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Pascal Junghans

Formation initiale – formation continue : vers une pédagogie unique

J’avais été assez frappé, il y a longtemps, lors d’une intervention à HEC. Deux enseignants de cette vénérable école m’avaient demandé de participer à une mise en situation où je devais jouer le rôle du journaliste – ce que j’étais très exactement – animant une émission de télévision où s’affrontaient deux groupes : écologistes et communiquants d’une chaîne de restauration rapide.

Au fond de la salle, les deux enseignants évaluaient l’efficacité des deux groupes. Quelques mois plus tard, je me suis retrouvé exactement dans la même situation mais avec des cadres d’entreprise. La différence traditionnelle en France entre formation initiale – qui s’adresse à des étudiants – et formation continue – destinée à des salariés – s’estomperait-elle ?

Une fois devenu enseignant en titre à Skema business school, j’ai découvert que le matériel pédagogique de la formation initiale ressemblait à celui de la formation continue. Les cours se délivraient à l’aide de présentation PowerPoint et non plus en lisant des documents soigneusement rédigés. Plus tard, je me suis rendu compte que ce n’était pas seulement le matériel du monde de la formation continue qui pénétrait celui de la formation initiale, mais également les pratiques pédagogiques.

Il ne s’agit plus de délivrer un savoir depuis une chaire, qu’elle soit physique, virtuelle ou psychologique. L’enseignant doit se comporter comme un formateur qui fait travailler des groupes d’étudiants autour de cas, les fait réagir sur des définitions, provoque leur réaction… Et, cerise sur le gâteau, dans le mastère que je dirige à Skema business school, la promotion mêle étudiants issus du programme grande école, qui viennent là suivre leur troisième année, et salariés qui se préparent à une prise de poste. Une dynamique se crée.

Je trouve cette fusion entre deux formations, séparées on ne sait pourquoi, infiniment intéressante. Elle permet de délivrer un enseignement devant une salle active. Je trouve cela infiniment plus impliquant de la part de l’enseignant qui doit « mouiller la chemise » pour entraîner un groupe. Cela, évidemment, nécessite des qualités de leadership auquel traditionnellement les enseignants français ne sont pas préparés – je ne sais si je le possède. Cela exige évidemment une implication plus forte des étudiants qui doivent, avant le cours, lire les ouvrages conseillés à l’avance par l’enseignant. Cette pédagogie exige plus et des uns et des autres.

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