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Pierre Dubois

Laurent Wauquiez “fait la claque” !

Quel triste sort que celui d’un ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche contraint de perdre du temps à “faire la claque” pour le président de la République en campagne électorale. C’était encore le cas aujourd’hui à Strasbourg. Nicolas Sarkozy s’y était déplacé, pour vanter, en principe, les mérites de sa modernisation des universités.

Etape 1. Visite du Chantier de la Bibliothèque Nationale et Universitaire (BNU). Pour ce chantier, c’est mieux de visionner les 175 photos de ce blog et de comprendre les défis de la BNU. Le concours pour les travaux de rénovation de la BNU date de 2005. Nicolas Sarkozy n’a pas pu s’en approprier la paternité. Sur une vidéo en ligne, Laurent Wauquiez est présent. De sa haute taille, il domine le président. Il ne dit rien. Il “fait la claque”.

Etape 2. Intervention au PEGE. Laurent Wauquiez-Motte, le 1er partout, serre toujours de près le président. Durant deux heures, Nicolas Sarkozy répond à des questions écrites de 200 étudiants de master, réunis dans un des amphithéâtres du PEGE (Pôle Européen de Gestion et d’Economie de l’université de Strasbourg). Le PEGE en 115 photos. Les DNA liste les thèmes d’intervention du Président. Seule l’introduction concerne la modernisation des universités. Pourquoi le président n’a-t-il pas osé prendre le risque de se confronter à 200 personnels de l’université de Strasbourg

Le président “se félicite d’avoir engagé la réforme pour l’autonomie des universités, un gage selon lui de modernisme pour elles”. Toutes les autres questions et réponses portent sur l’économie. Détournement de thématique : le président, qui n’a pas commencé, en principe, la campagne pour sa réélection, se transforme en professeur d’économie, sachant tout, sûr de tout. Insupportable !

Retour à la vidéo et à la leçon d’économie donnée par Nicolas Sarkozy sur le recrutement de 60.000 enseignants prévu par le candidat Hollande, non nommé. Avec les doigts des deux mains pointés vers le haut : “60.000 enseignants. [Le coût prévu] : “500 millions x 5 ans. Depuis quand embauche-t-on des fonctionnaires pour 5 ans… C’est un nouveau contrat ?” On sent que le président, comme un gamin, est satisfait de son humour. Ce n’est pas la 1ère fois qu’il recourt à ce registre. Agaçant ! La bande vidéo n’enregistre aucune réaction des étudiants : la prise de son a-t-elle évité d’enregistrer les réactions de l’amphi  ?

Ce qui me consterne. Un président de la République utilise une université autonome pour faire campagne. Il donne une leçon d’économie partisane à des étudiants qui n’ont pas la parole : une gifle aux enseignants-chercheurs des universités ; si ceux-ci se permettaient de faire un cours à ce point partisan, ils mériteraient d’être convoqués par la section disciplinaire de leur établissement. Le pré-candidat ironise sur son opposant dans un amphi de l’Alma Mater : navrant ! Il fait perdre son temps à de nombreux Hauts Responsables.

Laurent Wauquiez-Motte n’a pas été le seul à devoir “faire la claque”. J’ai aussi reconnu sur la vidéo le préfet, le ministre des collectivités territoriales, le directeur de la DGESIP, la recteur d’académie, le président de l’université, l’administrateur de la BNU… Quel est donc le coût complet de ce déplacement partisan mais inutile pour l’Enseignement supérieur et la Recherche ? Le temps n’est-il pas celui de restreindre les dépenses ?

Communication institutionnelle sur le déplacement de Nicolas Sarkozy à Strasbourg. A cette heure, rien sur le site de la présidence de la République. Rien sur le site du MESR. Rien sur le site de l’université de Strasbourg. Le site de la BNU mentionne seulement que le site de Joffre sera fermé jusqu’à 14 heures en raison de la visite du président de la République. Bref, un déplacement coûteux, un déplacement râté pour le président lui-même !

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