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Geneviève Fioraso, une ministre pour l’innovation

Si Valérie Pécresse était la ministre des universités, Laurent Wauquiez le ministre des conditions de vie étudiante, Geneviève Fioraso devrait être la ministre de l’innovation.

L’adjointe du maire de Grenoble, Michel Destot (qui, à sa différence, n’a pas soutenu Martine Aubry avant de rallier François Hollande), prof d’anglais et d’économie dans les années 70, a été cadre de direction d’une start-up du Commissariat à l’énergie atomique, Corys, aujourd’hui filiale d’Areva. A 58 ans, la nouvelle ministre de Jean-Marc Ayrault était depuis 2003 présidente directrice-générale de la société d’économie mixte Minatec, plate-forme de valorisation industrielle dans le domaine des micro et nanotechnologies et chargée de cours à Sciences Po.

Dans sa carrière politique, Geneviève Fioraso s’est surtout intéressée à la recherche technologique et à ses liens avec l’industrie. Elle était donc logiquement en charge de l’innovation, dans le Pacte Productif au sein de l’équipe du candidat Hollande. Comme Valérie Pécresse pour la convention du candidat Sarkozy en 2007, Genevève Fioraso a présidé le Forum pour l’Enseignement supérieur et la Recherche du parti socialiste (vidéo disponible ici) à Toulouse en mai 2011. Un galop d’essai pour celle qui doit réunir aujourd’hui des “états-généraux” pour définir la loi-cadre censée remplacer la loi Pécresse.

Sa première déclaration en marge du premier conseil des ministres hier est restée très générale : “la première chose sera de renouer le dialogue avec les enseignants et chercheurs. Dialogue qui a été mis à mal ces cinq dernières années.” Un credo qu’elle a repris lors de la passation avec Laurent Wauquiez, hier soir : “Le tra­vail des cher­cheurs mérite le calme, en par­ti­cu­lier ceux de la recherche fon­da­men­tale. Mettons à l’abri les cher­cheurs de la recherche fon­da­men­tale de la recherche effré­née des cré­dits, de la com­pé­ti­tion fré­né­tique entre ter­ri­toires.”

Fidèle à ses engagements, la nouvelle ministre (de plein exercice, comme ses deux prédécesseurs) devrait surtout axer son action sur les liens entre recherche et industrie et notamment sur la réforme du Crédit impôt recherche. Mais l’élue grenobloise, qui a dû gérer l’échec des projets de Rhône-Alpes aux initiatives d’excellence, aura aussi en charge la très complexe égalité des territoire vis-à-vis des investissements de recherche et d’enseignement supérieur. Un dossier potentiellement explosif dans un contexte budgétaire aussi contraint…

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