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Pierre Dubois

Rouen. Arrangements entre “amis”

5 juin 2012. Cafer Özkul est réélu brillamment président de l’université de Rouen : 15 voix pour et 7 bulletins blancs. Un communiqué de presse l’atteste et rappelle que “la liste du collège A au conseil d’administration conduit [sic] par Cafer ÖZKUL avait recueilli 84,6 % des voix et obtenu 7 sièges sur 7. Bel exemple d’une manipulation de l’information : le communiqué n’indique pas que la liste du président a été battue dans le collège B !

En fait, la réélection a été tout sauf brillante. Elle est le résultat de petits arrangements entre amis / ennemis. Cafer ÖZKUL doit sa réélection à la stratégie trouble d’un syndicat : “le SNESUP et les élections à Rouen“. Celui-ci n’a pas déposé de liste dans le collège A, a remporté de peu l’élection dans le collège B (il a donc un nombre de sièges significatifs au CA), mais n’a pas déposé de candidature à la présidence, laissant le champ libre au président sortant. “Tout le monde, il est content”.

L’absence de recours en contentieux pour les résultats dans le collège B semble faire partie des petits arrangements. Le motif d’un recours en contentieux est pourtant “gros comme une maison”. Dans le collège B, le SNESUP a obtenu trois voix de plus que la liste du président, mais dans un contexte rocambolesque. Le comité électoral consultatif, observant qu’il a eu 4 bulletins de plus que d’émargements, a enlevé 4 voix à chacune des listes, validant ainsi l’élection. Sur quelle jurisprudence électorale le comité a-t-il fondé sa décision ? Il ne s’en est pas préoccupé. L’important est que“tout le monde, il soit content”. Pas de vagues !

Les élections universitaires, c’est la pagaille dans les recours en contentieux. A Bordeaux 3, le tribunal administratif a annulé l’élection du président parce que des élus se sont passés des messages pendant la séance électorale. A Rouen, le comité électoral interne a commis un jugement d’une irrégularité flagrante et hallucinante, mais “tout le monde, il est content”.

Les élections universitaires : des recours à géométrie variable. Un problème intéressant : en l’absence de recours déposé par un personnel de l’université de Rouen, le recteur d’académie peut-il, de lui-même, saisir le tribunal administratif pour annuler une élection ? Mais peut-être le recteur est-il lui  aussi content de la réélection du président sortant ? Un autre petit arrangement entre amis / ennemis ? Il serait temps de fonder, de “refonder le recours en contentieux“.

Un point est sûr. L’image de l’université de Rouen, dont les résultats aux investissements d’avenir n’ont pas été brillants, sort dégradée par un communiqué de presse présidentiel manipulateur et par l’absence de recours en contentieux. La réputation de l’université va descendre d’encore une marche. Mais peut-être et malgré tout, “tout le monde, il est content” !

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