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Pierre Dubois

LABEX. 14 régions désertifiées

Une trentaine d’universités, implantées dans 14 des 22 régions métropolitaines, ont largement échoué à obtenir des Laboratoires d’excellence (LABEX). C’est ce que révèle la carte des 100 LABEX : ces universités ont obtenu 0, 1 ou 2 LABEX, en tant que chefs de file d’un réseau. Bien sûr, elles portent certainement une part de responsabilité dans cet échec. Mais le résultat est là : les investissements d’avenir vont désertifier les espaces de recherche dans la majorité des régions, en particulier dans la grande périphérie de la région francilienne.

Cette stratégie nationale, qui donne libre cours à la concurrence entre universités publiques et aux “forces du marché”, est insupportable et doit être combattue. Il ne faut pas accepter que l’Etat se désengage de la structuration équilibrée de la recherche dans les territoires. En concertation avec les régions, il doit penser l’avenir de la carte des universités françaises pour les dix à quinze ans à venir. Ce n’est pas ce qu’il fait avec les investissements d’avenir (chronique : “Deux IDEX en Ile-de-France : absurdités“). Halte au désengagement de l’Etat !

Le cas le plus caricatural est celui de la Région Nord Pas-de-Calais et de ses 7 universités (PRES Lille Nord de France). Un seul LABEX :  pôle français de recherche sur le diabète EGID. Les investissements d’avenir sont un obstacle à la fusion nécessaire des universités. J’ai mentionné hier le cas de la Lorraine et de la fusion en cours de ses quatre établissements d’enseignement supérieur “LABEX et IDEX contre la fusion“.

C’est aussi le cas pour les deux régions associées dans la création d’une université fédérale, la Bourgogne et la Franche-Comté : “zéro” Labex en tant que chef de file. Certes, le PRES Bourgogne Franche-Comté joue la méthode Coué : il veut encore croire à l’obtention d’une IDEX. “L’audition a impressionné le jury… L’équipe projet prépare dès à présent sa candidature pour la 2ème vague Idex. Les avis officiels du jury seront rendus dans les prochaines semaines et elle engagera le travail immédiatement pour répondre à ses recommandations“.

Autres régions et universités maltraitées à l’ouest et au sud-ouest de l’Ile-de-France. Un seul LABEX pour les 3 universités (Caen, Rouen, Le Havre) des 2 régions normandes : “Centre des matériaux pour l’énergie et la combustion propre” (EMC3). Deux LABEX, déposés par le PRES Université Européenne de Bretagne pour le compte des 4 universités de la région Bretagne (Rennes 1, Rennes 2, Bretagne Sud, Bretagne Occidentale) : “Digital communications and Informatics for the Future Internet” (Comin Labs), “Excellence en recherche marine : l’océan dans le changement” (MER).

Plusieurs régions se retrouvent même avec “zéro” LABEX, alors qu’elles possèdent une université pluridisciplinaire, et quelquefois une université technologique ou une université encore appelée “nouvelle”. C’est le cas de la Bourgogne, de la Corse, de la Champagne-Ardenne, du Poitou-Charentes.

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