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Pierre Dubois

Fusions en Lorraine et en Aquitaine

10 janvier 2012 avant les élections aux conseils centraux de la nouvelle université de Lorraine. Jean Pierre Finance, président de l’université Henri Poincaré (Nancy 1) et administrateur provisoire du PRES Lorraine a présenté son expérience sur la fusion des universités lorraines, dans le cadre des séminaires Nouvelle Université de Bordeaux (NUB), au pôle Juridique et Judiciaire de Pey Berland”.

Vidéo 1 heure 33, comportant des schémas, des tableaux. 25 minutes de questions et réponses. Archiver la mémoire orale des universités ! 24 chroniques sur le SUP en Lorraine. 28 chroniques sur le SUP en Aquitaine

Introduction par Manuel Tunon de Lara, président réélu de l’université de Bordeaux 2 Segalen et président du PRES Université de Bordeaux (photo du 10 mars 2012). Futur président de l’université unique ? Initiative d’excellence : les documents.

Extraits de l’intervention de Jean-Pierre Finance…

Les origines. JPF est depuis longtemps partisan de mutualisations entre universités. “Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres”… Les contextes : la grande région avec la Luxembourg et la région de Liège. Dans la région, forte culture d’écoles d’ingénieurs (10 écoles d’ingénieurs)… 58 implantations, 800.000 m² de surfaces. Système d’enseignement supérieur encore construit sur un système économique ancien, fragilisé. Décroissance démographique. Depuis un moment, des activités en commun, surtout à Nancy.

L’accélération du projet. L’échec au Plan Campus, dans un premier temps, incite à un pas en avant dans la structuration : les mentalités basculent envers la fusion. Le PRES s’oriente vers la fusion des 3 universités de Nancy. Mais il y avait depuis longtemps un Pôle universitaire avec Metz. IUFM pour le compte des 4 (Henry Poincaré). Septembre 2008 : transformer le PRES, Vers l’université de Lorraine. Deux chantiers en parallèle : gérer les acquis communs (valorisation, bureau des innovations pédagogique..) et construire le futur modèle organisationnel (offre de formation, mise en cohérence de la politique scientifique – c’est plutôt facile -, des ressources humaines – le dossier le plus délicat -).

Objectifs. Viser l’excellence internationale ; renforcer la visibilité, l’attractivité. Viser l’excellence territoriale université comme élément de qualification et de refondation du territoire. Arrêter les concurrences stériles : ne plus vouloir gagner des points sur le voisin immédiat : c’était 25% de nos énergies.

Verrous identifiés a priori. Craintes de l’avenir, crainte de toutes les communautés (méthodes, culture), craintes des personnes (services centraux et communs : “on aurait dû passer plus de temps à dialoguer, expliquer”). Volonté de ne pas perdre les acquis (10 écoles d’ingénieurs, les IUT, les juristes : “qu’ai-je à y gagner ? Respecter les équilibres territoriaux (Metz n’est pas un satellite de Nancy : garantie pour développer le site messin). Visions opposées de ce qu’est une université selon les secteurs disciplinaires.

La démarche : lente et soutenue. Septembre 2008 : accord pour un processus de convergence des 4 universités. Responsabilités et partages des compétences. Une des clés : ce qui doit remonter au centre et ce qui peut être délégué (subsidiarité). Circuits courts demandés par les écoles, les IUT (pour signer des conventions. Garder démocratie, collégialité : pas simple. Plusieurs groupes de travail. Mise en place d’un “groupe métiers” quand le principe de la fusion a été acquis. Un an de phase d’hypothèse. Avril 2010 : esquisse d’un modèle, débattu devant les 4 CA et mandat des CA pour poursuivre sous le mode “projet”.

Contrainte calendaire : le 1er janvier 2012. Renouvellement des conseils des établissements. Empêcher une remise en cause par des nouveaux conseils qui seraient opposés à la fusion. Conséquence : “on n’est pas assez loin dans les travaux préparatoires”. Peu d’appel à des consultants extérieurs. Un chargé de mission, Yannick Vallée durant un an et demi : un regard extérieur pour poser les bonnes questions. Et en même temps, le Contrat 2013-2017, les Investissements d’avenir.

Ce qui change ou va changer. Regroupement de 46 composantes et de 80 laboratoires est souhaitable mais non urgent : ce n’était pas un préalable à la fusion. Création de niveaux intermédiaires : collegiums et pôles scientifiques. Deux écoles se sont affrontées : une dizaine de grands domaines (= une dizaine de grandes facultés) ou une structuration autre. Une sructuration bi dimensionnelle a été retenue : 8 collegiums qui regroupent les composantes de base (écoles, IUT, Santé, LLA…), mais garder le liant en grands domaines scientifiques, une dizaine de pôles. Plus ou grande proximité entre pôles et collegiums.

Un établissement particulier. Un seul établissement ayant la personnalité juridique. Mise en oeuvre de la subsidiarité. la LRU interdit ceci : un conseil ne peut déléguer ses compétences à un autre conseil ; il ne le peut qu’à une personne physique. L’INPL a demandé de déroger à un tel dispositif LRU. D’où la création d’un Grand établissement. Répartition des compétences au sein de l’université de Lorraine : c’est mieux que ça soit gravé dans un décret passé en Conseil d’Etat, que dans une décision de CA.

8 Collégiums, dont un collégium Technoloige : les IUT doivent s’entendre pour répartir leurs moyens. Les modalités de contrôle des connaissances (MCC) sont arrêtées en collegium : grosses critiques sur ce point. Le collégium n’est pas une faculté : il n’a pas de staff administratif mais seulement 2 ou 3 chargés de mission, cadres de haute niveau. Les ressources du collégium sont fournies par les services centraux : un exemple, celui des indicateurs de pilotage. Certes, c’est de la mutualisation un peu forcée…

Problèmes lourds encore à régler. Le fonctionnement des services : méthodes et cultures de 4 universités fonctionnant de manière différente. Accompagnement nécessaire des personnels : ce qu’ils ont fait auparavant n’était pas nul et non avenu. Remettre à plat les pratiques. Problèmes non réglés car contrainte de temps : le 1er janvier 2012 et les élections. Il faudrait travailler cela en amont : conseil à l’université de Bordeaux !

Autres questions lourdes. Les outils de gestion. Les choix politiques en matière de ressources humaines : temps de travail, régimes indemnitaires… Coût fort élévé de la généralisation du régime le plus favorable (ou alors on réduit le nombre d’emplois). 16 grandes directions centrales, 43 sous-directions : question de la ventilation des personnes. Garantie donnée : aucune mobilité forcée entre deux sites géographiques. Une même direction pourra donc avoir plusieurs implantations.

Jean-Pierre Finance conclut. La fusion : un parcours d’obstacles. “Je n’étais pas sûr, durant cette période, de pouvoir franchir chaque obstacle” ! Mais ce qui a facilité : le soutien de l’ensemble des collectivités territoriales, l’appui logistique et politique du MESR, le soutien des Grands organismes de recherche…

Au début de son intervention, Jean-Pierre Finance : “On a mis de l’argent pour le logo de l’université de Lorraine”. Tiens ! Chroniques : “Plagiat d’une agence de communication“, “Cubes volants à Nantes et à Nancy“.

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