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Pierre Dubois

Les 9 présidents de Lille 3

Fabienne Blaise est la première femme élue présidente de l’université de Lille 3 Charles de Gaulle. Chroniques : Les résultats des élections 2012 ; Présidente Fabienne Blaise. Depuis la création de l’université en 1970 (loi Faure), 8 présidents l’ont précédée dans la fonction. Une partie d’entre eux ont connu une élection compliquée, orchestrée par l’union ou la division entre les syndicats (SNESUP, SGEN-CFDT, FO). Université de Sciences humaines et sociales, l’université Charles de Gaulle a souvent été un point chaud de la contestation étudiante et enseignante.

J’y ai exercé comme professeur de sociologie entre 1980 et 1988, sous les mandats de Jean Celeyrette et d’Alain Lottin. Responsabilités exercées : élu au Conseil d’administration durant deux ans, fondateur et directeur du service des stages de 1981 à 1985, directeur d’UFR de 1987 à 1988. Pour la recherche sur la gouvernance des universités, j’ai interviewé Alain Lottin et Philippe Rousseau en 2004 (cf infra). Je garde d’excellents souvenirs de cette période. Et donc une grande empathie pour Lille 3. Paradoxalement depuis le lancement du blog en janvier 2009, je n’y ai pas encore fait de reportage :“Fabienne Blaise, vous m’invitez ?”

9 présidents de Lille 3. Esquisse d’une historiographie : je compte sur les commentaires des lecteurs du blog pour l’enrichir !

Pierre Deyon (1927-2002). Président de 1970 à 1975. Professeur d’Histoire. Recteur d’académie de 1981 à 1991. Biographie. Photo.

Patrick Rafroidi (1930-1989). Président de 1976 à 1980. Professeur d’Anglais. Biographie.

Jean Celeyrette. Président de 1980 à 1986. Professeur de mathématiques, passionné par l’histoire des sciences. Avant d’être élu président, il était directeur de l’UFR d’AES dans laquelle il m’a accueilli et où j’ai enseigné. Je me souviens d’un déplacement à Paris avec lui pour rencontrer le secrétaire d’Etat Legendre et négocier l’application aux étudiants de la maîtrise AES des mesures en faveur de l’emploi des jeunes (stages et alternance). Deux mois plus tard, François Mitterrand était élu président de la République ! Biographie de Jean Celeyrette.

Alain Lottin (1935-). Président de 1986 à 1991. Professeur d’Histoire. Chronique du blog : interview de 2004, histoire de la création des universités nouvelles. Après la présidence de Lille 3, Alain Lottin a été administrateur provisoire puis président de l’université d’Artois. Biographie.

Bernard Alluin. Président de 1991 à 1996. Professeur de littérature française. Le Ministère lui confie, en mars 2000, une mission sur les IUFM.

Gérard Losfeld. Président de 1996 à 2000. Professeur en Sciences de l’information. Il est conduit à la démission en janvier 2000, après un an de conflit avec le conseil d’administration. Histoire de ce conflit racontée par son successeur, le président Rousseau (entretien de 2004). Gérard Losfeld, auteur des conclusions des Assises nationales pour l’éducation à la formation (2003).

Philippe Rousseau (né en 1941). Président de 2000 à 2005, élu au 10ème tour de scrutin. Professeur de Grec. Le programme pour le mandat (entretien de 2004) : faire de la recherche une priorité, basculer rapidement à l’espace européen, restructurer et diminuer le nombre de composantes, relever le niveau de qualification de l’administration, ne pas laisser les relations internationales partir dans tous les sens, recréer une seule université de Lille. Nous sommes en 2004 et les 3 universités lilloises peinent encore en 2012 à mettre en œuvre une stratégie claire de rapprochement (38 chroniques du blog sur le SUP en Nord Pas-de-Calais)

Philippe Rousseau est un lecteur assidu du blog. En juin 2010, il critique vertement le régime indemnitaire des présidents d’université, instauré par Valérie Pécresse (”Lionel Collet, 210.000 euros par an !“). En janvier 2012, il observe les effets néfastes de la prime majoritaire pour les élections au Conseil d’administration (”Elections : prime à la liste gagnante“) : “la prime majoritaire permet à un groupe très restreint de collègues qui se sont entendus de faire main basse sur l’université et de la gouverner ensuite avec peu de contrôle effectif de la communauté. Compte tenu des pouvoirs accordés aux présidents, cette absence voulue de démocratie (ou de collégialité) contient en germe des menaces graves pour la qualité et l’honnêteté du service public, et peut favoriser le développement de pratiques qui s’apparentent à de la corruption”.

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