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Pierre Dubois

Lorraine : on recommence tout ?

Communiqué de presse de l’université de Lorraine, daté du 22 février 2002. Invalidation de certains résultats aux élections des conseils centraux par la commission de contrôle des opérations électorales de l’académie de Nancy-Metz. “Une imprécision du réglement intérieur sur l’affectation des enseignants-chercheurs aux “grands secteurs de formation” pouvait invalider les résultats des collèges A et B au Conseil d’Administration” (conseil qui élit le Président)… “L’université de Lorraine a décidé de ne pas faire appel de cette invalidation et proposera très rapidement un nouveau calendrier électoral pour les collèges invalidés”.

Je crois comprendre que les enseignants-chercheurs vont devoir revoter pour élire leurs représentants au CA. En Lorraine, on recommence tout ? Ce qui est sûr, c’est que le CA n’élira pas le président de l’université le 28 février 2012.

J’ai publié déjà deux chroniques sur les élections du 9 février 2012 dans l’université de Lorraine. Dans la chronique du 14 février, je dénonçais le déficit d’informations fournies par la communication institutionnelle de l’université : “Lorraine : silence sur les élections“. Dans la chronique du 16 février (”Lorraine : LE communiqué officiel“), j’écrivais que l’élection du président n’était pas faite : pour lequel des 5 candidats à la présidence les personnalités extérieures voteront-elles ?

Je n’avais évidemment pas pronostiqué les invalidations dans les collèges A et B. Je prévoyais seulement une chronique sur le mode de constitution des listes, sur l’affectation des enseignants-chercheurs aux “grands secteurs de formation”. Cela me paraissait bizarre, fort exigeant et susceptible d’évincer des candidatures. Mon attention a d’ailleurs été attirée sur des processus analogues dans d’autres universités.

Décisions de Jean-Pierre Finance. “Après avoir entendu le comité consultatif électoral, l’Administrateur provisoire de l’Université de Lorraine décide de l’irrecevabilité des listes de candidatures suivantes… pour les motifs décrits ci-dessous”.

Collège A, liste “Pour une université démocratique, plurielle et égalitaire” (Les Obstinés). L’article 4.3 du réglement intérieur de l’université stipule que chaque liste doit comporter, dans les quatre premiers candidats, un représentant de chacun des quatre secteurs de formation. La liste ne comporte que trois secteurs de formation, le secteur “droit, économie, gestion” n’étant pas représenté”.

Collège A. Liste “Pour une université des libertés” (Coudane, doyen de la faculté de médecine). L’article 4.3. du réglement intérieur stipule que chaque liste doit comporter dans les trois premiers candidats un représentant dont la résidence administrative est située dans l’agglomération nancéienne et un représentant dont la résidence administrative est située dans l’agglomération messine. La liste déposée fait apparaître dans les trois premiers candidats deux représentants dont la résidence administrative est située dans l’agglomération nancéienne et un représentant dont la résidence est située à Epinal“.

Le réglement intérieur ne figure pas dans les statuts de l’université. C’est une sorte d’annexe auquel presque personne ne prête attention. Il ressemble à celle d’un contrat d’assurances, écrite en toute petite lettres et qu’on ne lit jamais précisément. La logique de la critérisation peut se comprendre : assurer une bonne représentativité des électeurs. Mais, poussée à l’extrême, elle devient absurde.

Arnaud Mercier, candidat à la présidence, avait attiré l’attention sur cette question, bien avant les élections. Pourquoi, puisque le scrutin est un scrutin de liste, ne pas exiger aussi la parité (une femme, un homme) ou la représentation des minorités ? Absurde : plus on multiplie les critères, moins on a de chances de trouver quelqu’un qui les conjugue. L’université de Lorraine ne mérite ni les déficits de communication, ni l’amateurisme juridique, observés dans ces élections !

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