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Pierre Dubois

223.700 étudiants en STS

223.700 étudiants en Sections de techniciens supérieurs en 2010-2011 (hors Ministère de l’agriculture – 7,5% des effectifs totaux – et hors apprentissage – 45.000 apprentis), 223.700 étudiants dont 94.400 bacheliers néo-entrants. La dernière Note d’information, publiée par le MESR (Gaëlle Gateaud, “Les étudiants en sections de techniciens supérieurs. Rentrée 2010″, DEPP, Note d’information, février 2011, n°11.04), observe une progression de 0,8% par rapport à l’année précédente, observée tant dans les spécialités de la production que dans celles des services, ces dernières étant nettement majoritaires (71,2% des étudiants). La progression de 0,8% est moins forte que celle observée lors des rentrées 2007 à 2009. Photos ci-contre : les lycées Jean Rostand et Cassin-Frey de Strasbourg offrent des formations de CPGE et de BTS.

Les tableaux 1 et 3 de la Note d’information détaillent les inscriptions 1. Par types d’établissement : 2/3 environ des étudiants dans les lycées publics. 2. Par spécialités : 6 spécialités accueillent plus de 10.000 étudiants : 42.000 en commerce et vente, 31.600 en comptabilité-gestion ; à l’inverse, 11 spécialités forment moins de 500 étudiants ; les services à la personne attirent 4,6% d’étudiants de plus que l’année précédente et les services à la collectivité 11,1% de plus. 3. Par taux de féminisation : 52% de femmes dans l’ensemble, 64% dans les spécialités de services mais 21% seulement dans celles de la production. On aimerait évidemment en savoir plus : qui sont les 7% de femmes inscrites dans les spécialités du bois et de l’ameublement ? qui sont les 3% d’hommes inscrits en travail social et le 1% inscrit en coiffure et esthétique ? 4. Par nationalités : seulement 2% d’étudiants étrangers.

Le graphique 5 de la Note répartit les inscrits selon le type de baccalauréat obtenu. Les bacheliers technologiques sont nettement majoritaires (56%) ; viennent ensuite les bacheliers généraux (24%) et les bacheliers professionnels (20%). L’évolution de 1999 à 2000 est importante : diminution de la part des bacheliers technologiques (69% en 1999), stabilisation du taux de bacheliers généraux (24%), et progression du taux de bacheliers professionnels (8% en 2009). La répartition des types de bacs par spécialités est marquée (tableau 4) : 89% des bacheliers technologiques STI et 42% des bacheliers généraux S sont inscrits en “production” ; plus de 90% des bacheliers généraux ES, des bacheliers technologiques ST2S et STG sont inscrits dans les “services”. Photo ci-contre : Marie-Claude Mathieu, proviseur du lycée Cassin-Frey de strasbourg. 

6. Une minorité de bacheliers (16%) ont changé d’académie après l’obtention du bac pour s’inscrire en BTS ; la proportion de “mobiles” est plus forte pour les spécialités de production (20%), plus concentrées sur le territoire. Les STS constituent l’enseignement supérieur le plus disséminé sur le territoire : la carte des lycées avec BTS, localisés dans les métropoles, dans les villes moyennes et grandes du territoire, pourraient préfigurer la carte des Instituts d’enseignement supérieur. Deux exemples sur ce blog : “Offre et carte des formations post-bac en Alsace“, “BTS, DUT, CPGE en Midi-Pyrénées“. Photo ci-contre : Adrien, professeur dans le BTS Imagerie médicale (lycée Jean Rostand). BTS et DUT paramédicaux à la loupe” dans l’Etudiant.

Pour connaître les taux de succès en BTS, il faut se reporter, dans L’état de l’enseignement supérieur, MESR, édition 2010, à l’indicateur 14. Malheureusement, il s’agit de taux anciens, antérieurs à certaines réformes du BTS : ils concernent des cohortes d’étudiants ayant obtenu le bac entre 2002 et 2005. Les taux sont relativement inquiétants : alors que 90% des bacheliers généraux ont obtenu leur BTS en 2 ou 3 ans, c’est le cas seulement pour 69% des bacheliers technologiques et 48% des bacheliers professionnels. Certains bacheliers sont encore inscrits en BTS ou se sont réorientés. Les autres sont sortis de l’enseignement supérieur sans diplôme : 10% des bacheliers généraux, 24% des bacheliers technologiques et 48% des bacheliers professionnels. Ces taux posent évidemment question : les BTS sélectionnent à l’entrée ; filières professionnelles, ils devraient atteindre des taux de succès bien plus élevés.

Ces différents résultats m’amènent à revenir sur des chroniques-bilans déjà dressées sur ce blog, dans la perspective de la création d’instituts d’enseignement supérieur (IES), dont une des deux voies d’études est la licence professionnelle en 3 ans, faisant disparaître les DUT et les BTS en tant que diplômes en 2 ans, réduisant très sensiblement le nombre de spécialités, au moins en 1ère année. Toutes les chroniques du blog sur les STS : cliquer ici, et en particulier 1. Points forts et points faibles des BTS, 2. Succès en BTS, 3. Avoir un BTS et après ? Photo ci-contre : Etudiantes en BTS de diététicien (lycée Jean-Rostand de Strasbourg). Chronique à suivre sur les classes supérieures (CPGE et STS) des 2 lycées mentionnés ici.

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