Leader providentiel contre convention d’effort

 

 

Quand allons-nous comprendre les métaphores de la Coupe du Monde de football ?

Le jeu collectif qui exige discipline, travail dans la durée, vision collective, convention d’effort, humilité, affectio societatis engendre le succès régulier.  Le leader charismatique providentiel, la star ex machina ne produit qu’un succès aléatoire, souvent au détriment de membres de l’équipe.

Il en va du sport comme de l’entreprise ou du gouvernement.

Cette quête du leader charismatique, travers français, ne génère que frustration et perte de confiance. Plus personne ne peut tout savoir, ni tout faire tout seul, et on pourrait dire même Dieu !

Dans son ouvrage la « Logique de l’honneur » d’Iribarne a caractérisé ce travers bien national de la recherche de l’exploit au lieu de la recherche du « bien-faire ».

Cette recherche de la Star, engendre de nombreux défauts,  des recrutements inappropriés, des effets « mercato » et chaises musicales, des salaires excessifs, une instabilité managériale et de gouvernance, des frustrations des équipes en place.

Les exemples abondent. Dernier en date les recrutements de Directeurs de Grandes Ecoles de Management. Les temps sont rudes, la mer est agitée, le bateau tangue, on jette le capitaine par-dessus bord en pensant que c’est lui le responsable de la tempête.

Puis, bien obligé, on appelle un Chasseur de tête qui va aller chercher le capitaine d’un autre bateau qui lui navigue,  à cet instant, sur une mer plus calme.

Quelques mois plus tard le même scenario se renouvelle. Il se produit plus d’une demi-douzaine de fois par an en France pour une vingtaine d’institutions.

Ce qui fait la force d’une institution, ce n’est pas son Directeur, c’est son projet et son équipe. Il faut relire Sénèque… « il n’y a pas de bons vents pour le marin qui ne connaît sa destination ».

Et sans équipage aguerri et solidaire l’exercice est plus difficile.

Se séparer d’un Directeur qui n’a pas tenu son cap est parfois nécessaire, et cela peut soulager des responsables de CCI, comme une fessée proprement administrée soulage  les parents qui la donnent, mais la vraie question n’est pas là.

La question à adresser est plutôt : avons- nous la bonne gouvernance, et en implicite les hommes pour mener la barque ?

Force est de constater que les changements intempestifs de Dirigeant ne représentent que le symptôme d’un problème plus fondamental sur la qualification des gouvernants  à élaborer la convention d’effort de l’institution.

Par définition même cette métaphore est transposable  à d’autres domaines, y compris le politique.

Trop de contrexemples ces derniers temps engendrent des effets ravageurs sur le « capital confiance »   dont toute organisation humaine a besoin pour fonctionner.

Cela ne va pas calmer la tempête !

 

 

 

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