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Philippe Jamet

Réponse d’un abruti à un triste Sire…

J’invite celles et ceux qui douteraient encore de la persistance d’un certain aveuglement haineux de la part de responsables éminents de l’enseignement supérieur envers les grandes écoles, aveuglement dont je me navrais dans un récent billet (”Scandale de la vérité”) à lire l’interview que le professeur Bruno Sire, président de l’université de Toulouse I vient d’accorder à Educpros (http://www.educpros.fr/detail-article/h/7202f9a150/a/bruno-sire-prseident-de-toulouse-1-l-universite-ne-doit-pas-servir-une-soupe-unique.html).

On saluera l’élégance des propos de ce Monsieur envers les 250000 étudiants des écoles d’ingénieurs et de commerce et les 80000 élèves de classes préparatoires, ces suppôts d’un “système scandaleux où tout se joue sur les bulletins de 1ère“, ces produits d’une “sélection qui abrutit les jeunes et crée des générations de frustrés“.

Plutôt que d’entretenir cette opinion morbide, plutôt que de se complaire à des dénonciations qui se voudraient fracassantes, mais ne sont qu’insensées et déshonorantes, Monsieur Sire devrait plus fréquemment visiter nos écoles : il y rencontrerait, à tous les niveaux, des étudiants souriants et enthousiastes, dont plus de la moitié d’ailleurs ne sont pas issus des concours et qui sont une des fiertés de notre système éducatif… Mais il est de ceux que cette réalité dérange, qui préfèrent surfer sur la vague de leurs préjugés, échos contemporains de ces antiques académiciens qui juraient férocement, en dépit des évidences, que la terre était plate.

Beaucoup d’observateurs avaient noté, à l’occasion des résultats des jurys Labex, que l’auteur de ces propos diffamants était décidément fâché avec les systèmes de sélection qui avaient commis en première instance le crime de ne pas distinguer un excellent laboratoire d’économie toulousain… Frustration vite contournée, comme on le sait… (cf. http://www.sncs.fr/imprimer.php3?id_article=2812&id_rubrique=1518).

Dénonciation d’un côté de la Garonne, petits arrangements de l’autre…

Si mes propos vous blessent, pardonnez-moi, Monsieur Sire. Je fus hélas en mon temps une des victimes de ce système oppressif et frustrant que vous dénoncez avec tant de fougue. Chaque jour que Dieu fait, rongé par d’indélébiles frustrations, je rumine des anathèmes à l’encontre de ces infâmes condisciples de taupe (dont j’ai oublié les noms), qui me surclassèrent jadis au classement de concours d’entrée dans de prestigieuses et inaccessibles écoles. Et l’on vous dira que je ne suis rien d’autre qu’un pauvre fol qui tient l’humanité tout entière pour responsable de son infortune…

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