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Henri Audier

Grand emprunt : « Nicolas Sarkozy se prend pour Charles Perrault » (Marianne)

Dans un article d’un ton humoristique, montrant qu’il n’est pas dupe, Marianne cite deux passages importants du discours de Sarkozy

http://www.marianne2.fr/Le-Grand-emprunt-de-la-com-mais-pas-que_a207937.html

« René Ricol [ le commissaire au Grand emprunt] en bon cartésien a donc pris les devants. Primo, les postulants à la manne publique ont été priés de mobiliser conjointement des fonds privés de façon à donner au grand emprunt ». En fait de fonds privés, c’est surtout les collectivités locales qui ont été mises à contribution. De l’enquête que nous avons menée, il ressort qu’un véritable chantage (bien sûr discret) s’est exercé sur les régions. Du type : « La région concurrente a mis 500 millions et vous 300 seulement. Si vous voulez avoir des chances, vous savez ce qui reste à faire … ». Avec comme paradoxe ( ?) que dans le même temps, la réforme des collectivités locales du même gouvernement risque d’enlever toute compétence sur la recherche aux régions. Et que l’UMP ne cesse de dénoncer la fiscalité régionale, paraît-il trop élevée.

Dans un encadré, Marianne2 précise : Cela «  n’empêche pas Nicolas Sarkozy de se prendre pour Charles Perrault : Un festival d’innovations, d’initiatives (…) des petites équipes données perdantes sur le papier qui ont été retenues. Ce qui m’a encore plus touché, c’est que ça s’est passé à l’extérieur des institutions. Si vous suivez les dossiers locaux. Il y a des équipes de laboratoires dans des universités qui ne sont pas passée par les conseils d’administration des universités , s’est réjoui Nicolas Sarkozy venu présenter son premier bilan du grand emprunt de 35 milliards censés financer les investissements d’avenir.  Un vrai conte de fées, en somme. Le Président n’oublie rien, tout y est : réactivité, initiative, petites équipes, administrations dépassées. Sauf que, sauf que tout est faux. Interrogé par Marianne, un dirigeant du Commissariat général à l’investissement, chargé de sélectionner les dossiers, semble un peu gêné : je n’ai pas souvenir d’un tel exemple. En fait, non, il n’y en a pas. De toute façon, la complexité des dossiers rend matériellement impossible pour trois chercheurs d’un labo de se passer de leur administration. »

Il est tout de même cocasse d’entendre le Président de la République se féliciter que la LRU qu’il a mise en place ait été violée, au moins dans son esprit, quand il se félicite que « des équipes de laboratoire dans des universités qui ne sont pas passés par les conseils d’administration des universités ». Et pourquoi pas : « Bravo ! Il a été sacré meilleur conducteur de France, bien qu’il roule systématiquement à gauche », ou « Il est vraiment excellent car il a eu mention TB au bac en pompant tout », ou encore, « J’ai nommé Pécresse au budget, car elle a démontré qu’elle ne savait pas compter ». Il reste que cela en dit long sur la conception sarkozienne de l’autonomie des universités.

Mais il y a un point où Marianne a tort et pour lequel Sarkozy dit presque la vérité, c’est quand il affirme que les CA d’université n’ont pas été consultés. Mais ce n’est pas « des » laboratoires qui sont dans ce cas, mais TOUS les laboratoires. Il n’y a eu aucun vote des CA (au moins) sur la première version des projets IdEx et labEx.

Autonomie, quand tu nous tiens …

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