Catégories
Pierre Dubois

DUT, puis Licence Pro

Chroniques sur les IUT publiées suite à l’entretien avec Ronald Guillen, directeur de l’IUT de Saint-Nazaire (”Faire de la recherche en IUT“, “Les DUT moins attractifs ?“. Poursuivre des études après un DUT ? Ronald Guillen :”L’obtention du DUT permet l’insertion professionnelle ou la poursuite d’études. C’est un point fort de la formation : 80% des diplômés n’arrêtent pas leurs études après l’obtention de leur DUT, 30% poursuivent une année, en licence professionnelle ; 50% s’insèrent donc au terme de 3 ans d’études. C’est la logique de Bologne : un premier cycle de 3 ans. L’obtention d’un DUT permet aussi l’accès aux écoles d’ingénieurs ou de commerce, aux masters après une L3. 9% des diplômés de DUT, entreprennent un doctorat”.

Insertion au terme de deux ou trois ans d’études professionnelles après le baccalauréat ? “Les employeurs veulent garder un diplôme à deux ans, mais ils apprécient aussi les licences professionnelles ! La situation est ambiguë. C’est un point faible pour les IUT… C’est sûr que nous arriverons un jour à un diplôme clairement en 3 ans. Par ailleurs, je milite pour que la formation technologique demeure au sein de l’université ; ce n’est pas ce qui se passe dans d’autres pays européens”. Lire aussi la chronique : “Licence et DUT : ponts et passerelles“.

Quelles sont les sources disponibles pour analyser le devenir des diplômés de DUT ? La première source est l’enquête conduite par l’ADIUT et le MESR. La 7ème enquête (taux de réponses encore trop faible : 46,1%) porte sur la situation des diplômés de 2007 en décembre 2009 ; à cette date, certains des diplômés ont commencé une 3ème année d’études après le DUT (master 2 ou dernière année d’école d’ingénieur ou de commerce).

Taux de succès en DUT ? Combien de diplômés ? Le panel des bacheliers 2008 (indicateur 6.21 des RERS 2011, seconde source de données) révèle qu’à la rentrée 2009, 77% des entrants en DUT en 2008 sont en 2nde année, 10% redoublent la 1ère année, 11% ont changé de filière, 2% ont arrêté leurs études. 66% des diplômés de DUT ont obtenu leur diplôme en 2 ans et 10,6% en 3 ans, soit 76,6% en 2 ou 3 ans (indicateur 8.17 des RERS 2011) ; ce taux varie de 60,4% à 84,7% selon les DUT, selon les baccalauréats d’origine (dans les DUT de la production, 81% des bacheliers généraux ont obtenu leur DUT en 2 ou 3 ans ; le taux n’est que de 66,6% pour les bacheliers technologiques et de 40,6% pour les bacheliers professionnels.

Le nombre de diplômés de DUT en 2009 n’a pas encore retrouvé le niveau de 2003 (indicateur 8.16 des RERS 2011) : 48.142 en 2003, 46.100 en 2006, 45.441 en 2007, 46.714 en 2008, 47.984 en 2009. Parmi les diplômés de 2007, selon l’enquête ADIUT, 72% sont des bacheliers généralistes, 25% des bacheliers technologiques, 1% seulement des bacheliers professionnels (2% d’autres diplômes) ; 42% ont obtenu une mention au bac. 32% ont été boursiers durant leurs études. 84% des diplômés ont eu un cursus en formation initiale, 5% en formation continue, 6% en alternance ; 5% ont fait une année spéciale.

En décembre 2009, soit un peu plus de deux années après l’obtention du diplôme, 46% des diplômés sont insérés (taux inférieur à celui mentionné par le directeur de Saint-Nazaire) : 16% n’ont pas poursuivi ou repris d’études (29% en 2001), 22% ont effectué une année d’études supplémentaire (12% en 2001), 8% deux années (11% en 2001). 47% (41% en 2001) effectuent une 3ème année d’études et 7% (7% également en 2001) ont eu un autre parcours. Le taux d’insertion immédiate après le dUT décroît régulièrement depuis 2001. Il est un peu plus fort dans les DUT tertiaires (18,4%), chez les diplômées (18,5%), chez les bacheliers technologiques (23,5%) et professionnels (54,2%), chez les étudiants en formation continue (29,9%), en apprentissage (28%), en contrat de professionnalisation (47,5%).

Parmi les diplômés 2007, 79% ont poursuivi immédiatement des études. Ce taux est en progression constante depuis 2000. La formation qui attire le plus d’étudiants en sortie de DUT est la licence professionnelle, tant pour les filières secondaires que tertiaires (environ 35% des diplômés qui poursuivent des études). Pour les filières secondaires, arrivent, en deuxième position (30%), les écoles d’ingénieurs, puis, en troisième position, la 3ème année de licence (un peu moins de 25%). La situation est différente pour les filières DUT tertiaires : 20% des diplômés poursuivent en L3, un peu moins de 15% en école de commerce ou de gestion, 27% dans d’autres formations.

L’attractivité de la licence professionnelle (LP) se renforce d’année en année : 10% des poursuites d’études en LP en 2001, 20% en 2004, près de 30% en 2005, 35% en 2007. La LP est particulièrement prisée des diplômés de DUT qui ne comptent poursuivre des études que durant une seule année (80% d’entre eux choisissent la LP). Occasion pour eux de mener des études en alternance : 40% des poursuites d’études en LP se font avec un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Le développement de l’alternance en LP est un des objectifs de l’IUT de Saint-Nazaire. Mais… au moment de l’enquête, en décembre 2009, la situation des diplômés ayant poursuivi immédiatement en licence pro est assez surprenante : 64% seulement sont en emploi, 9% en recherche d’emploi et 26% en poursuite ou en reprise d’études ; ce dernier pourcentage est bien trop élevé !

L’attractivités des LP est rendue possible par l’ouverture continue de nouvelles licences professionnelles : 11 à l’IUT de Saint-Nazaire. L’ indicateur 6.7 des RERS 2011 révèle la progression des effectifs inscrits en licence pro dans les IUT : 2.200 en 2000-2001, 10.900 en 2003-2004, 23.300 en 2006-2007, 29.400 en 2010-2011. Ronald Guillen : “Nous avons ouvert des licences professionnelles dans nos champs de compétences. Au plan national, elles se sont multipliées. L’offre devient considérable et le nombre global de candidats a tendance à diminuer. A Saint-Nazaire, nous parvenons à pourvoir les capacités d’accueil de nos LP (200 étudiants)”. 

Les IUT n’ont pas un monopole absolu sur les licences professionnelles (indicateur 8.18 et 8.19 des RERS 2011) : en 2009 en effet, 40.520 LP ont été délivrées (17.100 en 2004, 23.900 en 2005, 34.900 en 2007). Il est logique alors que le nombre de licences LMD délivrées diminue (128.200 en 2006, 121.600 en 2009). Il y a désormais une licence pro délivrée pour 3 licences LMD. Selon moi, ce rapport n’est pas encore satisfaisant : dans les Instituts d’enseignement supérieur à construire, il faudrait, selon les recrutements observés sur le marché du travail, délivrer 3 licences pros pour 2 licences LMD.

Be Sociable, Share!