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Pierre Dubois

Bretagne. Plus de 110.000 étudiants

La publication des synthèses sur les élections universitaires dans les régions sera toujours suivie d’un tableau sur les effectifs étudiants, leur répartition par cycle et type d’établissement supérieur, leur localisation sur le territoire. Un tel tableau s’inscrit dans le projet politique de ce blog : la création d’Instituts d’enseignement supérieur de premier cycle, juridiquement et financièrement autonomes de l’université régionale de recherche, mais associés à elle dans le cadre du schéma directeur régional de l’enseignement supérieur et de la recherche. Chronique “Universités et IES en 20 propositions“. Source statistique de ces tableaux : Atlas régional des formations.

110.669 étudiants inscrits dans le supérieur en 2010-2011 en Bretagne (atlas pour la Bretagne), soit 4,8% de l’ensemble des étudiants inscrits en France. 28.335 bacheliers en 2010, soit 74?% des effectifs de la génération (près de 10 points de plus que la moyenne française). 75% d’entre eux ont poursuivi dans le supérieur (taux proche de la moyenne française), soit plus de 21.000 néo-entrants dans le SUP en 2010.

68.600 étudiants dans les 4 universités, soit 62% de l’ensemble des étudiants de Bretagne. Les universités tiennent donc leur rang. 43.000 étudiants en premier cycle (dont 6.500 en IUT), 23.300 en deuxième cycle, 2.318 en troisième cycle. Plus de 25.000 étudiants en 2ème et 3ème cycles. Il est donc légitime, n’en déplaisent aux IDEX, que la Bretagne ait une université de recherche, d’autant qu’il y a, à Rennes essentiellement, d’autres écoles diplômant au niveau du 2ème cycle.

Les enseignements universitaires sont répartis dans 11 villes : 40.500 étudiants à Rennes, 13.900 à Brest, 4.600 à Lorient, 4.000 à Vannes, 2.200 à Quimper, 1.150 à Saint-Brieuc, 1.000 à Lannion, 600 à Saint-Malo… L’université de recherche de Bretagne, dédiée aux 2ème et 3ème cycles, devrait donc être une université multi-sites, en réseau, implantée à Rennes, Brest, Lorient et Vannes.

Les STS de Bretagne scolarisent 14.000 étudiants, soit davantage que les IUT (6.500), mais bien moins que les 1ers cycles universitaires (43.000 dont la 3ème année de licence). Ce décalage est paradoxal : les 1ers voeux d’Admission post-bac plébiscitent les STS. Leurs points forts sont d’être implantées dans 50 villes de Bretagne et de permettre la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. Intégrées dans les IES et fusionnées avec les IUT, elles sont l’avenir de la voie professionnelle en 3 ans. 

Des STS dans 13 villes des Côtes d’Armor (940 élèves à Saint-Brieuc, 300 à Dinan et à Guingamp, 250 à Lannion), dans 14 villes du Finistère (1.500 élèves à Brest, 1.200 à Quimper), dans 11 villes d’Ille-et-Vilaine (3.200 à Rennes, 325 à Fougères, 270 à Saint-Malo), dans 12 villes du Morbihan (900 à Lorient, 810 à Vannes, 500 à Pontivy, 210 à Ploemeur). 50 villes soit certainement entre 35 et 40 IES en Bretagne, dans un futur souhaitable.

A l’inverse, les CPGE (3.600 élèves) sont fortement concentrées sur le territoire breton. 7 villes : 210 élèves à Saint-Brieuc, 1.100 à Brest, 160 à Quimper, 1.650 à Rennes, 62 à Le Rheu, 250 à Lorient, 190 à Vannes. La concentration géographique des GPCE est un sérieux obstacle à la démocratisation du supérieur. Les CPGE seraient également intégrées dans les IES ; il y aurait ainsi une déconcentration de la voie longue de licence dans les IES des 35 à 40 villes bretonnes.

Rennes concentre plus de la moitié des étudiants du supérieur (58.600). La ville métropole, outre ses universités, ses CPGE, ses STS, a l’offre de formation la plus diversifiée. 3.400 élèves ingénieurs (en dehors de l’université), 2.300 dans des écoles aux spécialités diverses, 2.200 dans les écoles paramédicales et sociales, 2.000 dans les écoles d’Art et Culture, 1.850 élèves dans les écoles de commerce, gestion et comptabilité… et 430 à l’ENS.

Je m’interroge sur un tel taux de concentration dans la métropole : avantages et inconvénients ? Pour les partenariats avec les collectivités territoriales et avec les entreprises ? Pour la recherche ? Pour l’innovation et le transfert technologique vers les PME et TPE ? Pour la qualité des formations ? Pour l’alternance ? Pour la formation tout au long de la vie ? Pour le développement économique ? Pour la vie étudiante et la vie associative et politique ? Pour le développement culturel et social ? Pour les coûts financiers et les économies d’échelle ? 

A débattre, en particulier dans le PRES Université Européenne de Bretagne ! La parole est aux Bretons ! 

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