impossible de conclure sans parler du conseiller d’orientation, trop peu valorisé que je considère comme très proche d’un professeur. Son rôle dans le suivi serait essentiel. Le parcours d’orientation devrait s’inscrire sur une carte « orientation personnalisée » et monter en gamme progressivement. Cela éviterait peut-être de dépenser des fortunes en consultations psychologiques ultérieures…

Attention à la multiplication des grandes messes, grands shows d’orientation : journée, nuit et autres… Je salue plutôt l’initiative Admission Post BAC qui aide les Terminales à rechercher dans la multitude des offres de formations et permet de se pré inscrire à l’université en émettant des vœux modifiables.

Notez cependant sur vos tablettes, la nuit de l’orientation à Grenoble qui se déroulera aujourd’hui vendredi 11 février, de 17h à 23 h à la CCI de Grenoble (place André-Malraux).

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